Extraits des « Cent chapitres spirituels »

PHILOCALIE DES PERES NEPTIQUES – EXTRAIT
Du bienheureux Diadoque, évêque de Photicé, au Vème siècle
Petite ville d’Epire, en Grèce continentale.
Extraits des « Cent chapitres spirituels »

9-La sagesse et la connaissance sont une grâce de l’unique Saint Esprit, comme toutes les grâces divines. Mais elles ont leur énergie propre, comme chacune d’entre elles. C’est pourquoi l’apôtre témoigne qu’à l’un est donnée la sagesse, à un autre la connaissance, selon le même Esprit. Car la connaissance, par l’expérience, unit l’âme à Dieu, sans porter l’âme à parler des choses. C’est aussi pourquoi certains de ceux qui mènent dans la philosophie la vie solitaire sont, de manière sensible, illuminés par la connaissance, mais n’en viennent pas à parler de Dieu. Quant à la sagesse, si dans la crainte elle est donnée à quelqu’un avec la connaissance (ce qui est rare), elle manifeste dans l’amour les énergies mêmes de la connaissance. Car la connaissance a coutume d’illuminer par l’énergie, et la sagesse par la parole. Mais la connaissance vient par la prière et beaucoup d’hésychia, dans un détachement total. La sagesse, elle, vient par l’humble méditation des paroles de l’Esprit, et d’abord par la grâce du Dieu qui donne.

10-Quand l’ardeur de l’âme se porte contre les passions, il faut savoir que le moment est au silence car c’est l’heure de la lutte. Mais quand on voit ce bouleversement se calmer par la prière ou par la compassion, qu’on se laisse aller à l’ardent désir de parler (au désir des paroles divines), en assurant les ailes de l’intelligence par le lien de l’humilité. Car si l’on ne s’est pas profondément abaissé soi-même en se considérant comme rien, on ne peut pas parler de la grandeur de Dieu.

11-La parole spirituelle maintient toujours l’âme hors de la vaine gloire. Par le bien dont elle comble toutes les parties de l’âme en lui donnant de sentir la lumière, elle fait que l’âme n’a pas besoin de l’honneur qui vient des hommes. C’est pourquoi aussi elle garde toujours la pensée hors de toute imagination, en la transformant toute entière en amour de Dieu. Mais la parole de la sagesse du monde incite toujours l’homme à l’amour de la vaine gloire. Car, incapable de faire du bien par l’expérience de la perception de Dieu, elle accorde à ses tenants l’amour des louanges, dès lors qu’elle est exprimée par des hommes vaniteux. Quant à cette disposition qui nous porte vers la parole divine, nous la reconnaîtrons infailliblement à ceci, que, dans un silence détaché, nous passons à nous souvenir de Dieu avec ferveur les heures où nous ne parlons pas.

12-Celui qui se chérit lui-même ne peut pas aimer Dieu. Mais celui qui ne se chérit pas lui-même à cause de la plus grande richesse de l’amour de Dieu, celui-là aime Dieu. C’est pourquoi un tel homme ne cherche jamais sa propre gloire, mais celle de Dieu…/…

13-je sais quelqu’un qui aime tellement Dieu et qui pleure tellement de na pas l’aimer comme il voudrait, que son âme est sans cesse prise d’un désir ardent de voir Dieu glorifié en lui et d’être lui-même comme s’il n’était pas…/…

14-celui qui aime Dieu jusqu’à le sentir dans son cœur, celui-là a été connu de lui. Autant, en effet, l’on reçoit et l’on sent dans l’âme l’amour de Dieu, autant on pénètre dans cet amour. C’est pourquoi un tel homme ne cessera pas désormais, dans un désir-un éros-violent, d’être tendu vers l’illumination de la connaissance, jusqu’à ce qu’il la sente en lui quand aura été épuisée la force même de ses os : alors il ne se connaît plus lui-même, mais il est tout entier transformé par l’amour de Dieu.

15-lorsqu’on commence à sentir pleinement l’amour de Dieu, alors on commence, par le sens de l’Esprit, à aimer aussi le prochain …/…car dans la douceur de Dieu, elle (l’âme dans laquelle Dieu agit) consume totalement l’amertume de la discorde.

 

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