de la confession

2-de la Confession

Trois périodes dans l’histoire du mystère de la confession

La première période est la période classique étroitement liée aux canons des anciens conciles et des Pères de l’Église. La discipline pénitentielle devait traiter les principaux péchés graves de l’époque: l’apostasie, le meurtre et l’adultère, parce que ces péchés touchaient l’unité de la communauté. Celle-ci était nécessairement suivie de trois étapes: l’exclusion de la communauté ecclésiale (excommunication), une période de pénitence et finalement la réintégration du pénitent dans la communauté ou réconciliation. Le pouvoir reçu du Christ par l’Église de lier et de délier (cf. Mt 16, 19) était précisément interprété comme le pouvoir d’excommunier et de réconcilier. La pénitence (epitimie) n’était pas considérée comme une punition, mais comme le chemin de retour à l’unité.

C’était un moment d’épreuve, durant lequel le chrétien devait montrer sa volonté de réintégrer la communauté. Il était lui-même constitué de quatre étapes progressives de réintégration dans la communauté, chacune avec sa catégorie de pénitents:les pleurs; l’audition; la prosternation Les pénitents, lors de chacune de ces étapes, se tenaient à des endroits différents de l’ église et participaient ou non à certaines parties des offices. Les pleurants se tenaient à l’extérieur de l’ église. Les auditeurs pouvaient entrer dans le narthex. Les prosternés se plaçaient à la porte de la nef, mais ne pouvaient participer qu’à la liturgie de la parole et ne pouvaient pas communier- la confession était publique, puisqu’elle portait sur la relation du pécheur et de la communauté ecclésiale.

La deuxième période commence avec l’apparition du Kanonarion attribué à Jean le Jeûneur, patriarche de Constantinople (582-595). Certains chercheurs estiment que ce document date en fait du VIIIe ou du IXe s. Il s’agit d’un recueil d’instructions pour les confesseurs, voulant les aider dans l’application des pénitences (epitimies) des anciens canons dans de nouvelles situations, dans un nouveau contexte. La durée des excommunications fut ainsi considérablement abrégée et parfois même remplacée par des rites de piété (prosternations, jeûne, etc.). À cette époque, la confession était déjà devenue privée et personnelle, et le secret de confession fut affermi. Ceci résulta dans la création de divers «ordres» ou de «rites» de confession à Byzance. Les plus anciens que nous connaissons datent du Xe siècle. Nous pouvons les regrouper en deux types: le type presbytéral, lorsque la confession est reçue par un ministre ordonné, et le type monastique, quand le pénitent se confesse à un moine non ordonné. Le second type fut davantage influencé par le Kanonarion et la confession s ‘y déroulait en suivant un questionnaire très long et détaillé. Ceci semble indiquer que la confession, dans ce cas, était encore probablement occasionnelle, un événement exceptionnel et rare dans la vie d’une personne, qui avait peut-être lieu avant que celle-ci n’entre au monastère ou avant qu’elle ne reçoive la tonsure monastique. Le postulant devait alors se repentir de tous les péchés qu’il avait commis dans sa vie antérieure et les confesser à son parrain qui n’était pas nécessairement un prêtre. Dans de telles circonstances, le pouvoir reçu du Christ de lier et de délier (cf. Mt 16, 19) était accordé au confesseur. Le premier type ne comprenait aucun examen, mais au contraire, prenait une forme liturgique (avec des lectures de l’Apôtre et de l’Évangile, etc.) ce qui semble indiquer qu’il demeurait partiellement public.

La troisième période de 1′histoire de la pratique de la confession correspond aux temps modernes, à partir du XVIIIe siècle. La caractéristique de cette période, est l’absence quasi-complète d’application des pénitences. La pratique de la confession s’identifia à la direction spirituelle, avec le risque d’oublier de se placer devant Dieu et devint dès lors très fréquente dans la vie du croyant, tout en demeurant entièrement privée.

Archimandrite Job Getcha

« Il semble qu’une confusion existe de nos jours entre la confession sacramentelle et la direction spirituelle (ou manifestation des pensées). En fait, beaucoup ignorent cette distinction. Nous pensons néanmoins que ces deux choses, qui sont intimement liées, doivent être clairement distinguées. La pratique de la direction spirituelle fut largement diffusée dans le contexte monastique de l’Orient chrétien. On attendait du jeune disciple qu’il ouvre son coeur à son geronda (starets, ancien) et qu’il lui fasse part de toutes ses pensées chaque jour, et parfois même plusieurs fois par jour. Cette pratique, héritée de la philosophie antique (principalement du stoïcisme), aide le novice à acquérir l’ expérience nécessaire pour le combat spirituel qu’il entreprend. Le père spirituel, qui était à la fois expérimenté et avait le don du discernement, aidait le novice, par ses conseils, à prendre les bonnes décisions et à adopter la bonne attitude en vue de guérir de sa maladie spirituelle.

Un autre problème qui peut apparaître lors de la direction spirituelle est celui du culte de la personnalité, lorsque le père spirituel devient le centre, le coeur de la confession: ce n’est plus vers Dieu, mais vers la personne du père spirituel que viennent les pénitents. Afin d’éviter ce risque, le père spirituel doit toujours chercher à s’effacer, veiller à être transparent. Dans le mystère de la confession, nous nous confessons, en tant que membres de l’Église, à Dieu et à son Église, rendus présent par le prêtre. Lorsque celui-ci parle en confession, il ne le fait pas en son nom propre, mais s’efforce d’être l’instrument de Dieu. Il doit mettre de côté ses talents personnels et s’efforcer d’être le véhicule du Saint Esprit, un instrument de Dieu.

Au contraire, la confession sacramentelle nécessite un ministre ordonné, un prêtre qui, en tant qu’intercesseur et célébrant du mystère, est le canal de la grâce entre Dieu et l’homme. La confession exige la présence du pénitent et du confesseur, puisqu’un mystère est la manifestation de la grâce divine ici et maintenant. »

Confession et psychanalyse Père Michel Evdokimov


« 
L’aveu de ses péchés ne consiste pas en une exploration systématique du moi psychique, il ne dresse pas un inventaire de tout ce qui est déréglé dans la psyché, il est bien éloigné – avec quelques recoupements possibles – de l’analyse psychanalytique. Celle-ci tente d’apporter un bienfait aux êtres douloureux en proie au mal de vivre ; le sacrement de la pénitence vise le salut. Le déroulement de ce sacrement laisse au pénitent une zone d’intimité, un jardin secret, peut-être connu de Dieu seul, il évite les constants retours en arrière, jusqu’à la première enfance parfois, qui risquent de dévier vers une attitude complaisamment narcissique, contre laquelle l’apôtre Paul s’était prémuni : « oubliant ce qui est en arrière et tendant vers ce qui est en avant » (Phil. 12/13). L’essentiel de la confession réside dans la prise de conscience de son état de sujétion au péché, d’un désir sincère de repentance, d’une volonté ferme de ne pas retomber dans les mêmes égarements et de progresser dans le « renouvellement de l’homme intérieur » (2Cor. 4/16).
La psychanalyse, si elle parvient à démonter le délicat mécanisme des complexes, des transferts ou des pulsions n’est pas toujours en mesure de reconstruire l’être intérieur, de redonner le goût de la vie, de pacifier le moi bondissant, de soulager le remords. La confession, par contre, si elle part d’un élan de foi, d’un abandon total en la miséricorde divine, aboutit au pardon du Père, toujours octroyé, sans limitation aucune. La promesse du salut accueillie avec humilité, la réintégration dans l’amour du Père (ce Père dans lequel l’homme moderne projette tant de fantasmes perturbants), et donc dans la communion des hommes, ouvre la voie vers une guérison à la fois du corps et de l’âme. Le pardon du péché est la pierre de touche de notre foi. »

Ceci est important pour distinguer entre deux questions que nous nous posons : est ce que je veux être guéri ?, ou est ce que je veux être en communion avec Dieu ? Est ce que je veux être libéré de mes problèmes ? Ou est ce que je veux être sauvé par la miséricorde de Dieu ?

Si nous demeurons dans la question d’être guéri, il est impératif de ne pas se tromper sur l’objet et le but de la guérison, sinon nous demeurerons centrés que sur nous-mêmes.

Pour éviter ce risque souvenons-nous de Zachée (Luc19/1-10), le publicain et le pharisien (Lc 18/9-14) et tous ces passages où les hommes sont plus intéressés par l’Homme-Nouveau qu’est le Christ, que par leurs problèmes.

Archimandrite Séraphim Alexiev

« Tout d’abord, quittes le tumulte de la vie quotidienne. Abandonnez tout autre souci, rassembles ton esprits, et dis une courte prière, du fond du cœur. Rappele-toi tes péchés et retranscris-les éventuellement sur une feuille de papier de telle façon que tu ne les oublies pas dans ton embarras. Gardes conscience de l’impureté de ta vie avant la Confession. Rappele-toi les dix commandements, considères ceux que tu as transgressés, poses-toi la question de la gravité de tes péchés, examines ta conscience, juges par toi-même, pleures sur ta chute, et, dans cet état, rends-toi chez le prêtre. Alors tu pourras avoir conscience de recevoir un véritable pardon. « Un cœur brisé et humilié, Dieu ne le méprisera pas. ». (Ps. 50 :17)

Parler avec grande vérité va garantir la ferme intention de ne plus pécher à l’avenir. Il y a des gens qui se confessent dans l’unique but de pouvoir communier, comme c’est la tradition dans l’Église orthodoxe. Ils sont guidés par la pensée que communier sans Confession est un péché grave pour l’âme. Hélas, ils ne décident pas dans leur cœur de commencer une nouvelle vie. Ils pensent : « Je vais pécher jusqu’à la prochaine Confession, et je me repentirai à nouveau ; s’il y a confession, le péché n’est pas si terrible. » Et certains se dépêchent souvent malgré eux de commettre les péchés qu’ils désirent mais qu’ils n’ont pas encore commis avant de se confesser, de telle façon qu’ils puissent les rapporter lors de la prochaine Confession. Tout cela est odieux et abject devant Dieu. La Confession n’est pas bénéfique pour ceux qui suivent consciemment les caprices pécheurs de leur volonté pervertie en transgressant sciemment les commandements de Dieu. Un homme qui crée ainsi des habitudes pécheresses en lui-même se demandera en vain, par la suite, pourquoi la Confession ne l’aide pas à se corriger. Il ne parvient pas à se corriger pace qu’il ne le veut pas !

Saint Basile le Grand dit : Ce n’est pas celui qui dit : « J’ai péché » et après cela continue à pécher qui confesse son péché, mais c’est celui qui, selon les paroles du Psaume, a vu son péché et le hait. De quelle utilité est le souci du médecin pour le patient si ce dernier refuse obstinément de s’abstenir de ce qui est dangereux pour sa santé ? De la même manière, il n’y a pas lieu de pardonner les injustices d’un homme qui continue à les commettre.

Qui se permet de pécher arbitrairement, avec l’espoir qu’il se repentira, dit Saint Isaac le Syrien, triche avec Dieu. Pour bénéficier de la Confession, tu dois te résoudre à ne plus pécher dans le futur. Pour que cela se produise, au cours de la Confession, souhaites de tout ton cœur commencer une nouvelle vie. Si tu éprouves ce désir libérateur, aie confiance que Dieu nous aidera par tous les moyens possibles. »

Extrait du livre de l’Archimandrite Séraphim Alexiev

Les 10 Commandements

16 Et voici, un homme s’approcha, et dit à Jésus: Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle?
17 Il lui répondit: Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon? Un seul est le bon. Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. Lesquels? lui dit-il.
18 Et Jésus répondit: Tu ne tueras point; tu ne commettras point d’adultère; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; honore ton père et ta mère;
19 et: honore ton père comme toi-même. (Matthieu 19/16-19)

Les Dix Commandements se trouvent dans la Bible dans Exode 20:1-17 et Deutéronome 5:6-21 et s’articulent ainsi :

(1) « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face. » Ce commandement s’élève contre d’autres dieux que le Seul Vrai Dieu. Tous les autres dieux sont des faux dieux.

(2) « Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent, et qui fais miséricorde jusqu’en mille générations à ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements. » Ce commandement s’élève contre les idoles, les représentations visibles de Dieu. Aucune image que nous ne puissions produire ne pourrait faire un portrait exact de Dieu. Faire une idole qui représente Dieu revient à adorer un faux dieu.

(3) « Tu ne prendras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain ; car l’Éternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain. » Ce commandement s’élève contre le blasphème. Nous ne devons pas prendre le nom de Dieu à la légère. Nous devons montrer de la révérence à Dieu en mentionnant son Nom avec respect et honneur.

(4) « Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes. Car en six jours l’Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour : c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié. » Ce commandement met à part le four du Sabbat (samedi, le dernier jour de la semaine) comme un jour de repos dédié au Seigneur.

(5) « Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne. » Ce commandement exige que nous traitions toujours nos parents avec honneur et respect.

(6) « Tu ne tueras point. » Ce commandement s’élève contre le meurtre prémédité d’un autre être humain.

(7) « Tu ne commettras point d’adultère. » Ce commandement s’élève contre tous rapports sexuels autres qu’avec son conjoint.

(8) « Tu ne déroberas point. » Ce commandement s’élève contre le fait de prendre quoique se soit qui ne nous appartient pas sans permission de son propriétaire.

(9) « Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain. » Ce commandement s’élève contre tout faux témoignage porté contre qui que ce soit. Ce commandement condamne tout simplement le mensonge.

(10) « Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain. » Ce commandement s’élève contre le désir de posséder ce qui ne nous appartient pas. La convoitise mène aux autres commandements listés plus hauts : meurtre, adultère et vol. Si c’est mal de faire quelque chose, c’est également mal que de désirer faire la même chose.

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