être « dans son bon sens »

4-Etre dans son bon sens

Etre « dans son bon sens » !

Introduction

C’est par l’Amour de Dieu que la Personne de l’homme peut se délivrer du « quoi » impersonnel, du « pourquoi », du « qu’est ce que », du « quant » et être tourné vers Le « Qui ».

La « puissance amoureuse » de l’âme est la puissance principale pour la connaissance de Dieu.

La connaissance de La Vérité procède immédiatement de la stabilité de l’homme dans l’Amour de Dieu, et c’est la perception de la distance qui semble immense (par l’âme qui se trouve dans l’aveuglement) entre nous et Dieu qui transforme le repentir (en invoquant l’Esprit-saint) en décision de vérité et de désir de Dieu. Tout est dans cette notion de « stabilité », car souvent l’âme nous fait aimer beaucoup d’autres choses que Dieu.

Les étapes de la chute

Dans l’asservissement de l’homme envers toutes choses, il y a trois étapes : l’idée qui vient d’un coup, qui ne semble pas avoir d’origine, mais qui est puissante par son instantanéité ; puis vient le raisonnement par l’âme sur cette idée, soit disant pour « débattre », puis vient la dernière étape avec le piège que l’homme ne sait pas que « débattre » sur cette idée c’est très proche de la faire, alors vient l’acte.

Pourquoi cet engrenage ? Parce que déjà écouter l’idée c’est déjà se situer en dehors de Dieu, parce que se croyant au centre et la source de toutes expériences et c’est oublier aussi l’état de relation avec Dieu qui est due à la communion avec Dieu avec Dieu comme Principe source. Ensuite vient le raisonnement qui à le mauvais fondement que l’homme pense avec sa propre intelligence, il croit avoir du recul et pouvoir débattre avec l’aide de la sagesse de Dieu, mais il n’a pas réalisé que écouter l’idée c’est quitter Dieu, alors ce qui croit être la sagesse de Dieu en lui, n’est que son intelligence piégée par le trompeur, intelligence qui n’a comme principe source que l’indétermination des possibilités et il réfléchit à partir de sa situation de solitude et de vulnérabilité. Vient l’acte parce qu’alors, sans Dieu, il n’y a pas de différence entre l’idée et soi parce que l’âme pense penser à cause de sa liberté ; mais sans Dieu, l’âme s’assimile avec ce qu’elle réfléchie : j’aime penser les choses (à cause d’une liberté auto-détermination), je pense donc je suis, je suis ce que j’aime. Il suffit que le trompeur nous fasse penser sur des choses inutiles…

L’état de l’homme créé à l’image

L’âme possède de nombreux membres, bien qu’elle soit unique. Les membres de l’âme sont la volonté, la liberté, la puissance d’aimer, la faculté de discernement avec les pensées qui accusent et les pensées favorables.

A côté de l’âme, la partie royale de l’homme est le « noûs » avec laquelle il peut contempler la divinité, avec l’Esprit-Saint bien sûr !.

Diadoque de Photicé dit que dans l’évolution spirituelle, le « noûs » peut être déjà préoccupé de Dieu, alors que le cœur est encore attaché au monde. Nous pouvons être converti du point de vue du noûs, mais notre cœur est plus lent, il n’a pas encore fait ses choix, pris ses décisions.

Le noûs fut la cible principale du trompeur satan. Dès lors, l’itinéraire par lequel le péché s’introduit dans les membres de l’âme a son départ dans le noûs.

La chute et le péché sont une pollution spirituelle.

La contradiction est le signe de l’empoisonnement du noûs, alors que sa vie devrait être conscience et communion.

L’aveuglement est le signe de l’esclavage de l’âme, alors que sa vie devrait être décision, action, donation.

La sanctification de la libre volonté

Le Salut est une œuvre divino-humaine :

-         c’est par le désir, la décision et la pratique des commandements que s’opère le chemin du retour, que l’on redevient co-corporel avec le Christ, ou du moins être au plus proche de là où peut être l’Esprit-Saint.

-         l’Esprit-Saint est l’Esprit de Vérité. C’est lui qui, par notre invocation, réintroduit le noûs dans toute La Vérité. Au jour de la Pentecôte, l’Esprit-Saint à d’abord retiré de l’âme des apôtres « le voile de la malice », supprimé leurs passions et ouvert les yeux de leur cœur ; mais faut-il aussi prier pour cela !.

La « Praktiké », ou exercice pour la conversion,la « métanoia ».

Le travail principal de l’homme doit être par conséquent de s’exercer à la pureté de son noûs, ou intellect, parce que dans un premier temps, avant que l’âme ne soit fidèle à Dieu ou puisse rester dans la tempérance et la sobriété, l’intellect doit prendre sur lui la gestion de l’agitation de l’âme, de la même manière que l’on assume ou supporte une personne instable et ingérable.

L’intellect retrouve sa pureté, et fait ce travail de gestion de l’âme, par la confession, la prise de conscience dans le repentir et par la confession de la foi ou (concentration des pensées en Dieu).

Le premier fruit de la pratique de ces trois exercices est la conscience de la fidélité de Dieu.

C’est de la conscience de la fidélité de Dieu que rejaillit l’Amour Divin et donne motivation à l’âme d’accomplir les commandements.

La pratique des commandements nous tiens là où peut demeurer le Christ, et là où est le Christ là est l’Esprit-Saint.

L’Esprit-Saint nous fait comprendre l’Amour du Christ et la conscience de l’Amour du Christ fait passer l’intellect du repentir à l’esprit filial puis à la communion.

Et c’est ce passage du repentir à l’esprit filial qui, au niveau de notre âme, nous aide à transformer le désir en communion, le plaisir en béatitude, la crainte en humilité, la colère en prise de décision, la tristesse en compassion.

Ephésiens 4/18-24.

« Ils ont l`intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l`ignorance qui est en eux, à cause de l`endurcissement de leur coeur.
Ayant perdu tout sentiment, ils se sont livrés à la dissolution, pour commettre toute espèce d`impureté jointe à la cupidité.
Mais vous, ce n`est pas ainsi que vous avez appris Christ,
si du moins vous l`avez entendu, et si, conformément à la vérité qui est en Jésus, c`est en lui que vous avez été instruits à vous dépouiller,
eu égard à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses,
à être renouvelés dans l`esprit de votre intelligence,
et à revêtir l`homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité. »

Tout cela se situe dans un contexte bien précis : dans sa part de travail ou praktiké, l’âme va progresser malgré « la nuit de l’absence de résultats ». Durant ce temps là, son repaire et gouvernail sera la foi, parce que l’homme est sous le joug d’une sentence exprimée par saint Paul :

 Roms7/14-23. en synthèse : je fais ce que je ne veux pas et je ne fais pas ce que je veux.

Alors comment sortir de cette dualité schizophrénique qui semble saboter tout le « plan de bataille » décrit précédemment ? : « Grâces soient à Dieu par Jésus-Christ Notre Seigneur ! » Roms7/24.

Par l’action de grâce, l’homme entier sort de lui-même, de la tendance égocentrique ; la pensée retrouve sa vraie nature qui est d’exprimer la communion avec Dieu, état de communion qui est la nature même de toute chose créée par Dieu.

Durant ce travail de purification et de louange pédagogique, l’âme et le noûs sont comme deux frères, chacun entrainant l’autre et vise versa ; chacun son tour, montant un barreau de l’échelle sainte puis tirant l’autre à son niveau. Ainsi petit à petit, le noûs prendra l’ascendant sur l’âme de plus en plus facilement, pour pouvoir exercer son rôle d’œil de l’âme.

1 Corinthiens 2/15-16

« …L’homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne. »

 Si au début de l’exposé il était question d’une idée qui naissait dans l’âme, maintenant le noûs est un peu plus dégagé de tous parasitages psychiques et ténébreux et il peut « capter » les « idées divines » et les donner comme nouvelle nourriture à l’âme.

Le noûs est parfaitement apte à contempler Dieu dans la création, à percevoir les grandes raisons de la création. Il peut discerner les raisons divines dans les évènements et les manifestations pneumatiques par les énergies incréées.

 Romains 2/12

« Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l`intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. »

 Mais il est aussi en commun.

1 Corinthiens 1/10

« Or je vous conjure, mes frères, par le nom de Jésus-Christ notre Seigneur, d’avoir tous un même langage, et de ne point souffrir parmi vous de divisions ni de schismes, mais d’être tous unis ensemble dans un même esprit et dans un même sentiment. »

1 Corinthiens 2/15-16

« …L’homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne. Car Qui a connu la pensée du Seigneur, Pour l’instruire? Or nous, nous avons la pensée de Christ. »

Rassemblés en Christ, nous avons le même noûs, sans confusion ni séparation, en commun mais incarné dans le Verbe fait chair et communicable.

Qu’on se rappelle saint Jean : faire la volonté de Dieu, c’est le « connaître-naître avec », par la puissance des énergies de Dieu. La seule façon de naître d’en haut , c’est de laisser son noûs devenir pneuma.

Mais comme disent les saints Pères, j’arrête là, de peur d’être indiscret, dans ma situation d’homme pécheur face à l’incompréhensibilité de Dieu.

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