sur le jeûne

1-sur le jeûne

A. LES RAISONS DU JEÛNE…

1. Certain jeûne était une réaction naturelle du chagrin sur la perte d’un bien-aimé (comme les hommes de Jabès et David)
2. Mais le plus souvent, jeûner a été fait pour un but:
a.  » affligez l’âme  » – Lev 23:26-32
b.  » châtiez l’âme  » – Ps 69:10
3. Le but d’une telle affliction ou de châtiment était « d’humilier  » l’âme (Ps 35:13) (Lev 16 :29 23 :27), et pas pour en affecter le corps.
4. Évidemment, ils ont senti qu’en s’humiliant ainsi qu’ils obtiendraient vraisemblablement plus la faveur de Dieu – cf. Esdra 8:21-23; Ésaïe 57:15; 66:1-2
5. Donc ils jeûnaient quand ils avaient besoin de :
a. Pardon pour le péché (Moïse, Achab, Daniel)
b. Leurs biens-aimés ont retrouvé la santé (David)
c. Protection contre le danger (Esdra)
d. Délivrance de leurs ennemis (les Israélites)

B. LA NATURE DU JEÛNE…

1. La traduction NORMAL du jeûne impliquait de S’ABSTENIR DE TOUTE NOURRITURE MAIS PAS DE L’EAU
2. Quelquefois le jeûne était PARTIEL – une restriction d’alimentation mais pas D’abstention totale – cf. Da 10:2-3
3. Sur Des occasions rares il y avait le jeûne ABSOLU
a. Comme dans le cas des gens de Ninive qui a aussi inclus les animaux dans leur jeûne – cf. Jonas 3:5-10
b. Comme dans le cas de la reine Esther – Esth 4:16 (cf. Paul, Ac 9:9)
c. Les jeûnes absolus de Moïse et Élie ont dû avoir l’assistance divine – Deu 9:9; 1 Rois 19:8

C. LA LONGUEUR DU JEÛNE…

1. Un jeûne était souvent pour UN JOUR, du lever du soleil au coucher du soleil, et après que la nourriture du coucher du soleil fût prise – Jug 20:26; 1 Sam 14:24; 2 Sam 1:12; 3:35
2. Un jeûne peut être pour UNE NUIT – Dan 6:18
3. Le jeûne de Esther à continuer pour TROIS JOURS, jour et nuit ce qui paraît avoir été un cas spécial – Esth 4:16
4. À l’enterrement de Saül, le jeûne à Jabès était de SEPT JOURS – 1 Sam 31:13; 1 Chron 10:12
5. David a jeûné SEPT JOURS quand son enfant était malade – 2 Sam 12: 16-18
6. Les plus longs jeûnes enregistrés dans Bible étaient QUARANTE JOURS par Moïse, Élie, et Jésus – Exod 34:28; Deut 9:9; 1 Rois 19:8; Mt 4:2; Lc 4:2

Le Nouveau Testament ne parle que peu du jeûne. Voici les règles de base:
Matthieu 6:16-18

« Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense. Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. »

Ce qu’il faut éviter c’est:
1. De faire savoir que l’on jeûne – c’est entre Dieu et nous et ne concerne personne d’autre.
2. Selon Colossiens 2:20-23 « Si vous êtes morts avec Christ aux principes élémentaires du monde, pourquoi, comme si vous viviez dans le monde, vous impose–t–on ces préceptes: Ne prends pas! Ne goûte pas! Ne touche pas! Préceptes qui tous deviennent pernicieux par l’abus, et qui ne sont fondés que sur les ordonnances et les doctrines des hommes? Ils ont, en vérité, une apparence de sagesse, en ce qu’ils indiquent un culte volontaire, de l’humilité, et le mépris du corps, mais cela est sans valeur réelle et ne sert qu’à satisfaire la chair. »

Donc « jeûner pour jeûner » non seulement ne sert à rien, mais celui qui se vante de ses jeûnes est en dehors du bon chemin! Il ne faut donc pas jeûner sans une raison impérieuse et précise, comme expression du repentir, par exemple, mais le jeûne n’efface par pour autant la faute.

Le jeûne est lié à la prière, mais aussi à des situations de crise. Le jeûne est lié à l’humiliation devant Dieu, à la recherche de la volonté et de la gloire de Dieu. Le jeûne ne doit pas être lié à un besoin, mais être mis en relation avec l’action de grâces.

Certaines personnes jeûnent parce qu’elles pensent que le jeûne augmentera les chances d’avoir la réponse à leur prière. Jésus dit cependant que ce qui fait que nos prières soient répondues favorablement c’est la foi, et non pas le jeûne (voir Mt. 21 :22).

L’Ancien Testament enseigne aussi que l’observation du jeûne au détriment de l’obéissance aux commandements les plus importants comme l’assistance aux pauvres, est très mauvaise (voir Es. 58 :1-12 ; Zac. 7 :1-14).

Mt 6,1-6  et Mt 6,16-18) L’aumône, la prière et le jeûne sont les rudiments de base de la Loi. L’aumône est l’expression de la libéralité, de la charité, de l’amour. La prière est au chrétien ce que l’oxygène est aux poumons. Elle doit être constante et permanente. La prière est nécessaire pour mener une vie chrétienne saine et normale. Dieu nous donne cet ordre pour notre bénédiction (« Ton Père qui est dans le secret te le rendra »).

Nous devons veiller à cette intimité avec lui, humblement et loin des regards. Jésus ne dit pas que la charité, la piété, l’aumône, la prière et le jeûne sont abolis, mais il faut les pratiquer dans la consécration.
(Mt 17,14-21) Les disciples étaient tombés dans la routine à force de voir tous les miracles qu’ils faisaient eux-mêmes. Ils ont cru que la force était en eux et ne pensaient plus que c’était Dieu qui agissait à travers eux. Ils sont tombés dans l’incrédulité, ils ont commencé à se confier en eux-mêmes, en leurs propres forces, ils ont pris l’habitude de faire eux-mêmes les miracles. Le remède unique recommandé par Jésus : la prière et le jeûne.

Ainsi, nous jeûnons pour nous accorder suffisamment de temps pour prier et chercher Dieu. Il est difficile de trouver un passage qui fait mention du jeûne sans la prière, ce qui nous conduit à croire que jeûner sans prier, n’est qu’une peine perdue. Les deux mentions du jeûne dans le livre des Actes, ajoutent la prière au jeûne. Dans le premier cas (voir Act.13 :1-3), les prophètes et les enseignants à Antioche servaient simplement le Seigneur « dans le jeûne et prière ». Et alors qu’ils priaient, ils eurent une révélation prophétique leur ordonnant de consacrer Paul et Barnabas dans l’oeuvre de leur appel. Dans le deuxième cas, Paul et Barnabas firent désigner des anciens dans les nouvelles églises de Galatie. Nous lisons :

Ils firent nommer des anciens dans chaque église, et, après avoir prié et jeûné, ils les recommandèrent au Seigneur, en qui ils avaient cru (Act.14 :23).

Ainsi, lorsque nous cherchons la direction de Dieu pour les décisions spirituelles les plus importantes, le jeûne nous permet d’y arriver. La prière pour les autres requêtes peut se faire en un temps relativement court (nous ne devons pas jeûner pour prier le notre Père). Les prières qui consistent a chercher la direction de Dieu nécessitent beaucoup de temps parce qu’il nous est souvent difficile de « discerner la voix de Dieu ». Savoir avec certitude que telle ou telle autre direction vient de Dieu, peut nécessiter une période assez longue dans la prière, et c’est à ce moment que le jeûne devient nécessaire.

Rappelez-vous que le jeûne ne change pas Dieu. Notre Dieu reste Le même avant, pendant et après notre jeûne. Le jeûne n’est pas un moyen de « forcer de Dieu a agir », ni une manière de Lui dire : « Tu ferais mieux de répondre à ma prière, sinon, je vais mourir de faim ». Ce n’est pas un jeûne biblique ça – c’est juste une grève de faim ! Rappelez-vous que David avait jeûné et prié pendant plusieurs jours pour la guérison de son bébé malade, née de Bathsheba, mais l’enfant mourut parce que Dieu était en train de punir le roi David. Le jeûne n’a pas changé sa situation. David n’a pas prié dans la foi, dans cette circonstance, parce qu’il n’avait aucune promesse à laquelle il pouvait s’accrocher. En d’autres mots, le jeûne et la prière de David furent contraires à la volonté de Dieu.

Le jeûne ne garantit pas le réveil, comme certains le pensent. On ne trouve aucun exemple dans le Nouveau Testament d’une personne qui aurait jeûné pour le réveil. Au contraire, les apôtres obéirent simplement à l’ordre de Christ en prêchant l’évangile. Si une ville répondait négativement à leur prédication, ils obéissaient à l’autre commandement de Christ, et secouaient la poussière de leurs pieds pour aller dans la ville suivante (voir Luc 9 :5 ; Actes 13 :49-51). Ils ne restaient pas sur place pour prier et jeûner, attendant le réveil.

Le but du jeûne doit être la consécration.(voir annexe sur la consécration). Un jeûne bien mené dans la prière doit avoir pour résultante la consécration, la disponibilité à la volonté de Dieu, la soumission à Sa souveraineté. La consécration c’est une unité entre le fait de se préparer et de s’offrir.

« Quand le Grand Carême commence, préparons-nous et apprêtons nos armes spirituelles. Comme le font les cultivateurs, affûtons nos faux. Comme les marins, mettons de l’ordre dans nos pensées contre les vagues des désirs extravagants. Comme les voyageurs, préparons-nous à notre voyage vers le Ciel, et comme des lutteurs, dépouillons-nous pour le combat. 

Car le chrétien est en même temps un soldat, un marin, un cultivateur et un lutteur. Saint Paul le dit:  » Nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, [...] mais contre les esprits malins dans les lieux célestes. C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu afin de pouvoir résister… »

Mettez l’armure spirituelle et devenez soldat. Dépouillez-vous des soucis du monde, car le temps du Grand Carême est un temps de lutte. Cultivez votre âme. Coupez les épines du mal. Semez la parole de piété. soumettez le corps et mettez-le en sujétion à l’âme. Maîtrisez les vagues des désirs mauvais et empêchez la tempête des pensées malsaines. »

Saint Jean Chrysostome

Le Christ sauve le monde non pas en répandant l’idée de salut, mais en descendant Lui-même sur terre, en prenant corps de la Vierge Marie et en devenant physiquement l’un de nous, pas un fantôme, pas un esprit, mais de la chair et des os. Sa mort sur la Croix n’était pas un symbole, mais une réalité douloureuse. Sa résurrection n’était pas une simple histoire, pleine de moralité, mais le fait marquant d’une nouvelle étape de l’existence humaine.

De même, lorsque nous jeûnons, nous marquons aussi une nouvelle étape dans notre vie.

 

Le contrôle du corps par le jeûne dirige l’être humain tout entier vers Dieu, parce qu’un corps soumis par le jeûne apporte la liberté de l’esprit humain, la force, la sobriété, la pureté, et le discernement aigu. (Saint Ignace Briantchaninov).

« Bienheureuse est l’âme qui sait discerner le péché qui se trouve en elle! Bienheureuse est l’âme qui sait voir en elle-même les fruits de la chute des premiers parents, la corruption du vieil Adam. La vision de son propre péché est une vision spirituelle, une vision de l’esprit guéri de la cécité par la grâce divine. La Sainte Église orientale nous enseigne à demander à Dieu la vision de notre péché, et ce à genoux et par le jeûne.

Bienheureuse est l’âme qui complaît dans l’apprentissage de la loi de Dieu. C’est en elle qu’elle verra l’image et la beauté de l’homme nouveau. C’est elle qui lui permettra de déceler ses propres défauts et de les corriger.

Bienheureuse est l’âme qui se considère comme complètement indigne de Dieu, qui se juge comme perverse et mauvaise. C’est le signe qu’elle est sur la bonne voie du salut, parce qu’elle échappe à l’autosatisfaction. » (Saint Ignace Briantchaninov).

« Longtemps tourmenté à droite et à gauche, souvent éprouvé sur ces deux voies, couvert de plaies innombrables par l’adversaire, mais secrètement comblé de grands secours, j’ai recueilli en moi l’expérience de tant d’années, et dans l’épreuve et par la grâce de Dieu j’ai appris ceci : deux modes constituent le fondement de tous les biens, le rappel de l’âme hors de la captivité que lui impose l’ennemi, et la voie qui mène vers la lumière et la vie : se recueillir en un seul lieu et toujours jeûner. C’est-à-dire : se plier soi-même avec sagesse et prudence à la règle de la tempérance et de l’immobilité, dans la recherche et la méditation continuelles de Dieu. C’est par là qu’on atteint la soumission des sens. Par là qu’on acquiert la vigilante sobriété de l’intelligence. Par là que s’apaisent les passions sauvages qui se lèvent dans le corps. Par là que nous viennent la douceur des pensées. Par là que la réflexion se fait lumineuse. Par là qu’on s’applique aux œuvres de la vertu. Par là qu’en tout temps coulent les larmes sans mesure, et que nous est donnée la mémoire de la mort. Par là qu’on porte la pure chasteté, parfaitement dégagée de toute imagination qui tourmente l’intelligence. Par là qu’on voit avec acuité et pénétration les choses qui sont au loin. Par là qu’on découvre la profondeur des significations secrètes que l’intelligence comprend au cœur des paroles divines ; qu’on découvre également les mouvements intérieurs à l’âme, et le discernement de ce qui distingue les esprits du mal et les saintes puissances, les vraies visions et les imaginations vaines. Par là qu’on acquiert la crainte que donnent les voies et les chemins de Dieu, cette crainte en pleine mer des pensées, qui rompt avec la négligence et la nonchalance ; qu’on acquiert aussi la flamme de la ferveur qui passe sur tout péril et qui surmonte toute peur ; enfin qu’on porte en soi la chaleur dégagée de tout désir, cette chaleur qui efface de la réflexion la convoitise et plonge dans l’oubli tout souvenir des choses passées. Pour tout dire d’un mot, c’est par là qu’on parvient à la liberté de l’homme vrai, à la joie de l’âme et à la résurrection avec le Christ dans le Royaume. »

Saint Isaac le Syrien

 

« Je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur qu’après avoir proclamé le message aux autres je ne sois moi-même éliminé. » (1 Co 9,27)

Cette dernière parole de saint Paul ouvre sur le discernement. Nous verrons cela à travers le sacrement de la confession.

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