19
janvier

De la Qualité de notre Foi dans le monde d’aujourd’hui…?!

EVANGILE  Les dix lépreux : Luc 17, 12-19 

En ce temps-là, comme Jésus entrait dans un village, dix hommes lépreux vinrent à sa rencontre. Se tenant à distance, ils élevèrent la voix, et dirent : « Jésus, Maître, fais-nous miséricorde! » Jésus les vit et leur dit : « Allez, vous montrer aux prêtres ». Et il advint, pendant qu’ils y allaient, qu’ils furent purifiés. L’un d’entre eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas en glorifiant Dieu à haute voix. Il se jeta aux pieds de Jésus, le visage contre terre, et lui rendit grâce. Cet homme était Samaritain. Répondant, Jésus dit alors : « Les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf, où sont-ils ? Il ne s’est trouvé, pour revenir rendre gloire à Dieu, que cet étranger ? »  Et Jésus lui dit : « Lève-toi ! Va ! Ta foi t’a sauvé ».

HOMELIE  par le père Marc-Antoine Costa de Beauregard – doyen pour la France

Homélie. « Les neuf autres, où sont-ils ? » – c’est avec cette parole que Jésus aujourd’hui nous provoque, peu de temps après avoir fondé parmi les hommes le saint et grand mystère du baptême dans l’Esprit. « Les dix n’ont-ils pas été purifiés ? », n’ont-ils pas été baptisés et lavés par le Christ de l’impureté de leur âme et de leur corps, guéris de la lèpre de l’ignorance de Dieu, rendus à une peau d’enfant par la jouvence de l’Esprit ? Dix pour cent – un dixième – des baptisés, des chrétiens, un fils né de l’Esprit sur dix, revient vers celui qui l’a fait naître de l’eau et de l’Esprit, qui a fait de lui un fils de Dieu, un « engendré de Dieu », selon saint Jean en son prologue : statistique alarmante… Que sont devenus tous ces bébés, ces enfants, ces jeunes, ces adultes qui ont été baptisés dans nos églises paroissiales ? Que font-ils, le dimanche, ou n’importe quel jour de la semaine, alors que le Seigneur Jésus les attend ? Qu’ont-ils trouvé, quelle émission, quel match, quelle réunion sans Dieu, quelle distraction, quel club, quel sport, plus captivants que le Seigneur ? Comment, dans leur coeur purifié par la grâce, l’action de grâce n’a-t-elle pas germé ? Faut-il vraiment dire « dis merci au bon Dieu ! » comme on dit « dis merci à la dame »? Il est beau d’une beauté charismatique, celui-là, le N°10 : il est conscient de l’œuvre de Dieu en lui, il revient sur ses pas, il glorifie Dieu « à haute voix » – que tout le monde le sache ! ; il se jette aux pieds de Jésus, le visage contre terre, et il lui rend grâce. Ce qui est normal est extraordinaire.

La dîme de l’humanité, la dîme de l’Église, fait notre admiration après avoir fait celle du Seigneur. Statistiquement, il paraît que c’est un bon chiffre ! Dix pour cent des chrétiens sont conscients, vont vers le Christ et le remercient ! Un bon chiffre, 10, « par égard pour 10 justes, Je ne détruirai pas la ville », dit Dieu à Abraham (Gen 18, 32). Mais alors, pour un juste ? Pour une brebis sur 100 ? Ainsi en est-il dans l’histoire du monde, comme on le voit par Abraham, par Noé et par tant d’autres. Pour un juste, Dieu fait miséricorde à sa création. Le N°10 est le N°1, il est le chef, le principe du Salut.

Par un homme la souffrance et la mort sont entrées dans le monde ; par un juste, un saint, un enfant qui prie dans le secret de sa chambre, une femme qui dit son chapelet dans le métro, une prière monte vers Dieu comme un encens d’agréable odeur. Le parfum de l’action de grâce s’élève devant le trône céleste. La gratitude de l’homme fait le bonheur de Dieu. Pourquoi ? – Parce que celui qui rend grâce, qui remercie, qui chante la louange, qui célèbre, qui exulte, non seulement s’apparente aux chérubins et aux séraphins, mais il s’apparente à la Mère de Dieu, magnifiée au-dessus de toute hiérarchie humaine et angélique ; il approche de l’autel d’en Haut, et en lui le Père se reconnaît et se complait : Celui-ci est mon fils bien-aimé, mon unique ! Dieu aime ce ou celui, ou celle, qui est unique.

Dieu qui est unique cherche l’homme unique, la personne à son image et à sa ressemblance. Bien souvent dans le saint Évangile, nous voyons le Seigneur tourner son regard vers la personne unique : la Samaritaine, la Cananéenne, Zachée, la veuve de Naïm, la brebis N°1. Le Seigneur chérit l’homme au cœur profond, celui avec lequel Il peut avoir un dialogue, une amitié, une alliance. Celui ou celle qui rend grâce est coopérateur de l’œuvre du Maître ; la gratitude est synergie ; or le Seigneur cherche des collaborateurs, alors qu’Il est sans besoin, qu’Il peut tout susciter de rien. La joie de la Divinité c’est être ensemble. Dieu – Père, Fils et saint Esprit – est « ensemble » ; et, par le banquet de son amour, par l’appel, le « suis-moi » qu’Il nous adresse, Il veut être ensemble, pas seulement au milieu de nous, mais avec nous. Ainsi, ne jugeons pas « les neuf autres » ; émerveillons-nous de l’unique, et comprenons que là est notre vocation, à chacun, d’être celui que Dieu unique couronne en lui disant : « tu es mon unique !» Amen !

no comments

13
janvier

De la divinité du Christ « utilisée » pour notre égo

chers amis et amies, frères et soeurs en Christ, aujourd’hui l’homme en mal de sa vraie nature restaurée en Christ, s’invente d’autres systèmes copiés à partir de sagesses anciennes, et souvent ces systèmes valorisent l’égo, ce qui est en contradiction avec un des thèmes par excellence dans la Tradition Orthodoxe, le renoncement à la volonté propre.  C’est le péché de vouloir prendre les énergies divines pour servir la gloire de l’homme, ou bien le péché de confondre entre les énergies créées et les énergies incréées.

ici, l’exemple est donné par la possibilité de tirer une « certaine sagesse »  à partir de la tradition hébraïque, la kabbale et l’Arbre des Séphiroths.

ouverture du thème par ce lien: Vous avez intitulé votre livre

mais voici ce que saint Irénée de Lyon face à un tel système:

SAINT IRENEE DE LYON -livre III

SAINT IRENEE DE LYON -livre V

après cela nous comprenons que « notre aide » est dans le Christ vrai Homme et vrai Dieu,et ce, dès notre création, et non dans l’approfondissement et l’accession à mes désirs, sous prétexte que mon « Je » est à l’image et à la ressemblance de Dieu. Le sens de ma vie spirituelle est dans ma « vie cachée en Christ », c’est à dire « l’amitié » du Christ qui m’accompagne et me transforme d’une manière cachée par rapport à l’égo de mon âme, qui elle, dans son ignorance ou ses illusions, se croit abandonnée. Saint Nicolas Cabasilas nous enseigne cette intimité, fondement dans notre création.

de Saint Nicolas Cabasilas (1322-1391):

« Les hommes fervents ordonnent leur vie à Dieu car Il est source de leur bonheur et les secourt dans leur conduite. Ils regardent Dieu comme l’unique objet de leur amour et L’aiment uniquement pour Lui-même.

Nous aimons notre âme parce qu’elle est ce qu’il y a de plus intime en nous. Souvenons-nous que notre âme appartient au Sauveur. Il nous est plus intime encore à nous-mêmes que ce qui nous est le plus intime. Ceux qui méditent ceci tout au long de leur vie le savent. À cause de Lui, notre âme et notre vie nous sont chères et précieuses. Qui n’est soucieux que de lui-même souffre toutes sortes de conflits, car en dehors de Dieu, il ne peut pas trouver de sérénité.

Notre amour serait imparfait si nous aimions quoi que ce soit en dehors de Lui. Partageant ainsi notre amour, nous irions à l’encontre de Sa loi, où il est dit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir (Dt 6, 5 ; Mc 12, 30). Oui, ceux qui vivent en Christ reportent tout leur amour sur Lui. Ils n’en gardent aucune part ni pour les autres ni pour eux-mêmes. Dans ce dessein, ils fuient loin d’eux-mêmes et de tous car partout, ce qui unit, c’est l’amour. Ainsi s’étant transportés d’eux-mêmes vers Dieu, ils vivent pour Dieu seul. C’est Lui qu’ils aiment. En Lui seul ils trouvent la joie véritable…

Ceux qui vivent pour eux-mêmes, tout en recevant quelque joie de vrais biens, se rendent incapables de récolter une joie sans mélange. Pendant qu’ils se réjouissent de ces biens, certains maux, visibles ou non, leur causent des ennuis. En revanche, ceux qui remettent à Dieu leur existence jouissent d’un plaisir absolu et fuient toute tristesse. Ils ont bien des sujets de se réjouir et rien ne les afflige, car rien n’est déplaisant auprès de Dieu, en qui ils vivent. Ils ne pensent même pas que, parmi les événements présents, certains pourraient leur causer de la douleur. L’amour parfait ne leur permet pas de rechercher leur propre intérêt (1 Co 13, 5). Au contraire, ils aiment, parce que Celui qu’ils chérissent est bienheureux et ils sont enflammés de cette passion qui surpasse la raison et la nature.

Ceux qui ne trouvent qu’en eux-mêmes leur joie, savent raisonnablement qu’elle les plonge dans l’arrogance. Ils se préoccupent tellement de leur propre personne, qu’une grande part de leur plaisir est détruite. Les saints, eux, ne sont pas inquiets, car ils ne concentrent pas leurs pensées sur eux. Ils placent leur puissance en Dieu. Leur gloire et leur joie sont en Lui ! Leur plaisir ne reste pas seulement humain, comme c’est le cas de la plupart des hommes : il est surnaturel et divin ! C’est un peu comme un homme qui échangerait une mauvaise maison contre une autre en bon état. D’avance, il éprouverait plus de plaisir pour la seconde que pour la première. Il en est de même quand on se défait pour gagner Dieu, non seulement de son corps et de sa maison, mais encore de soi-même, Dieu prend la place du corps, de l’âme, de la famille, des amis, de tout ce que l’on possède. De la sorte, la joie surpasse tout plaisir humain et nous recevons la joie propre à la béatitude divine et qui convient à une telle transformation.

C’est pour l’Homme Nouveau que la nature de l’homme a été constituée, par ce qui a été aux origines; et l’esprit et le désir ont été construits pour lui. Et nous avons reçu la pensée pour connaître le Christ, le désir pour courir vers Lui, et nous avons la mémoire pour le porter, puisque c’est LUI qui était l’Archétype pour ceux qu’il a créés. La création dès les origines de l’homme modelé pour LUI (le Christ) à l’image de Dieu, (a eu lieu) pour qu’il fut un jour capable de  contenir l’archétype (LE CHRIST); et la loi que Dieu lui a donné au paradis (est) pour LUI (le christ).   » saint Nicolas Cabasilas

que Dieu si patient nous vienne en aide. amen.

no comments