La CROIX, pour un nouveau regard sur mes épreuves

 

UN NOUVEAU REGARD SUR MES EPREUVES

Aujourd’hui l’Eglise nous invite à nous souvenir de la chute d’Adam, de notre nature pécheresse à tous, car Adam c’est chacun d’entre nous. Nous nous sommes tous détachés de Dieu, nous avons tous suivi nos propres voies. Nous sommes tous tombés dans la désobéissance d’une manière ou d’une autre, dans des errements et des illusions, dont nous payons le prix un jour et maintenant nous voulons invoquer la miséricorde de Dieu.

Aussi pécheur et faible que soit l’être humain, s’il veut changer sa vie, le Seigneur lui enverra sa force pour y parvenir. Cette possibilité de changement est entre nos mains… Pouvons-nous dire : ‘Seigneur, oublie, efface, supprime nos péchés’, si notre cœur est plein de méchanceté, et retient un sentiment de rancune tenace ? Non, bien sûr. Voilà pourquoi aujourd’hui l’Eglise nous invite au pardon.

Nous ne pouvons pas vivre les uns avec les autres si nous ne nous pardonnons pas, car chacun est coupable devant les autres : le mari devant sa femme, les enfants devant leurs parents, les parents devant leurs enfants, les voisins devant leurs voisins. Nous sommes des êtres vivants, et si nous ne pouvions pas nous pardonner les uns aux autres, le monde entier se transformerait en enfer, en chaos plein de méchanceté. Alors, commençons dès aujourd’hui.

Souvenons-nous de tout le mal qu’il y a dans notre vie, déposons-le durant le grand carême. Je n’ignore certes pas que cela est difficile, mais il s’agit de l’œuvre de Dieu ( notre âme est trop souvent assimilée qu’à MA vie, MA souffrance, MON épreuve ), mais nous sommes dans l’appel du Christ pour que ma vie devienne là sienne et réciproquement ; pour cette nouvelle vision de ma vie, l’effort en vaut bien la peine. « Ce temps est favorable » (Ps 32) nous dit l’Eglise, et avec le psalmiste nous nous écrions :  « Ouvre-moi la porte du repentir, Toi qui donnes la vie ! » (Ps 32, 6). Enseigne-moi à me repentir, enseigne-moi à voir mes péchés, et ne m’abandonne pas lorsque, plein de désespoir, je verrai combien ils sont nombreux, combien ils sont forts, combien insurmontable est la puissance du péché.

Qu’au moment où je me dirai en moi-même qu’il n’est point de salut pour moi, point de pardon, point de guérison, je puisse savoir qu’en réalité le Salut existe bel et bien. Pardon et guérison existent et ils nous sont donnés par l’Esprit du Christ, par l’œuvre du Christ sauveur, invisiblement vivant parmi nous, venu dans le monde pour que toute personne, au lieu de périr, ait la vie éternelle (Jn 3, 15).

c’est pour cela qu’en ce milieu de carême nous est présenté le Mystère de la croix ; durant le pré-carême, nous avons été instruit sur l’importance de l’humilité en tant que base fondamentale pour notre renaissance en Christ, puis nous avons été instruit, lors de la fête « du Triomphe de l’Orthodoxie » que la confession de la foi Orthodoxe est la Sagesse qui a fait toutes choses, plus qu’une proclamation culturelle, l’Orthodoxie existe depuis « avant les siècles » et elle est aussi la Sagesse dont l’homme est fait ; mais dans cette Sagesse de Dieu, pour que l’homme ne soit pas écartelé entre deux extrêmes, l’humilité et la Sagesse, le Christ plante le Mystère de la croix au milieu.

Souvent, nous disons « la croix DU Christ », et de ce fait, nous pensons en quelque sorte : « c’est SON histoire », (bien sûr que non) mais notre âme pense cela parce que nous sommes pécheurs et de ce fait, nous comprenons mal l’œuvre de la Sainte Trinité.

Depuis l’incarnation de Dieu, jusqu’à l’Ascension du Christ, ( l’élévation de la nature humaine déifiée du Christ à la droite du Père ), le Christ assume la nature humaine telle qu’elle est, il accepte notre boue, pourvu que nous gardions l’Alliance avec lui et avec lui seul ; alors la croix, n’est plus SA croix, ni MA croix, mais la croix universelle, la Sagesse dans la Sagesse .

La croix devient comme « un lieu de rendez-vous », mon épreuve est aussi l’épreuve du Christ, ma souffrance est aussi la souffrance du Christ et inversement ; par la croix, maintenant, plus rien n’est exclus, tout (épreuve, souffrance, regrets, amertume, etc) peut être propice à un instant de communion avec le Christ, parce que je vais me souvenir que le Christ y est maintenant présent, mais aussi parce que dans la souffrance qui est une œuvre d’humilité ou nous amène à l’humilité, y est planté maintenant la croix, centre de la Sagesse de Dieu, dont l’autre extrême est l’Orthodoxie, dont je dois aussi me nourrir. Nous sommes là dans l’équilibre proposé par Dieu.

Maintenant nous rassemblons la croix et le pardon : ce que nous avons dit de la croix, nous le disons aussi du pardon : c’est plus que SON pardon et bien au delà de MON pardon, c’est la soif de communion dans le « feu de l’Esprit-Saint » :

Luc 12
49Je suis venu jeter un feu sur la terre, et combien il me tarde qu’il soit allumé? 50Il est un baptême dont je dois être baptisé, et combien il me tarde qu’il soit accompli! ( la croix… !!!)

 

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