SAINTE EUCHARISTIE et BAISER DE JUDAS

Eucharistie et baiser de Judas

 

DE LA SAINTE EUCHARISTIE et du baiser de judas

« Le corps céleste du Christ n’appartient plus à ce monde, il n’est pas « partout », car il est hors et au-dessus du temps et de l’espace, mais il peut se trouver là où il veut selon sa volonté ; eucharistie = synergie = rencontre.

Le corps du Christ n’est pas « avec » le pain, ni « dans » le pain, mais il est « Pain de Vie ».

Ce n’est pas un sacrifice indéfiniment répété de l’Agneau, mais c’est le pain qui « ne devient pas » (car cela voudrait dire que le Christ a besoin d’un support), mais « est manifesté Agneau », par la correspondance qu’il y a entre le ciel et la terre lors de l’épiclèse.

L’eucharistie est donnée « en nourriture » pour être « consommée » et non « adorée ». L’adoration des saints sacrements contredit l’Ascension, bloque ici, ce qui, à cause du péché, peut aussi ne pas avoir de correspondance avec ce monde ; d’où que ce Mystère ce manifeste par et lors de l’épiclèse dans « le sacrement de l’Assemblée ».

On ne se prosterne pas devant les dons en tant « qu’objet sanctifié », mais devant le Mystère qui est en train de sa passer.

Une faute de la doctrine serait de s’occuper du pain et non pas de l’homme : il faut plutôt accuser nos sens de ne pas voir le miracle, comme au jour de la Transfiguration de notre Seigneur Jésus-Christ, où ce n’est pas le Christ qui change, mais les yeux des apôtres. »

Paul Evdokimov « L’Orthodoxie »

C’est comme pour le baptême : la foi précède le Mystère et l’action de l’Esprit-Saint. Dans tous les sacrements, l’eau, le vin, l’huile, le pain, ne sont les « agents de l’opération » du Saint-Esprit, mais il y a « union sans confusion » : les réceptacles des sacrements deviennent « charismes du Christ »(Paul Evdokimov), par le Saint-Esprit et grâce à l’achèvement de l’œuvre du Christ, lors de son Ascension à la droite du Père, là où dans le corps du Christ, ce qui est au ciel et ce qui est sur terre, peut être conforme et réceptacle ; mais réceptacle de quoi ?: de l’unité de la Sainte Trinité.

C’est pourquoi, dans sa Sagesse, le Seigneur a institué la sainte cène et la divine liturgie rassemblant le peuple des croyants autour de sa Parole pour reconstruire « l’esprit unanime ». Jean 17,21
« 
afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. ».

Ayant maintenant une pensée unanime dans la Parole du Christ, l’Esprit-Saint peut enfin venir en plénitude et continuer l’œuvre du Christ, ou dit autrement, nous « expliquer » l’œuvre du Christ et de nous donner, toujours plus, l’amour du Christ.

Mais en ce temps où l’apostasie se fait de plus en plus ouvertement en ce monde, il est nécessaire de décrypter certains rouages en nous : tout d’abord, si nous confessons dans la prière à l’Esprit-Saint « Roi du ciel, toi qui est partout présent…/… », nous avons alors tendance, par notre âme « non cadrée », de confesser un Christ partout présent ; hors je l’ai cité au début : « Le corps céleste du Christ n’appartient plus à ce monde, il n’est pas « partout », car il est hors et au-dessus du temps et de l’espace, mais il peut se trouver là où il veut selon sa volonté » ; et même si sa volonté est qu’il ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse, le Christ nomme ce qu’il voit en nous : « Mon ami, fais ta besogne »(Mt26,50), ou encore : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ! » (Lc22,48), le Seigneur lui dit  « ami », mais il lui dit aussi « que fais-tu ?, ravise-toi, repends-toi ! ».

Ainsi, il y a des situations où le Seigneur ne peut pas demeurer avec nous, car nous lui fermons la porte : là où il y a refus de l’autre, « l’autre » car nous ne voulons plus qu’il soit « frère »… !!!; ce sont les péchés de la colère et du meurtre, et le jugement et l’adultère.

L’orgueil, la vanité et l’avarice s’oppose à Dieu, car l’orgueilleux blasphème, le vaniteux se pose lui-même en tant que Dieu, et l’avare derrière les biens terrestres convoite la revendication de sa déification, mais le Seigneur peut s’opposer à cela, s’il le veut, selon sa divine providence ; tandis que les péchés : la colère et le meurtre (ils sont liés), et le jugement et l’adultère (ils sont liés par le principe du mensonge), sont des péchés qui opèrent une rupture de communion avec nos frères, aussi le Christ ne peut pas rester. Le sacrement de la confession, est là, très nécessaire.

Alors comment sortir de telles situations ?, et c’est là que la méditation sur le baiser de Judas nous donne des clés : l’apostasie se démasque de plus en plus ouvertement aujourd’hui, la complexité de la pensée contemporaine est égale à la démultiplication du péché dans des facettes de plus en plus trompeuses, sous prétexte de prise de conscience ; hors, saint Isaac le syrien, dans son 56ème discours « Œuvres spirituelles », nous préviens de « garder son âme de la subtilité du péché. », et saint Justin Popovitch dans « les voies de la connaissance de Dieu », nous enseigne deux lois spirituelles très importantes :  « Le foisonnement spirituel des branches du péché répond au foisonnement de l’âme. », dans « foisonnement de l’âme » il décrit la démultiplication et la complexité des pensées, et ailleurs : « le péché est la puissance qui explique le moi par le moi et non par Dieu. ».

Si nous ne faisons pas attention à ces lois spirituelles, nous nous exposons au « baiser de Juda » : Judas se disait, je vais forcer le Christ à manifester sa divinité pour délivrer le peuple d’Israël du joug des romains et ainsi, hâter la venue du Royaume de Dieu, mais il entendit des paroles du Seigneur qui tuèrent son espoir : « des pauvres, vous en aurez toujours, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. », et c’est là que Satan entra dans son cœur. Première leçon : c’est dans ces circonstances que nous pouvons tomber dans le jugement, lorsque nous attendons quelque chose du frère et qu’il n’est pas à la hauteur de « nos » espérances…mais qu’elles sont les espérances du Seigneur à son sujet ?…

Pour ceux qui savent lire les Ecritures, le Seigneur se nomme « le Fils de l’homme » ; ce nom est celui du Messie, emprunté à la prophétie de Daniel (7,13), ainsi il dit à Judas : « Penses-tu trahir le Messie par un baiser, afin qu’il se manifeste au monde selon ton désir ? » ; Deuxième leçon : humblement nous devons savoir que le Christ nous regarde et qu’il voit tout, sinon, son regard va devenir jugement par le simple fait de notre entêtement.

Pour le salut du peuple d’Israël, Judas avait une pensée élaborée et il était tellement subjugué par cette pensée, dans un amour erroné du Christ, que cette pensée est devenue justification de son acte ; C’est pour cela que saint Isaac le Syrien et saint Justin nous disent de nous méfier des pensées subtiles et élaborées : nous avons facilement des pensées subtiles et élaborées pour trouver une solution à nos péchés et surtout pour les justifier, là est le baiser de Judas. !

Matthieu 18
« 
2Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, 3et dit: Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. », telle est la troisième leçon, amen.

 

 

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