; charset=UTF-8" /> Paroisse orthodoxe du Saint-Archange-Michel-et-de-Saint-Georges-du-Puy-en-Velay — 33 RUE DE COLOMB, 46100 FIGEAC
2
mars

Saint SERAPHIN ROSE – la religion du futur ou l’apostasie cachée

La religion du futur

Le Père Seraphim (Rose), né Eugene Dennis Rose (13 août 1934 – 2 septembre 1982) fut un hiéromoine de l’Église Orthodoxe Russe Hors Frontières vivant aux États-Unis d’Amérique; ses écrits ont aidé à diffuser le Christianisme Orthodoxe dans l’Amérique moderne et en Occident, et sont aussi plutôt populaires en Russie et en Roumanie.

Né de Frank et d’Esther Rose à San Diego, Eugène a été élevé en Californie, où il restera toute sa vie. Il fut baptisé dans la foi méthodiste à l’âge de quatorze ans, mais devint par la suite athée, perdant toute croyance en Dieu. Au lycée, à San Francisco, tandis qu’il a été évalué comme étant du niveau d’un génie lors d’un test formel de QI, il a connu une phase beatnik dans sa vie et a pratiqué le Bouddhisme.

Au cours de l’été 1955, entre son premier et deuxième cycle à l’université, Eugène rencontre Jon Gregerson, par l’intermédiare duquel il entre pour la première fois en contact avec la foi orthodoxe. Eugène s’est révélé homosexuel à l’université, après que sa mère ait découvert des lettres entre son fils et Walter Pomeroy, un ami du lycée. Eugène perdit plus tard son identité d’homme gay alors qu’il acceptait lentement l’Orthodoxie, mettant fin à sa longue relation avec Gregerson.

Durant ses études auprès d’Alan Watts à l’Académie américaine d’études sur l’Asie (après être sorti diplômé du Collège Pomona en 1956), Eugène découvre les écrits de René Guenon. Les écrits de Guénon incitèrent Eugène à chercher une foi spirituelle enracinée dans une tradition authentique. Gregerson, à cette époque pratiquant dans l’Église orthodoxe russe, a introduit Eugène à Orthodoxie. Au moment où Gregerson choisit de quitter l’orthodoxie, Eugène a été inspiré d’en apprendre plus à propos de la foi. Ceci amena Eugène à prendre la décision d’entrer dans l’Église par chrismation en 1962.

Eugène avec un autre chrétien orthodoxe, Gleb Podmoshensky, ont par la suite formé une communauté d’éditeurs et de libraires orthodoxes appelée la Fraternité de St Herman d’Alaska (St. Herman of Alaska Brotherhood). La communauté a finalement décidé de fuir la modernité urbaine pour le désert de la Californie du Nord pour devenir moines en 1966. Lors de sa tonsure en 1970, Eugène prit le nom de « Seraphim » en référence à saint Séraphin de Sarov.

Après son ordination comme hiéromoine, le Père Seraphim écrivit plusieurs ouvrages, dont La Révélation de Dieu au coeur des hommesL’Orthodoxie et la Religion du Futur, et L’âme après la mort. Il a aussi fondé le magazine Parole orthodoxe (The Orthodox word), toujours édité aujourd’hui par la Fraternité. L’ensemble de l’oeuvre que le Père Séraphim a publié s’est rapidement répandu à travers l’Amérique à la mort du Père Séraphim, ansi qu’en Russie et en Europe de l’Est après la chute du communisme dans ces pays.

En tant que moine, le P. Seraphim a développé une étroite relation avec St. John Maximovitch, alors évêque de San Francisco sous le patriarcat de l’Église orthodoxe russe hors frontières.

Le P. Seraphim, en tant que converti et finalement hiéromoine dans l’Église russe hors frontières, est regardé par beaucoup comme un bastion de l’enseignement orthodoxe au moment où plusieurs juridictions américaines, et même certaines factions au sein de l’Église Russe Hors Frontières elle-même, auraient introduit des pratiques et des enseignements nouveaux et/ou erronés. Dans son ouvrage, L’Orthodoxie et la Religion du futur (Orthodoxy and the Religion of the Future), le P. Seraphim met en évidence ce que lui et d’autres ont considéré comme des tendances dangereuses autant dans le monde séculier qu’ecclésiastique, comme le modernisme et l’œcuménisme (même si le livre traite principalement de mouvements religieux envahissant l’Amérique et extérieurs à l’Orthodoxie).

En 1982, après avoir senti des douleurs aigues pendant plusieurs jours alors qu’il travaillait dans sa cellule, le père Seraphim a été amené à l’hôpital par ses compagnons moines afin d’y être soigné. Quand il est arrivé au Mercy Medical Center (Centre médical de la Miséricorde) à Redding, en Californie, il a été déclaré dans un état critique et a sombré dans une semi-conscience.

Après être mort depuis plusieurs jours et bien que reposant dans un pauvre cercueil dans son monastère désert, les visiteurs déclaraient que le corps de Père Seraphim n’avait pas succombé à la pourriture et au raidissement des morts. Son corps demeurait souple tandis que plusieurs personnes déclarent qu’il dégageait une odeur de rose. Une demande de glorification a débuté après l’enterrement de Père Seraphim. Il a finalement atteint le titre de Bienheureux à la suite de plusieurs miracles qui lui ont été attribués et attend maintenant sa glorification en saint par un synode orthodoxe.

La religion du futurLe syncrétisme oriental comme apostasie.
______

I La Méditation Orientale envahit la chrétienté.

Le Yoga Hindou est connu maintenant dans les pays occidentaux depuis des décades, et spécialement en Amérique, où il a engendré un nombre incalculable de cultes et aussi une forme populaire de thérapie somatique qui ne possède soi-disant aucun but religieux. Il y a presque vingt années un moine français bénédictin décrivit ses expériences yogiques comme discipline “chrétienne”; la description qui suit est tirée de son livre. (J.M Dechanet, Le Yoga Chrétien, Harper & Row, NY, 1972)

Le Yoga Hindou est  une discipline  qui présuppose une conduite de vie sobre, tempérante, et consiste en un contrôle de la respiration couplée avec des positions corporelles qui produisent un état de relaxation dans lequel on peut méditer, habituellement avec l’aide de “mantra” (mots répétitifs) ou  de paroles sacrées qui aident la concentration. L’essence du Yoga n’est pas la discipline en elle-même, mais la méditation qui est son but. L’auteur est correct lorsqu’il écrit : « Les fins du Yoga Hindou sont spirituelles. C’est   trahir ceci en l’oubliant et ne retenir que le côté purement physique de cette ancienne discipline, que n’y voir rien de plus qu’un moyen d’obtenir une bonne ou belle santé du corps » (p.54), et immanquablement et par ignorance, les personnes qui croient pratiquer avec un instrument neutre, parasitent la spiritualité orthodoxe par une autre spiritualité.

À ceci il faut insister sur le fait que la personne qui croit pratiquer le Yoga que sur un plan purement physique se met quand même dans certaines dispositions et attitudes spirituelles non chrétienne et même expérimente ce qui est, sans aucun doute, sous-jacent en fait à cette pratique; et c’est ce que nous allons voir plus loin.

Le même auteur continue: « L’Art du yogi est de s’établir soi-même dans un silence complet, de se vider de toute pensée et illusion, d’écarter et de tout oublier si ce n’est cette idée : le moi profond et vrai de l’homme est divin; il est Dieu, et le reste est silence »  (p. 63).

Cette idée, bien sûr, n’est pas chrétienne mais païenne, et le but du soi-disant “Yoga chrétien” est d’utiliser la technique du Yoga pour différentes fins spirituelles, pour une méditation “chrétienne”. L’objet de la technique yogique, sous cet aspect, est de relaxer la personne, la contenter, la mettre  dans une passivité sans réflexion ni pensée qui la rend alors réceptive à des idées ou des expériences spirituelles. « Aussitôt que vous avez pris la posture, vous sentirez votre corps se relaxer et éprouverez qu’un bien-être  général s’établira en vous » (p.158). « Les exercices produisent une extra-ordinaire sensation de calme.» (p.6). « Pour commencer, il faut obtenir la sensation que tout son être se déroule, se « dépelotonne », qu’un bien-être vous envahit dans une euphorie qui va durer, et c’est ce qui arrive vraiment. Si vos nerfs ont été tendus et irrités, les exercices les calment, et la fatigue disparaît en un rien de temps » (p.49). « Le but de tout ceci est de réduire au silence la pensée elle-même en fermant les yeux à toute sorte de séductions ou d’attraits » (p.55).

L’euphorie que donne le Yoga « pourrait très bien être appelée un état de santé qui nous permet de faire plus et mieux sur le plan humain, et ensuite aussi sur le plan religieux, spirituel et chrétien. Le mot le plus approprié pour décrire ceci serait : contentement, satiété; un contentement qui vient habiter notre corps et notre âme nous prédisposant envers la vie spirituelle » (p.31). La totale personnalité peut être alors changée : « Le Hatha Yoga influence le caractère vers le bien. Quelqu’un, après plusieurs semaines de pratique, admet qu’il ne se reconnaît plus lui-même, et chacun peut noter un changement dans son comportement et ses réactions. Il est plus doux et plus compréhensif. Son visage montre son calme. Il est content…. sa personnalité entière a été modifiée et elle ressent d’elle-même sa nouvelle fermeté et ouverture d’esprit; de là découle un état permanent d’euphorie et de contentement de soi » (p.50)

Mais tout cela n’est que la préparation au but qui est, lui, spirituel   et  qui  commence  à  se  réaliser  lui-même  en  un  court espace de temps :
« Devenir contemplatif est une question de semaines, ma prière a pris une tournure toute nouvelle et particulière » (p.7). « Plus je deviens extraordinairement calme, note l’auteur, plus j’entre facilement en prière et plus je m’envole rapidement vers les cieux » (p.13). « La pratique du Yoga accroît la souplesse et la réceptivité, et de cette façon nous ouvre d’avantage dans les échanges personnelles entre Dieu et l’âme ce qui façonne le chemin pour la vie mystique » (p.31). Même pour les “yogis apprentis” la prière devient comme sucrée et « embrasse la personne toute entière » (p.183). On se relaxe et devient « prêt à trembler sous le souffle de l’ Esprit-Saint, et recevoir ainsi aussi bien qu’accueillir ce que Dieu dans sa Bonté pense bon pour nous d’expérimenter » (p.71). « Nous devons préparer notre être à ce qu’il doit être pris, ravis – et cela est très certainement une des plus hautes formes de la contemplation chrétienne » (p.72). « Chaque jour les exercices, et en fait la discipline ascétique toute entière de mon Yoga, me rend plus aisé le déversement de la grâce du Christ en moi. Je sens grandir  ma faim de Dieu, ma soif pour la vertu, et mon désir d’être Chrétien dans le plein sens du mot » (p. 11).

Quiconque a lu un exposé sur “l’illusion spirituelle” reconnaîtra immédiatement ce processus d’illusion dans cette description de ce “Yoga chrétien” précisant les mêmes caractéristiques qui marquent les illusions des disciples du mouvement “charismatique”: le même effort pour “des sentiments sacrés et divins”, la même ouverture et désir d’être “pris”, ravis par l’esprit, la même recherche non pas de Dieu mais des “consolations spirituelles”, la même auto-intoxication qui est prise malencontreusement pour “un état de grâce”, le même incroyable bien-être qui devient “contemplatif” ou “mystique”, les mêmes soi-disantes “révélations mystiques” et états pseudo-spirituels. Celles-ci sont les caractéristiques communes de tous ceux qui se trouvent dans cet état particulier de déception spirituelle. Mais l’auteur du Yoga chrétien, en étant un moine bénédictin, ajoute certaines “méditations” particulières qui le dévoile comme étant rempli de l’esprit des réflexions catholiques romaines à travers les siècles récents, avec son libre jeu de fantaisies brodées sur des thèmes chrétiens. Ainsi, par exemple, lorsque, méditant sur la Divine Liturgie de la veille de la Nativité, il commence à voir le Divin-Enfant dans les bras de Sa Mère : « Je regarde fixement, rien de plus. Les images, les associations d’idées comme Roi – Sauveur – Lumière – Aura – Berger – Enfant – Lumière de nouveau s’enchaînent les unes après les autres, et disparaissent dans le passé….Toutes les pièces de ce puzzle sacré prises ensembles ne forment plus qu’une idée en moi… la vision silencieuse du mystère plénier de la Nativité » (pp.161-162).

Quiconque ayant un tant soit peu de connaissance sur la discipline spirituelle orthodoxe verra  que ce  pitoyable  “Yogi chrétien”  a glissé par la trappe ouverte par un démon, qui n’est pas le moindre, à guetter sur le chemin de celui qui part à la recherche “d’expériences spirituelles”: il n’a en fait, même pas vu un “ange de lumière” mais a tout simplement donné libre cours à ses propres imaginations religieuses. C’est le résultat d’un coeur et d’un esprit totalement non préparés au combat spirituel et aux tromperies démoniaques. De telles “méditations” sont pratiquées actuellement dans un grand nombre de couvents et monastères romains catholiques.

II Zen “chrétien”.

Une pratique religieuse orientale encore plus populaire nous est offerte dans le livre d’un prêtre catholique irlandais : William Johnston, le Zen Chrétien (Harper & Row, New York 1971). L’auteur part plus ou moins de la même situation que celui de Yoga Chrétien : un sentiment de déception dans la chrétienté occidentale, un désir de lui donner une dimension de contemplation et de méditation. « Beaucoup de gens, déçus par les vieilles formes de prières, par les antiques formes de dévotions qui fonctionnaient si bien  dans le passé, sont à la recherche de quelque chose qui satisferait leur aspiration d’un coeur dévotionnel moderne » (p.9). « Prendre contact avec le Zen….m’a ouvert de nouvelles échappées, m’a appris qu’il existe des possibilités dans le Christianisme que je n’avais pas même soupçonnées.» On peut «pratiquer le Zen comme une voie d’approfondissement et d’élargissement de la foi chrétienne.» (p.2).

La technique japonaise du Zen est très similaire à celle du Yoga Hindou, duquel elle est originellement dérivée, bien qu’elle se soit légèrement simplifiée. Il y a les même postures de base (mais sans la variété des positions yogiques), les techniques de respiration, la répétition des noms sacrés si nécessaire, aussi bien que d’autres techniques particulières au Zen. Le but de ces techniques est le même que celui du Yoga : abolir la pensée rationnelle et atteindre à un état de calme, de silence, de méditation.

Les positions assises « entravent le raisonnement discursif et la pensée » et rendent capable de « descendre au centre de l’être sans image en une méditation silencieuse » (p.5), « au royaume magnifique de profondeur de la vie psychique » (p.17), « à un profond silence intérieur » (p.16). L’expérience ainsi atteinte est quelque chose de semblable à celle obtenue par l’absorption de drogues, pour « les personnes qui ont utilisé des drogues et ne comprennent au début que peu de choses à propos du Zen, jusqu’à l’instant où elles découvrent qu’il existe une certaine profondeur de l’esprit à explorer » (p.35). Et alors cette expérience nous ouvre à « une nouvelle approche du Christ,   une approche qui est moins dualiste et plus orientale »
(p.48). Même ceux qui débutent dans le Zen peuvent atteindre « une sensation d’union ainsi qu’une atmosphère de présence surnaturelle » (p.31), une saveur de « silence mystique » (p.30); bien que dans le Zen, l’état de contemplation , ne soit atteint que d’une manière restrictive par quelques “mystiques” seulement, il peut être « élargi à tous » et « tous peuvent avoir une vision, tous peuvent atteindre le Samadhi (l’Extinction illuminatrice) » (p.46).

L’auteur de Zen Chrétien  parle du renouveau du Christianisme, mais il admet que l’expérience dont il parle peut être pratiquée par tout le monde, chrétien ou non chrétien. « Je pense qu’il existe comme une base spirituelle pour l’illumination qui n’est ni chrétienne, ni bouddhiste, ni quelque chose d’autre. Cela est juste humain » (p.97). En effet, lors d’une convention sur la méditation dans un temple Zen près de Kyoto, « la chose surprenante à propos de cette réunion fut l’absence de foi commune. Personne ne sembla vraiment intéressé par ce à quoi croyait ou ne croyait pas l’autre, et personne, autant que je m’en souvienne, ne prononça même le nom de Dieu » (p.69). Ce caractère agnostique de la méditation possède un grand avantage pour les buts “missionnaires”, car  « de cette manière la méditation peut être enseignée à des personnes qui n’ont pas ou peu de foi –à ceux qui sont troublés dans leurs conscience ou qui ont peur que Dieu soit mort. Ces personnes-là peuvent toujours s’asseoir et respirer. Pour elles la méditation devient une recherche, et j’ai rencontré..des gens qui ayant commencé sur cette voie ont trouvé finalement Dieu. Non le Dieu anthropomorphique qu’ils avaient rejeté, mais le Grand-Etre en lequel nous vivons, nous nous déplaçons, nous existons » (p.70).

La description faite par l’auteur de “l’illumination” zen devrait paraître vraiment maigre, comparée à l’expérience “charismatique” décrite dans le précédent chapitre : « Je crois qu’en  nous il existe des torrents et des torrents de joie qui peuvent être déversés par la méditation — parfois ils peuvent se jeter avec une force incroyable, inondant toute la personnalité par un sentiment extraordinaire de bonheur qui vient d’on ne sait où » (p.88). En fait, revenu des Etats-Unis après vingt années passées au Japon, l’auteur fut très étonné de constater que les expériences des Pentecôtistes étaient si proches de celles du Zen, et il reçut lui-même le “Baptême de l’esprit” lors d’un meeting “charismatique ”(p.100). L’auteur conclut : « Me retrouver dans le mouvement charismatique, avec ses impositions des mains, ses prières communes, la charité de la communauté, me fit réaliser que tout ceci pouvait renforcer la maîtrise du pouvoir psychique, celui-là même qui donne l’illumination à celui ou celle qui a pratiqué avec assiduité zazen (Pratique physique du Zen) » (pp. 92-93).

Peu de mots suffisent à réfuter ces vues, fondamentalement identiques à celles de l’auteur de Yoga Chrétien, moins ésotériques seulement et plus populaires. Quiconque croit que l’expérience agnostique et païenne du Zen peut être utilisée pour “un renouveau du contemplatif au sein du Christianisme” (p.4) sûrement ne sait rien de la grande tradition orthodoxe de la contemplation, qui présuppose une foi ardente, une croyance exacte, une intense lutte ascétique; et le même auteur n’hésite pas une seconde à se référer une nouvelle fois à la Philocalie ainsi qu’aux “grandes écoles orthodoxes” pour appuyer son propos, statuant qu’elles aussi conduisent à l’état « de silence contemplatif et de paix »  et sont un exemple de  « Zen au sein de la tradition chrétienne » (p.39), et il se fait l’avocat de l’utilisation de la Prière de Jésus pendant la méditation Zen pour ceux qui le veulent (p.28).

III  La Religion du Futur

Ces deux techniques de “méditation” sont si semblables les unes aux autres qu’elles possèdent virtuellement les mêmes méthodes et objectifs, et l’esprit qui les anime est précisément celui d’un bon nombre d’autres mouvements “spirituels”, de “la science du cerveau” à la “scientologie”. Elles traduisent le renaissance aujourd’hui d’une attitude “post-chrétienne” de l’esprit qui, déçu par le “Christianisme traditionnel”, cherche d’autres “expériences religieuses” qui puissent satisfaire “l’âme moderne”. Cet état d’esprit est essentiellement le même qui, un siècle plus tôt, produisit le spiritisme, “la Science Chrétienne”,  “la Nouvelle Pensée”, et tout ce qui touche aux religions orientales. Maintenant, cependant, une action concertée est entreprise qui vise à donner un vernis “chrétien” à cet état d’esprit païen. Le mouvement “Renouveau charismatique” est également, d’une façon toute à fait claire, partie prenante de cette orientation pseudo-spirituelle, adaptant simplement le Pentecôtisme victorien du siècle dernier au goût du jour. Le mouvement sectaire et païen spirite a maintenant percé jusque dans le corps des plus conservatrices des églises, et les “expériences spirituelles” sont présentées maintenant aux chrétiens ordinaires comme une part normale de la vie chrétienne.

Il est profondément significatif de l’état d’esprit actuel de l’humanité que ces mouvements et toutes les autres expériences de “méditation ” commencent à prendre racines parmi les “chrétiens”. Une influence religieuse orientale est indéniablement à l’oeuvre chez ces “chrétiens”, mais cela n’est que le résultat de quelque chose de plus fondamental : la perte des vrais sentiments et valeurs  du Christianisme, due à quelque chose pourtant de si étranger à  lui : que la méditation orientale puisse prendre des coeurs “chrétiens”.

C’est vraiment à n’en pas douter, une erreur que d’appeler de telles âmes “chrétiennes”. La vie basée sur l’égocentrisme et l’auto-satisfaction pratiquée par les “chrétiens” modernes est si dépravante qu’elle  les ferme véritablement  à toute compréhension réelle de la vie spirituelle; et lorsque de telles personnes entreprennent “la vie spirituelle”, cela n’est qu’une autre forme d’auto-satisfaction. Cela apparaît très clairement dans l’idéal religieux totalement falsifié à la fois du mouvement “charismatique ” et des formes variées de “méditation chrétienne” : toutes elles promettent, en un temps éclair, une expérience de “contentement” et de “paix”. Mais cela n’est point du tout l’idéal chrétien, où tout se résume en un combat et une lutte acharnés. Le “contentement” et la “paix” décrits dans ces mouvements contemporains “spirituels” sont très manifestement le produit de la déception spirituelle, de l’auto-satisfaction spirituelle – ce qui est absolument la mort de la vie orientée vers Dieu. Toutes ces formes de “méditation chrétienne” opèrent seulement à des niveaux psychiques et n’ont rien en commun avec la spiritualité chrétienne. La spiritualité chrétienne  consiste en une lutte ardue visant à acquérir le Royaume éternel des Cieux, qui commence pleinement avec le renoncement au monde temporel, et la véritable lutte chrétienne ne trouve jamais le repos, même dans l’avant-goût de l’éternelle béatitude qui  peut lui être accordé lors de cette vie; mais les religions orientales, auxquelles le Royaume des Cieux n’a pas été révélé, s’efforcent seulement d’acquérir des états psychiques qui débutent et se terminent en cette vie même.

C’est précisément ce pseudo “chrétien” qui ayant perdu la soif des Cieux se satisfait d’une paix “pathologique” de méditation, et de ses charismes démoniaques.

En notre époque d’apostasie précédant la manifestation de l’Antéchrist, le démon a été libéré pour un temps (Ap. 20:7) afin d’opérer ses faux miracles qu’il n’avait pu faire pendant les mille ans de Grâce dans l’Eglise du Christ (Ap. 20:3), et pour rassembler en sa moisson infernale les âmes qui ne reçurent point l’amour de la vérité (II Thes. 2:10). Nous pouvons dire que le temps de l’Antéchrist est vraiment proche du fait que cette récolte satanique est en train d’être moissonnée non seulement parmi la population païenne qui n’a pas entendu parler du Christ, mais également et même d’une manière plus prononcée parmi les “chrétiens” qui ont perdu la saveur du Christianisme. C’est dans la nature innée de l’Antéchrist que de présenter le royaume du diable comme étant celui du Christ. Le mouvement actuel “charismatique” et celui des “méditations chrétiennes” sont sans aucun doute la religion du futur, la religion de la dernière humanité, la religion de l’Antéchrist, et la fonction de leurs chefs “spirituels” est de rendre possible aux chrétiens l’initiation satanique restreinte jusqu’ici au monde païen. Même si ces “expériences religieuses” sont encore souvent d’une nature expérimentale et tâtonnante, et qu’en elle réside au moins autant de déception psychique spirituelle que de rite d’initiation véritablement diabolique, il n’en est pas moins vrai que quiconque a “médité” avec succès ou pensé qu’il a reçu “le Baptême de l’Esprit”, a bien reçu effectivement l’initiation d’entrée au royaume de Satan. Mais les buts de ces “expérimentations” sont que ces techniques deviennent sans aucun doute de plus en plus efficaces à mesure que l’humanité y sera mieux préparée par une attitude de passivité et d’ouverture à toutes les nouvelles “expériences religieuses” inculquées par ces mouvements.

 Les chrétiens Orthodoxes doivent absolument être avertis de se tenir loin de ces mouvements. Ils ne possèdent aucune fondation dans la tradition ou pratique Orthodoxes, mais sont purement les produits du sectarisme et spiritisme moderne. Non seulement leur enseignement est fallacieux en ce qui concerne la vie spirituelle, mais aussi ils conduisent sur un chemin spirituel mauvais qui débouche sur un désastre psychique, et finalement sur la perte éternelle de l’âme. La passivité artificielle inculquée par tous ces mouvements renferme une seule intention : “ouvrir” l’âme à l’activité des démons. Le but poursuivi par eux est toujours le même: l’initiation diabolique qui bien sûr ne se présente pas comme cela.

À l’Ouest, ce qu’il y a de sûr, c’est que la grâce de Dieu fut perdue il y a plusieurs siècles. Les catholiques et les protestants actuels ne goûtent pas à la grâce de Dieu, aussi n’est-il pas surprenant qu’ils ne puissent distinguer les contrefaçons diaboliques. Mais hélas! Le succès de spiritualités contrefaites même parmi des chrétiens orthodoxes révèle aujourd’hui combien ils ont perdu eux aussi la saveur du Christianisme et ne peuvent plus distinguer entre le Christianisme véritable et le pseudo-christianisme. Pendant trop longtemps les chrétiens orthodoxes ont pris comme inné le précieux trésor de leur Foi, et négligé de mettre en pratique les paroles si riches de son enseignement. Combien de chrétiens orthodoxes connaissent seulement les textes fondamentaux de la vie spirituelle, qui enseignent avec précision comment distinguer une véritable spiritualité d’une spiritualité contrefaite, les textes qui narrent la vie et l’enseignement des saints hommes et femmes, qui  reçurent avec pleine et débordante mesure la Grâce divine dans leur vie ? Combien sont ceux qui ont fait leurs les enseignements de saint Grégoire le Théologien, saint Maxime le Confesseur, L’Echelle Sainte de St Jean Climaque, les Homélies de St Macaire le Grand, ou les Vies de nos Pères théophores du désert ?

De façon significative, c’est parmi les Chrétiens œcuménistes que les mouvements “charismatiques” et de “méditation” prennent racine. La croyance caractéristique de l’hérésie de l’œcuménisme est ceci : que l’Eglise Orthodoxe n’est pas la seule et véritable Eglise du Christ, que la Grâce de Dieu est présente également dans les autres dénominations chrétiennes – et même dans les “églises non-chrétiennes” -  que l’étroit chemin du Salut décrit dans les enseignements des Pères Saints de l’Eglise Orthodoxe n’est seulement qu’une voie parmi tant d’autres pour accéder au salut; et que le détail personnel de la croyance en Christ n’a que peu d’importance, pas plus que celle de n’importe laquelle des autres églises ou juridictions. Les Orthodoxes participant au mouvement oecuménique ne croient pas tous en ceci entièrement (quoique les Protestants et les Catholiques certainement si), mais par leur réelle participation à ce mouvement, incluant invariablement des prières en commun avec ceux qui ont une foi fausse envers le Christ et Son Eglise, ils disent aux hérétiques qui sont près d’eux : « Peut-être ce que vous dites est exact », et font de même que ce malheureux disciple de St Païssios. Il n’est pas nécessaire d’en faire plus pour un Chrétien orthodoxe pour perdre la grâce de Dieu; et ce quelque soit son effort futur pour la ré obtenir.

Et avec quel sucroît de précaution un chrétien orthodoxe, de nos jours, devrait-il marcher, alors qu’il est entouré de toute part par des “chrétiens” contrefaits qui parlent de leur propre expérience de “grâce” et “d’Esprit-Saint”, et même commentent abondamment les Ecritures et les Pères de l’Eglise pour appuyer et faire accepter leur point de vue ! Sûrement les temps derniers sont proches, lorsque l’esprit de tromperie spirituelle est si persuasif qu’il peut essayer  de tromper, si cela était possible, même les véritables élus (Matt.24:24).

Les faux prophètes de l’âge moderne, y compris aussi beaucoup “d‘Orthodoxes” officiels, annoncent de plus en plus fort l’avènement du  “nouvel âge de l’Esprit-Saint”, de la “nouvelle Pentecôte”, du “point Oméga”; c’est précisément cela qui, dans les véritables prophéties orthodoxes, est appelé le règne de l’Antéchrist. C’est à notre époque, aujourd’hui, que cette prophétie commence à s’accomplir, grâce aux puissances démoniaques. Contre la puissance de ces “expériences religieuses” la vraie Orthodoxie chrétienne doit maintenant s’armer dans un effort soutenu. Nous devons être exacts dans notre doctrine, zélés dans notre pratique, et par dessus tout pleinement conscients de ce qu’est le Christianisme orthodoxe et comment son but est radicalement différent de toutes les autres religions, pseudo-chrétiennes ou non-chrétiennes. Cependant, nous avons la promesse certaine de notre Sauveur Jésus-Christ que les portes de l’enfer ne prévaudront point contre Son Eglise (Matt.16:18), et  que pour l’amour de Ses élus, Il raccourcira les jours de la grande abomination que le démon suscitera contre les véritables chrétiens orthodoxes (Matt.24: 22).  Et, en vérité, si Dieu est avec nous, qui craindrions-nous ?   (Rom.8:31). Même au coeur de la plus cruelle des tentations, il nous est commandé d’être en une bonne disposition d’esprit, par laquelle J’ai triomphé du monde (Jean 16:33) Vivons donc, comme ont vécu les vrais Chrétiens de tous les temps, dans l’attente de la fin de toute chose et la venue notre Sauveur bien-aimé;  Le garant de ces révélations l’affirme : Oui, mon retour est proche !  Amen, viens, Seigneur Jésus !  (Ap. 22:20).

Hiéromoine Séraphime (Rose) Traduit de l’anglais par Thierry Cozon   Orthodoxy and the Religion of the Future, St Herman Monastery Press, 2nd Edition, 1979.

no comments

6
avril

Les PSAUMES pour notre quotidien

 

LES PSAUMES : GUIDES POUR LA VIE ET LA PRIERE

voir à la fin : les psaumes classés par thèmes

CATHISME 1

Psaume 1  : sur l’homme avisé ou ceux de mauvais conseils (idem Ps. 15 et 27)

Psaume 2  : contre ceux qui ne savent pas que le Seigneur est Maître

Psaume 3  : sur la confiance en Dieu dans les persécutions

Psaume 4  : passer de la vanité au repentir

Psaume 5  : sur la confiance en la divine providence

Psaume 6  : sur le repentir et la vigilance envers les hommes mauvais

Psaume 7  : sur le jugement de Dieu et les conséquences de notre malice

Psaume 8  : le projet ineffable de Dieu contre l’homme sceptique

 

CATHISME 2

Psaume 9  : le Seigneur est Roi malgré la vanité et le complot des méchants contre les pauvres.

Psaume 10 : le Seigneur aura le dernier mot et il regarde combattre les justes

Psaume 11 : victoire finale de Dieu contre les mensonges de la dernière génération

Psaume 12 : sur le juste qui invoque la justice divine

Psaume 13 : dans la fin des temps Dieu cherche le juste

Psaume 14 : minimum d’une règle de vie ( les 11 règles de Noé )

Psaume 15 : sur le serviteur fidèle

Psaume 16 : le Seigneur met à part son serviteur fidèle

 

CATHISME 3

Psaume 17 : prière du fidèle et réponse de Dieu (idem Ps. 36), le Seigneur « se calque » sur l’homme

Psaume 18 : sur la justesse de Dieu et en Dieu

Psaume 19 : Dieu sauve son serviteur fidèle

Psaume 20 : idem

Psaume 21 : le fidèle a la même croix que le Christ mais le fidèle doit rester dans l’espérance

Psaume 22 : le Seigneur est mon berger

Psaume 23 : au Seigneur la terre et l’univers, c’est Lui le Roi de Gloire

 

CATHISME 4

Psaume 24 : espérance mais responsabilité et Dieu pédagogue selon…

Psaume 25 : prière de préparation en entrant dans une église, le fidèle est co-liturge avec le prêtre

Psaume 26 : sur la patience

Psaume 27 : sur le chrétien vigilant

Psaume 28 : offrande à la puissance du Seigneur

Psaume 29 : action de grâce

Psaume 30 : Dieu venge le juste contre l’idolâtre

Psaume 31 : à dire avant la confession ( et psaumes 29, puis 17 après la confession )

 

CATHISME 5

Psaume 32 : Dieu sauve « selon » notre fidélité envers Lui

Psaume 33 : louange de la fin de la liturgie

Psaume 34 : sur l’homme dans l’épreuve qui demande justice à Dieu

Psaume 35 : David demande à Dieu de séparer les bons des méchants

Psaume 36 : Dieu répond à David et donne la leçon

 

CATHISME 6

Psaume 37 : David, confessant l’héritage du péché sur lui (à dire avant la liturgie)

Psaume 38 : méditation sur Dieu qui accompagne l’homme repentant

Psaume 39 : Dieu sauve et transforme si l’homme est fidèle

Psaume 40 : Dieu s’occupe de nos ennemies selon notre justesse

Psaume 41 : sur l’espérance en Dieu et sur notre croix similaire à celle du Christ

Psaume 42 : sur l’espérance en Dieu

Psaume 43 : Ashem est Dieu d’Israël mais il corrige son peuple

Psaume 44 : David chante l’intimité entre Dieu et son peuple et l’héritage des nations à la fin des temps

Psaume 45 : union en Dieu des nations et d’Israël

 

CATHISME 7

Psaume 46 : les nations doivent se convertir

Psaume 47 : les nations s’inclineront devant le Machiah Ben David à Jérusalem

Psaume 48 : sur la vanité et le manque de discernement des nations

Psaume 49 : Ashem demande à Israël de se remettre en question,

Le culte doit correspondre au désir du cœur,

Ce n’est pas parce que Dieu ne dit rien, qu’il approuve…

Psaume 50 : psaume de pénitence

Psaume 51 : Dieu déteste les méchants

Psaume 52 : sur l’illusion des idolâtres

Psaume 53 : Dieu vient à mon secours

Psaume 54 : Dieu soutien l’homme victime de trahison

 

CATHISME 8

Psaume 55 : sur la persécution des fidèles de Dieu

Psaume 56 : sur l’espérance en Dieu qui demeure fidèle

Psaume 57 : sur la vanité des hommes méchants

Psaume 58 : Dieu se joue des nations orgueilleuses

Psaume 59 : David demande à Dieu de se souvenir de son alliance comme au désert

Psaume 60 : se confier en Dieu

Psaume 61 : Dieu est notre secours

Psaume 62 : à Dieu revient la Gloire et il est la force de mon âme

Psaume 63 : Dieu protège le fidèle de la perfidie des méchants

 

CATHISME 9

Psaume 64 : en Dieu est la justice et la bonté et la stabilité aussi

Psaume 65 : la crainte de Dieu est sagesse

Psaume 66 : Prière et action de grâce

Psaume 67 : Procession des fidèles qui chantent la gloire de Dieu

Psaume 68 : Prière de l’âme dans les ténèbres (le Christ sur la croix)

Psaume 69 : hâte-toi de me secourir

 

CATHISME 10

Psaume 70 : Ôh Dieu, tu m’accompagnes depuis ma jeunesse ( sois-moi un Dieu protecteur…)

Psaume 71 : sur le règne final du Seigneur

Psaume 72 : confiance dans le jugement de Dieu

Psaume 73 : Ôh Dieu souviens-toi de ton Alliance pour vaincre les méchants

Psaume 74 : mise en garde pour les effrontés et les orgueilleux

Psaume 75 : la crainte de Dieu est sagesse

Psaume 76 : comme Moïse et Aaron, faire confiance en la Divine Providence

 

CATHISME 11

Psaume 77 : tirer leçon de l’histoire d’Israël

Psaume 78 : prière et revanche pour tous les morts en exil

Psaume 79 : Ôh Dieu souviens-toi de ton Alliance ( viens, vois, et visite cette vigne…)

Psaume 80 : fête juive « des trompettes » et conséquences lorsqu’on méprise l’Alliance de Dieu

Psaume 81 : mesures pour une bonne justice devant Dieu

Psaume 82 : jugement de Dieu contre les ennemis d’Israël

Psaume 83 : Paix et Salut en Dieu par les mérites des efforts

Psaume 84 : le Salut pour ceux qui reviennent vers Dieu (par l’incarnation jusqu’à l’Ascension)

 

CATHISME 12

 

 

 

LES PSAUMES PAR THEMES :

règle de vie : Ps.14, 22,

demeurer dans le discernement : Ps.1, 4, 6, 15, 21, 25, 38, 39, 75, 81, 84

conscience et responsabilité : Ps. 1, 4, 7, 10, 15, 21, 24, 27, 32, 38, 49, 80, 83, 84

esprit de pénitence : Ps. 4, 6, 24, 31, 37, 38, 50, 65, 68, 74

sur la patience : Ps. 15, 22, 35, 26, 40, 53, 55, 70

sur l’espérance et confiance en Dieu : Ps. 3, 5, 12, 16, 18, 21, 24, 41, 42, 53, 55, 56, 59, 61, 76, 79

réponse et soutien de Dieu envers ceux qui cherchent : Ps. 17, 19, 20, 36, 39, 40, 54, 60, 69, 70

Israël et les nations : Ps. 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 77, 78, 80, 82

complot et persécutions contre les fidèles : Ps. 9, 34, 55,

contre les méchants : Ps. 2, 16, 27, 30, 51, 52, 63, 72, 73

victoire finale de Dieu : Ps. 7, 8, 9, 10, 11, 13,16, 18, 23, 30, 35, 57, 58, 62, 71

action de grâce et louage à Dieu : Ps. 15, 28, 29, 32, 33, 64, 66, 67

 

 

no comments

25
avril

L’EUCHARISTIE LE SACREMENT DE L’ASSEMBLEE par père Alexandre Schmemann

Le sacrement de l’assemblée

L’EUCHARISTIE

LE SACREMENT DE L’ASSEMBLEE

par père Alexandre Schmemann

 

L’eucharistie c’est l’Église qui entre dans la joie de son Maître. Entrer dans cette joie comme en être le témoin dans le monde est, en vérité, l’appel même adressé à l’Église, sa leitourgia essentielle, le sacrement par lequel « elle devient ce qu’elle est ».

La meilleure façon de comprendre la liturgie eucharistique est de la regarder comme une route ou une procession. C’est la route par où l’Église entre dans la dimension du Royaume. Nous employons ce mot « dimension » parce qu’il semble le meilleur pour indiquer le comment de notre entrée sacramentelle dans la vie ressuscitée du Christ.

Notre entrée dans la présence du Christ est une entrée dans une quatrième dimension qui nous permet de pressentir l’ultime réalité de la vie. Ce n’est pas une évasion du monde. C’est plutôt l’arrivée à un point privilégié d’où notre vue peut plonger plus profondément dans la réalité du monde.

La mise en route commence quand les chrétiens quittent leurs maisons et leurs lits. En vérité, ils quittent leur vie dans ce monde, dans ce monde présent et concret. Qu’ils aient à faire trente kilomètres en auto ou qu’ils contournent à pied un pâté de maisons, ils commencent déjà à poser un acte sacramentel, un acte qui est la condition première pour tout ce qui va arriver d’autre. Car ils sont alors en route pour constituer l’Église, ou plus exactement, pour être transformés en Église du Christ. Ils étaient des individus, les uns blancs, d’autres noirs, les uns riches, d’autres pauvres, ils étaient le monde « naturel », une communauté naturelle.

Et voilà qu’on les a appelés à « se rassembler en un même lieu », à apporter avec eux leur « monde » même, à être plus qu’ils n’étaient : une communauté nouvelle vivant d’une vie nouvelle. Nous sommes déjà bien au-delà des catégories d’adoration et de prière en commun. Le but de ce « rassemblement » n’est pas simplement d’ajouter une dimension religieuse à la communauté naturelle, de la rendre « meilleure », plus responsable, plus chrétienne. Le but est d’accomplir l’Église, c’est-à-dire de re-présenter, de rendre présent l’Unique, en qui toutes choses sont à leur fin, et toutes choses sont à leur commencement.

La liturgie commence alors comme une réelle séparation du monde. Le Christ dont nous parlons n’est pas de ce monde (cf. Jean 8,23 ; 18,36) ; après sa résurrection, il n’a pas été reconnu, même par ses propres disciples. Marie Madeleine le prit pour un jardinier. Quand deux de ses disciples faisaient route vers Emmaüs jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux « et ils ne le reconnurent pas avant qu’il ait pris du pain, l’ait béni, rompu et le leur ait donné » (Luc 24, 15-16, 30). Il apparut aux Douze « les portes étant fermées ». Il devint évident alors qu’il ne suffisait plus, désormais, de savoir simplement qu’il était le fils de Marie. Il n’y avait matériellement rien qui oblige à le reconnaître. En d’autres termes, il ne « faisait plus partie de ce monde », de sa réalité ; et le reconnaître, entrer dans la joie de sa présence, être avec lui voulait dire se convertir à une autre réalité. La glorification du Seigneur n’a pas l’évidence contraignante et objective de son humiliation et de sa croix. On ne connaît sa glorification que par la mort mystérieuse aux fonts baptismaux, par l’onction de l’Esprit Saint. Elle n’est connue que dans la plénitude de l’Église quand celle-ci se rassemble pour rencontrer le Seigneur et partager sa vie ressuscitée.

Partir, arriver…, c’est le commencement, la ligne de départ du sacrement, la condition nécessaire à sa puissance et à sa réalité transformante. La liturgie orthodoxe commence par la doxologie solennelle : « Béni soit le Royaume du Père, du Fils et de l’Esprit Saint, maintenant et à jamais, dans les siècles des siècles. » Dès le début, on proclame la destination : la route mène au Royaume. C’est là que nous allons, et pas symboliquement, mais réellement. Dans le langage de la Bible qui est le langage de l’Église, bénir le Royaume n’est pas simplement l’acclamer. C’est annoncer clairement qu’il est le but, le terme de tous nos désirs et intérêts, de toute notre vie, la valeur suprême et ultime de tout ce qui existe. Bénir c’est accepter dans l’amour et avancer vers ce qui est aimé et accepté.

Ainsi l’Église est l’assemblée, la réunion de ceux qui ont reçu la révélation du but ultime de toute vie, et qui l’ont acceptée. Cette acceptation s’exprime dans la réponse solennelle à la doxologie : Amen. C’est, en vérité, l’un des mots les plus importants du monde, car il exprime l’assentiment de 1’Église à suivre le Christ dans son ascension vers le Père, à faire de cette ascension la destinée de l’homme. C’est le don que nous a fait le Christ, car c’est seulement en lui que nous pouvons dire Amen à Dieu, ou plutôt c’est lui-même qui est notre Amen à Dieu, et l’Église est un Amen au Christ. C’est sur cet Amen que se joue la destinée de la race humaine. Il révèle que la marche vers Dieu est déjà commencée.

Mais nous n’en sommes encore qu’au début. Nous avons quitté « ce monde-ci ». Nous nous sommes rassemblés. Nous avons entendu la proclamation de notre destination ultime. Nous avons dit Amen à cette proclamation. Nous sommes l’ecclésia, la réponse à cet appel et à cet ordre. Et nous commençons avec des « prières et supplications », avec une louange communautaire et joyeuse.

Une fois de plus, il nous faut souligner le caractère joyeux du rassemblement eucharistique. Car l’insistance médiévale sur la croix, bien qu’elle ne soit pas erronée, ne présente cependant qu’un aspect. La liturgie, avant tout, est le rassemblement joyeux de ceux qui vont rencontrer le Seigneur ressuscité et entrer avec lui dans la chambre nuptiale. Et c’est cette joie de l’attente, et l’attente de cette joie qui s’expriment dans les chants et le rituel, les ornements et l’encensement, dans la « splendeur » de la liturgie qu’on a si souvent dénoncée comme sans nécessité, voire pécheresse.

Sans nécessité, certes, elle l’est, car nous sommes bien au-delà des catégories du « nécessaire ». La beauté n’est jamais « nécessaire », « fonctionnelle » ou « utile ». Et quand, dans l’attente de quelqu’un que nous aimons, nous mettons une très belle nappe sur la table, la décorons de bougies et de fleurs, nous faisons tout cela non point par nécessité mais par amour. Et l’Église est amour, attente et joie. Elle est le ciel sur terre, selon notre tradition orthodoxe. Elle est la joie de l’enfance recouvrée, cette joie libre, inconditionnelle et désintéressée qui est seule capable de transformer le monde. Dans notre piété adulte, sérieuse, nous demandons définitions et justifications et celles-ci sont enracinées dans la crainte. Crainte de la corruption, des déviations, des « influences païennes », etc. Mais « celui qui craint n’est pas consommé en amour » (I Jean 4, 18). Tant que les chrétiens aiment le Royaume de Dieu, et ne se contentent pas d’en discuter, ils le « re-présentent » et le signifient, dans l’art et la beauté. Et le célébrant du sacrement de la joie se présente revêtu d’une chasuble splendide, parce qu’il est nimbé de la gloire du Royaume, parce que, même dans une forme humaine, Dieu apparaît en gloire. Dans l’eucharistie, nous nous tenons debout en présence du Christ et, comme Moïse devant Dieu, nous sommes là pour être couverts par sa gloire. Le Christ lui-même portait une tunique sans couture que les soldats au pied de la croix n’ont pas déchirée. On ne l’avait pas achetée au marché, mais, selon toute vraisemblance, elle avait été tissée par les mains aimantes de quelqu’un.

 

Extrait du livre du père Alexandre Schmemann,
Pour la vie du monde,
Desclée, 1969.

no comments

25
avril

Du lien entre le père spirituel et le fidèle par l’obéissance selon saint Silouane

L’obéissance selon saint Silouane par le père Sophrony

Du lien entre le père spirituel et le fidèle par l’obéissance

Textes tirés des écrits de Saint Silouane

Archimandrite Sophrony : Starets Silouane, moine du Mont-Athos, éditions Présence.

Les prières d’un père spirituel ont une grande force. J’ai beaucoup souffert de la part des démons à cause de mon orgueil, mais le Seigneur m’a rendu humble et a eu pitié de moi grâce aux prières de mon père spirituel ; et, à présent, le Seigneur m’a révélé que le Saint-Esprit repose sur les pères spirituels, et c’est pourquoi j’ai un grand respect pour eux. Par leurs prières, nous recevons la grâce du Saint-Esprit et la joie dans le Seigneur qui nous aime et qui nous a donné tout ce qui est nécessaire pour le salut de nos âmes. (p 368)

Maintenant, je pense que si l’on ne se confesse pas à son père spirituel, il n’est pas possible d’échapper à l’illusion, car le Seigneur a donné aux pères spirituels le pouvoir de lier et de délier. (p 401)

Toute âme troublée par quelque chose doit interroger le Seigneur, et le Seigneur l’éclairera. Cela surtout dans le malheur et dans le trouble ; sinon il faut plutôt interroger son père spirituel, car cela est plus humble. (p 311)

Si le père spirituel n’a pas passé lui-même par l’expérience de la prière, interroge-le tout de même, et pour ton humilité le Seigneur aura pitié de toi et te gardera de toute erreur. (p 368)

L’obéissant s’est abandonné à la volonté divine, et c’est pourquoi lui sont donnés la liberté et le repos en Dieu, et il peut prier avec un esprit pur. (p 380) … Le vrai obéissant hait sa volonté propre et aime son père spirituel ; grâce à cela, il reçoit la possibilité de prier avec un esprit pur ; son âme contemple Dieu librement, sans pensées, et demeure paisible en Lui. Il atteint rapidement l’amour de Dieu grâce à son humilité et aux prières de son père spirituel. (p 381)

Dans l’esprit de l’obéissant, il n’y a que Dieu et la parole de son starets. (p 382)

Peut-être penseras-tu : comment tel évêque, père spirituel ou prêtre peut-il avoir le Saint Esprit, puisqu’il aime manger et a d’autres faiblesses ? Mais je te dirai : c’est possible, à condition qu’il n’accepte pas les mauvaises pensées ; de telle sorte que, bien qu’il ait quelques défauts, cela n’empêche pas la grâce de demeurer dans son âme, tout comme un arbre verdoyant peut avoir quelques branches sèches sans que cela ne lui nuise, et il porte des fruits; ou bien dans un champ où il y a beaucoup de blé, même s’il est mélangé à de l’ivraie, cela ne l’empêche pas de croître. (p 367)

Textes tirés des écrits du Père Sophrony

Dans les conditions de notre époque, l’exercice de la paternité spirituelle est une tâche surhumaine. (La prière, expérience de l’éternité, p 143)

Conformément au principe pastoral des Pères, aucun père spirituel ne doit commander à ses ouailles des actions qu’il n’a pas accomplies lui-même. Je ne pense pas que l’apôtre Paul ait été sous ce rapport moins sévère que les Pères. La réception de personnes qui traversent de pénibles épreuves ne peut être réglementée ou organisée arbitrairement ; on ne peut pas fixer certaines heures pour l’accueil des affligés, et d’autres pour ceux qui sont joyeux. Il s’ensuit que chaque pasteur doit être en tout temps en état de pleurer avec ceux qui pleurent et de se réjouir avec ceux qui sont dans la joie, d’être accablé avec ceux qui sont dans le désespoir et de conforter dans la foi ceux qui sont tentés. Mais ici aussi, comme dans toute notre vie, le Seigneur est notre premier exemple. (La prière, expérience de l’éternité, p 129)

Dans la plupart des cas, la réponse du père spirituel aura un caractère imparfait, voire relatif, non point parce que le confesseur serait privé de la grâce de la connaissance, mais parce que celui qui l’interroge n’a pas les forces d’accomplir un acte spirituel parfait. Dès lors, malgré le caractère relatif des indications données par le confesseur, celles-ci porteront toujours de bons fruits, pourvu qu’elles soient accueillies avec foi et fidèlement suivies. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 77)

Il estimait que l’humble voie de l’obéissance était, en général, la plus sûre de toutes. Il était fermement persuadé que, grâce à la foi de celui qui demande conseil, la réponse du père spirituel serait toujours bonne, profitable et agréable à Dieu. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 77)

Lorsqu’un maître spirituel ne rencontre aucune résistance de la part de son disciple, en réponse à la foi et à l’humilité de celui-ci, son âme s’ouvre facilement et, peut-être même complètement. Mais aussitôt qu’apparaît la moindre résistance au père spirituel, le fil de la pure tradition se rompt et l’âme du maître se referme. (Starets Silouane, moine du MontAthos, p82)

Le starets Silouane se taisait dès qu’il rencontrait la moindre opposition. Pourquoi ? D’une part parce que l’Esprit-Saint ne tolère ni violence ni discussion d’autre part, parce que la volonté de Dieu, c’est chose trop grande. La volonté de Dieu ne peut pas être contenue tout entière dans la parole du père spirituel, – laquelle comporte inévitablement un caractère de relativité, – ni trouver en elle son expression parfaitement adéquate. Seul celui qui accepte la parole de son père spirituel avec foi, croyant qu’elle est agréable à Dieu, sans la soumettre à son propre jugement, « sans raisonner », comme on dit souvent, seul celui-là a trouvé la vraie voie, car il croit réellement qu’ « à Dieu tout est possible » (Mt. 19 :26).
Telle est la voie de la foi, connue et sanctionnée par l’expérience millénaire de l’Église. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 78-79)

L’ascèse de l’obéissance est-elle indispensable non seulement par rapport â Dieu, mais encore par rapport à notre frère quand celui-ci nous demande quelque chose de possible et de non opposé à l’esprit des commandements du Christ. La crucifiante ascèse de l’obéissance au frère affine également en nous la capacité de percevoir plus profondément la volonté de Dieu. Et cela nous rend semblable au Fils Unique du Père ; l’esprit de l’homme devient capable d’assumer toute l’humanité, c’est à dire devient universel à la ressemblance de l’universalité divine du Christ. Sans cette culture de l’obéissance, l’homme restera inévitablement un « cercle clos », toujours misérable devant la face de l’Éternité. Quel que soit le degré d’éducation d’un homme, sans obéissance évangélique l’accès à son monde intérieur est solidement barré, et l’amour du Christ ne peut pas y pénétrer ni l’imprégner de sa présence. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 114)

En dehors de la culture chrétienne de l’obéissance la théologie véritable demeure inaccessible en ses ultimes profondeurs. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 114)

Un débutant a besoin d’un guide spirituel, parce qu’avant la venue de la grâce du Saint-Esprit, l’âme doit soutenir un grand combat avec les ennemis et ne peut pas encore reconnaître quand c’est l’Ennemi qui lui apporte sa douceur. Seul peut le discerner celui qui a personnellement goûté à la grâce du Saint-Esprit. Qui a goûté au Saint-Esprit distingue la grâce à son goût. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 274)

Celui qui veut mener une vie de prière sans avoir de guide et pense, dans son orgueil, qu’il peut s’instruire seul dans les livres sans s’adresser à un starets, a déjà à moitié succombé à l’illusion. Quant à l’homme humble, le Seigneur l’aidera. S’il ne trouve pas de maître expérimenté, il ira chez son père confesseur, quel qu’il soit, et à cause de son humilité le Seigneur le protégera. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 274)

En l’absence de vrais maîtres spirituels, il faut s’abandonner à la volonté de Dieu dans l’humilité ; alors, le Seigneur éclairera par sa grâce. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 267)

no comments

18
janvier

Père Marc Antoine – extrait

Textes choisis par Père Joël

Extrait de : Théologie de la sexualité
Père Marc Antoine Costa de Beauregard

Le sens de la distinction du masculin et du féminin

(hétérosexualité et homosexualité)

Distinction et Communion des Personnes (hypostases) et Union hypostatique.

Lire en ligne ou télécharger le pdf

no comments

18
janvier

Père Justin Popovich – extrait

Textes choisis par Père Joël

PERE JUSTIN POPOVITCH
Extraits de « Les voies de la connaissance de Dieu » – éditeur l’Age d’Homme, 1998.

Résumé de l’ouvrage sur le site Orthodoxie

Mort et vie de la personne

Lire en ligne ou Télécharger le pdf

no comments

13
janvier

Extraits des « Cent chapitres spirituels »

PHILOCALIE DES PERES NEPTIQUES – EXTRAIT
Du bienheureux Diadoque, évêque de Photicé, au Vème siècle
Petite ville d’Epire, en Grèce continentale.
Extraits des « Cent chapitres spirituels »

9-La sagesse et la connaissance sont une grâce de l’unique Saint Esprit, comme toutes les grâces divines. Mais elles ont leur énergie propre, comme chacune d’entre elles. C’est pourquoi l’apôtre témoigne qu’à l’un est donnée la sagesse, à un autre la connaissance, selon le même Esprit. Car la connaissance, par l’expérience, unit l’âme à Dieu, sans porter l’âme à parler des choses. C’est aussi pourquoi certains de ceux qui mènent dans la philosophie la vie solitaire sont, de manière sensible, illuminés par la connaissance, mais n’en viennent pas à parler de Dieu. Quant à la sagesse, si dans la crainte elle est donnée à quelqu’un avec la connaissance (ce qui est rare), elle manifeste dans l’amour les énergies mêmes de la connaissance. Car la connaissance a coutume d’illuminer par l’énergie, et la sagesse par la parole. Mais la connaissance vient par la prière et beaucoup d’hésychia, dans un détachement total. La sagesse, elle, vient par l’humble méditation des paroles de l’Esprit, et d’abord par la grâce du Dieu qui donne.

10-Quand l’ardeur de l’âme se porte contre les passions, il faut savoir que le moment est au silence car c’est l’heure de la lutte. Mais quand on voit ce bouleversement se calmer par la prière ou par la compassion, qu’on se laisse aller à l’ardent désir de parler (au désir des paroles divines), en assurant les ailes de l’intelligence par le lien de l’humilité. Car si l’on ne s’est pas profondément abaissé soi-même en se considérant comme rien, on ne peut pas parler de la grandeur de Dieu.

11-La parole spirituelle maintient toujours l’âme hors de la vaine gloire. Par le bien dont elle comble toutes les parties de l’âme en lui donnant de sentir la lumière, elle fait que l’âme n’a pas besoin de l’honneur qui vient des hommes. C’est pourquoi aussi elle garde toujours la pensée hors de toute imagination, en la transformant toute entière en amour de Dieu. Mais la parole de la sagesse du monde incite toujours l’homme à l’amour de la vaine gloire. Car, incapable de faire du bien par l’expérience de la perception de Dieu, elle accorde à ses tenants l’amour des louanges, dès lors qu’elle est exprimée par des hommes vaniteux. Quant à cette disposition qui nous porte vers la parole divine, nous la reconnaîtrons infailliblement à ceci, que, dans un silence détaché, nous passons à nous souvenir de Dieu avec ferveur les heures où nous ne parlons pas.

12-Celui qui se chérit lui-même ne peut pas aimer Dieu. Mais celui qui ne se chérit pas lui-même à cause de la plus grande richesse de l’amour de Dieu, celui-là aime Dieu. C’est pourquoi un tel homme ne cherche jamais sa propre gloire, mais celle de Dieu…/…

13-je sais quelqu’un qui aime tellement Dieu et qui pleure tellement de na pas l’aimer comme il voudrait, que son âme est sans cesse prise d’un désir ardent de voir Dieu glorifié en lui et d’être lui-même comme s’il n’était pas…/…

14-celui qui aime Dieu jusqu’à le sentir dans son cœur, celui-là a été connu de lui. Autant, en effet, l’on reçoit et l’on sent dans l’âme l’amour de Dieu, autant on pénètre dans cet amour. C’est pourquoi un tel homme ne cessera pas désormais, dans un désir-un éros-violent, d’être tendu vers l’illumination de la connaissance, jusqu’à ce qu’il la sente en lui quand aura été épuisée la force même de ses os : alors il ne se connaît plus lui-même, mais il est tout entier transformé par l’amour de Dieu.

15-lorsqu’on commence à sentir pleinement l’amour de Dieu, alors on commence, par le sens de l’Esprit, à aimer aussi le prochain …/…car dans la douceur de Dieu, elle (l’âme dans laquelle Dieu agit) consume totalement l’amertume de la discorde.

 

no comments

21
octobre

Les Saints de la paroisse

Les saints de la paroisse et leur vie: extraits de textes.

Icône d’Andrei Rublev

29 septembre: Archange saint Michel - Extrait de « Les évangiles des dimanches et fêtes de l’année, par l’abbé Delaunay »
La sainte solennité de saint Michel , archange , se prend dans le sens d’apparition, dédication ,victoire et mémoire. Les apparitions de cet archange sont nombreuses : la première fois, c’est quand il apparut au mont Gargan : c’est une montagne de la Pouille qui est ainsi nommée, et qui est près de la ville qui s’appelle Siponte. En l’an de Notre-Seigneur trois cent quatre -vingt-dix, il y avait dans cette ville de Siponte un homme nommé Gargan, qui , selon quelques livres, avait pris le nom de la montagne , ou bien cette montagne avait emprunté son nom. Il était très-riche, possédant une grande multitude de brebis et de bœufs ; et comme ils paissaient le long des côtés de cette montagne, il arriva qu’un taureau laissa le reste du troupeau et monta au sommet de la montagne, et ne revint point à l’étable avec les autres bêtes. Et alors le propriétaire prit avec lui une grande quantité de serviteurs, et il le fit chercher partout, et enfin on le trouva au plus haut de la montagne, près de l’entrée d’une caverne. Le propriétaire fut irrité contre le taureau de ce qu’il s’était ainsi enfui, et il lança contre lui une flèche empoisonnée; mais aussitôt, la flèche revint comme poussée par le vent, et elle frappa celui qui l’avait décochée. Les habitants de la ville furent troublés par cet événement, et ils allèrent vers l’évêque, et ils lui demandèrent ce qu’il fallait faire dans une circonstance si extraordinaire , et il enjoignit de jeûner pendant trois jours et de prier Dieu ; et quand tout cela fut fait, saint Michel apparut a l’évêque, disant : « Sache qu’un tel a été frappé de son dard par ma volonté. Je suis Michel, archange; je veux honorer ce lieu sur la terre et le garder, et c’est pour cela que j’ai voulu montrer que j’étais le vigilant gardien de ce lieu. » Alors l’évêque et les habitants de la ville allèrent sans différer en procession à cet endroit; et ils n’osèrent entrer dans la caverne , mais ils se mirent en oraison devant l’entrée.
Lien vers l’ouvrage

et les Anges et archanges en orthodoxie

21 octobre:
Saint Hilarion, père du désert du IVe siècle – Extrait de « Les vies des saints pères des déserts, et de quelques saintes Par Arnauld d’Andilly ».
Saint Hilarion ayant passé quelque temps auprès de saint Antoine , se retire à l’age de quinze ans dans un Désert de la Palestine….
Lien vers l’ouvrage
La vie de Saint Hilarion sur le site de l’Abbaye Saint Benoit

Saint Agathon, solitaire et abbé en Egypte. 4. Siècles. – Extrait de « Les Vies des S.S. Pères des déserts et saintes solitaires d’Orient …, Volume 1 Par Joseph François Bourgoing de Villefore (en vieux français) »
Il paraît que S. Agathon vécut d’abord dans le Désert de Scete, où il fut un modèle de discrétion et de sagesse : car quelque pénibles que fussent les travaux corporels qu’il s’était prescrit, et quelque rude que fût son abstinence, on n’y remarquait rien qu’on pût appeler un excès inimitable; et jusques dans sa manière de se vêtir, on ne pouvait lui reprocher que ses habits fussent ni trop méchants ni trop bons. C’est un grand témoignage de la prudente vertu d’un Saint, lorsqu’on ne voit rien dans sa conduite qui soit capable, ou de scandaliser la ferveur, ou d’effrayer la lâcheté.
Lien vers l’ouvrage

Saint Poémen, père du désert du IVe siècle – Extrait de « Vie des SS. Pères des déserts d’Orient et d’Occident, Volume 2 Par Joseph François Bourgoing de Villefore ».
Celui qui enseigne les autres , disait le Saint Abbé Poémen, et ne fait rien de ce qu’il leur dit, ressemble à une grande fontaine où chacun se lave et se désaltère, mais qui faisant du-bien aux autres, ne s’en peut faire à elle même , ni se purifier de la bourbe et  des autres ordures qui s’y amassent.
Lien vers l’ouvrage

10 novembre: Saint Georges du Puy en Velay, évêque du Puy, début du VIème siècle.  « Le diocèse du Puy-en-Velay des origines à nos jours Par Pierre Cubizolles ».  Lien vers l’ouvrage

no comments

15
octobre

Nos chers évêques

Voici de gauche à droite: Mgr Timothée, Mgr Silouane, le Métropolite Joseph, Mgr Marc:

 

no comments

Retour en haut de page