17
mars

Bien vivre le lien entre la Confession et la Communion

L’étude ici est pour comprendre pourquoi la confession est nécessaire malgré le fait que le prêtre dit avant de communier: un tel…communie pour la rémission des péchés, la guérison de l’âme et du corps et la vie éternelle.

Nous vivons, nous prions et nous « théologisons » dans un monde où notre foi chrétienne vit pourtant un divorce : entre la vie dans le monde et l’Eglise, entre la culture chrétienne et la société. Ceci est accepté comme une idée évidente par elle-même, mais il est important pour nous d’essayer de comprendre cette expérience de « grand écart » qui nous met dans « une situation schizophrénique ».

« Il y a un type de théologie qui cherche un langage commun avec le monde, et elle fait ceci en adoptant un discours qui dit que c’est le monde qui détermine les préoccupations de l’Église. Une théologie à la recherche désespérée d’un langage commun avec le monde, une théologie qui trouve ce langage dans le discours du monde même.

Il y a une autre tendance : le triomphe de la thérapie. Nous développons une théologie thérapeutique, parce que notre monde est thérapeutique. Nous essayons toujours d’aider les gens. Le patient dans un hôpital cosmique, constamment en traitement avec néanmoins une promesse de guérison totale et d’immortalité. Ici le mot « spiritualité » est prononcé plus souvent que le nom de Jésus Christ. » Père Alexandre Schmémann.- Liturgie et Eschatologie.

« Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son fils unique » (Jn 3, 16) telle est la clé pour dépasser la dualité que nous venons de décrire.

Dieu n’a pas donné un « communisme chrétien », ni une thérapie, mais SON FILS, et ceci implique quelle est « la fin » de l’Eglise.

« Pourquoi les deux premières approches se sont elles exclues mutuellement ? Voilà notre problème. Que s’est-il passé dans l’histoire de l’Église, dans l’esprit chrétien, qui nous a conduits aujourd’hui à cette exclusion réciproque, à cette polarisation, non seulement en théologie comme telle mais dans la vision du monde lui-même ? La réponse se trouve dans l’abandon, à un moment très tôt dans l’histoire de la chrétienté, de la dimension et du fondement eschatologiques de la foi chrétienne. » Père Alexandre Schmémann.

L’eschatologie n’est pas seulement la compréhension du monde à venir, mais c’est la dynamique interne de l’Eglise et des sacrements, comme le cœur qui pulse dans le corps de l’homme. Qu’est ce qui fait que le cœur bat : le sang qui passe dedans ou la vie de l’âme qui fait que le muscle se met à battre ? De même, l’eschatologie est cette pulsion mystérieuse dans l’Eglise et ses sacrements.

« Au fur et à mesure de l’histoire, les théologiens ont oublié la fonction absolument unique du culte chrétien qui englobe « toute spéculation théologique », et si cela devient une « spéculation » c’est qu’il y a un début d’erreur. La théologie en est ainsi venu à définir finalement les sacrements comme rien de plus que des « canaux de la grâce », et la théologie sécularisée moderne les a transformés maintenant en des « canaux d’assistance ». Mais dans leur réalité, les sacrements doivent être considérés comme le centre même (la pulsion cachée) de la compréhension et de l’expérience eschatologique de l’Église. Toute la Liturgie doit être considérée comme le sacrement du Royaume de Dieu ; il faut voir l’Église comme la présence et la communication du Royaume à venir. » Père Alexandre Schmémann.

Le Crédo exprime la vie, la manifestation de cette « pulsion » : « Mais lorsque la plénitude des temps fut venue, Tu nous as parlé par ton propre Fils, » canon de saint Basile. Mais en Occident, d’autre part, une fois que la dimension eschatologique des sacrements fut oubliée, il s’y développa un accent permanent sur la notion de Présence réelle. Ceci est très important pour la valeur de notre préparation à la communion, car l’Occident en établissant une différence très nette entre le symbole et la réalité, est devenu obsédé par des questions sur la causalité et le moment précis de la consécration et de ce fait la réalité de la préparation.

La célébration eucharistique n’est pas une chose célébrée par le clergé pour le bien des laïcs qui « assistent ». C’est plutôt l’ascension de l’Église à la place où elle doit être, non pas « au ciel », mais « le ciel sur la terre ». Ainsi c’est son retour dans ce monde : son retour avec puissance pour prêcher le Royaume de Dieu à la façon dont il fut prêché par le Christ lui-même.

« Voici, je fais toutes choses nouvelles » (Ap 21, 5). Notez que le Christ ne dit pas : « Je crée de nouvelles choses », mais « toutes choses nouvelles ». Telle est la vision eschatologique qui devrait marquer notre célébration eucharistique le Jour du Seigneur.

« De nos jours, nous considérons le Jour du Seigneur comme le septième jour, le Sabbat. Pour les Pères, c’était le huitième jour, le premier jour de la création nouvelle, le jour où l’Église ne se souvient pas seulement du passé, mais elle se souvient du futur, elle entre véritablement dans le futur, le dernier et grand jour.

Il ne faut pas davantage de piété liturgique. Au contraire, un des plus grands ennemis de la Liturgie est la piété liturgique. Nous ne pouvons pas considérer la Liturgie comme une expérience esthétique, ni comme un traitement thérapeutique. Sa seule et unique fonction est de nous révéler le Royaume de Dieu. C’est cela que nous commémorons éternellement. » Père Alexandre Schmémann. – Liturgie et Eschatologie.

Encore une fois, tout ceci est très important pour une juste préparation à la Divine Communion.

Luc 14

21 Le serviteur, de retour, rapporta ces choses à son maître. Alors le maître de la maison irrité dit à son serviteur : Va promptement dans les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux.

22 Le serviteur dit : Maître, ce que tu as ordonné a été fait, et il y a encore de la place.

23 Et le maître dit au serviteur: Va dans les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras, contrains–les d’entrer, afin que ma maison soit remplie.

24 Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon souper.

Nous sommes maintenant face à la double exigence d’être invité au banquet et donc de manger ce qui est offert, et de bien se préparer ; les deux attitudes qui feront honneur au maitre de banquet. Tout le premier développement faisait référence au fait d’être invité au banquet et de ce fait de manger aussi.

Voici maintenant concernant le fait de se préparer et nous pensons tout de suite au sacrement de la confession.

Le but de la confession n’est pas de « se mettre en règle » avec l’Eglise, ni envers notre conscience: par exemple, je me suis confessé et j’ai reçu l’absolution donc je suis préparé et pur pour recevoir la communion!!!… non, le but de la confession c’est le repentir et exclusivement le repentir. Une confession avec l’absolution sans le repentir, c’est une confession où il n’y a que la moitié du travail qui a été fait. Le repentir vient avec l’éveil de la conscience, mais pas la conscience de ce que je dois faire dans l’Eglise, (car ici nous risquons les deux schémas d’une morale pour le monde ou d’une thérapie pour le quotidien, dont nous avons parlé au début) mais l’éveil dans la conscience que quelque chose me manque; ce quelque chose qui est la perception de Dieu dans ma vie, c’est à dire qu’il est l’essence de ma vie, le moteur et le but de ma vie, la perception de cette «pulsion », « le fil rouge » de ma vie dans le temps eschatologique dont nous avons aussi parlé au début.  Et c’est cela que j’ai perdu, et le fait de l’avoir perdu me bouleverse; doit me bouleverser et là commence le repentir, alors la confession devient un acte en vérité qui me change parce que tout cela m’a impliqué et me met en mouvement. Mais attention à notre ferveur :

« Toutes nos requêtes sont comprises dans « Seigneur Jésus Christ, aie pitié de moi, pécheur. » nous ne devons pas encombrer notre prière de demandes, car derrière nos paroles et nos mobiles, même s’ils sont spirituels, se cache notre égo. L’égo de l’homme est tellement enfoui dans ses profondeurs, qu’il se tapit aussi derrière les choses les plus sacrées…/… Lorsque nous demandons, nous demandons pour nous-mêmes. Nous ne le comprenons pas, parce que nous cachons notre requête derrière le plan de Dieu, et nous pensons servir Dieu, agir pour lui. En réalité quand l’homme cessera d’attendre quelque de Dieu, même si c’est quelque chose de spirituel, et qu’il s’abandonnera à sa miséricorde, alors la Grâce viendra.» Archimandrite Aimilianos – le culte divin.

« Ainsi l’affliction devant Dieu est un mode de vie. Elle purifie l’intellect, nettoie l’âme –(de ses illusions)- et la rend capable de recevoir les consolations divines. » Métropolite Hiérothéos de Nafpaktos. – Science thérapeutique des Pères de l’Eglise.

Et si nous nous disons « je n’ai rien à dire, je ne vois pas » c’est au moins cette ignorance-anesthésie qu’il faut confesser.

Enfin, ce n’est pas non plus le moment de transformer le sacrement en « décharge émotionnelle », le prêtre n’est pas là pour ça, il est aussi un homme pécheur et il n’est pas là pour être chargé d’émotions, mais il est témoin du repentir de son frère devant Dieu.

Père Joël

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19
janvier

De la Qualité de notre Foi dans le monde d’aujourd’hui…?!

EVANGILE  Les dix lépreux : Luc 17, 12-19 

En ce temps-là, comme Jésus entrait dans un village, dix hommes lépreux vinrent à sa rencontre. Se tenant à distance, ils élevèrent la voix, et dirent : « Jésus, Maître, fais-nous miséricorde! » Jésus les vit et leur dit : « Allez, vous montrer aux prêtres ». Et il advint, pendant qu’ils y allaient, qu’ils furent purifiés. L’un d’entre eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas en glorifiant Dieu à haute voix. Il se jeta aux pieds de Jésus, le visage contre terre, et lui rendit grâce. Cet homme était Samaritain. Répondant, Jésus dit alors : « Les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf, où sont-ils ? Il ne s’est trouvé, pour revenir rendre gloire à Dieu, que cet étranger ? »  Et Jésus lui dit : « Lève-toi ! Va ! Ta foi t’a sauvé ».

HOMELIE  par le père Marc-Antoine Costa de Beauregard – doyen pour la France

Homélie. « Les neuf autres, où sont-ils ? » – c’est avec cette parole que Jésus aujourd’hui nous provoque, peu de temps après avoir fondé parmi les hommes le saint et grand mystère du baptême dans l’Esprit. « Les dix n’ont-ils pas été purifiés ? », n’ont-ils pas été baptisés et lavés par le Christ de l’impureté de leur âme et de leur corps, guéris de la lèpre de l’ignorance de Dieu, rendus à une peau d’enfant par la jouvence de l’Esprit ? Dix pour cent – un dixième – des baptisés, des chrétiens, un fils né de l’Esprit sur dix, revient vers celui qui l’a fait naître de l’eau et de l’Esprit, qui a fait de lui un fils de Dieu, un « engendré de Dieu », selon saint Jean en son prologue : statistique alarmante… Que sont devenus tous ces bébés, ces enfants, ces jeunes, ces adultes qui ont été baptisés dans nos églises paroissiales ? Que font-ils, le dimanche, ou n’importe quel jour de la semaine, alors que le Seigneur Jésus les attend ? Qu’ont-ils trouvé, quelle émission, quel match, quelle réunion sans Dieu, quelle distraction, quel club, quel sport, plus captivants que le Seigneur ? Comment, dans leur coeur purifié par la grâce, l’action de grâce n’a-t-elle pas germé ? Faut-il vraiment dire « dis merci au bon Dieu ! » comme on dit « dis merci à la dame »? Il est beau d’une beauté charismatique, celui-là, le N°10 : il est conscient de l’œuvre de Dieu en lui, il revient sur ses pas, il glorifie Dieu « à haute voix » – que tout le monde le sache ! ; il se jette aux pieds de Jésus, le visage contre terre, et il lui rend grâce. Ce qui est normal est extraordinaire.

La dîme de l’humanité, la dîme de l’Église, fait notre admiration après avoir fait celle du Seigneur. Statistiquement, il paraît que c’est un bon chiffre ! Dix pour cent des chrétiens sont conscients, vont vers le Christ et le remercient ! Un bon chiffre, 10, « par égard pour 10 justes, Je ne détruirai pas la ville », dit Dieu à Abraham (Gen 18, 32). Mais alors, pour un juste ? Pour une brebis sur 100 ? Ainsi en est-il dans l’histoire du monde, comme on le voit par Abraham, par Noé et par tant d’autres. Pour un juste, Dieu fait miséricorde à sa création. Le N°10 est le N°1, il est le chef, le principe du Salut.

Par un homme la souffrance et la mort sont entrées dans le monde ; par un juste, un saint, un enfant qui prie dans le secret de sa chambre, une femme qui dit son chapelet dans le métro, une prière monte vers Dieu comme un encens d’agréable odeur. Le parfum de l’action de grâce s’élève devant le trône céleste. La gratitude de l’homme fait le bonheur de Dieu. Pourquoi ? – Parce que celui qui rend grâce, qui remercie, qui chante la louange, qui célèbre, qui exulte, non seulement s’apparente aux chérubins et aux séraphins, mais il s’apparente à la Mère de Dieu, magnifiée au-dessus de toute hiérarchie humaine et angélique ; il approche de l’autel d’en Haut, et en lui le Père se reconnaît et se complait : Celui-ci est mon fils bien-aimé, mon unique ! Dieu aime ce ou celui, ou celle, qui est unique.

Dieu qui est unique cherche l’homme unique, la personne à son image et à sa ressemblance. Bien souvent dans le saint Évangile, nous voyons le Seigneur tourner son regard vers la personne unique : la Samaritaine, la Cananéenne, Zachée, la veuve de Naïm, la brebis N°1. Le Seigneur chérit l’homme au cœur profond, celui avec lequel Il peut avoir un dialogue, une amitié, une alliance. Celui ou celle qui rend grâce est coopérateur de l’œuvre du Maître ; la gratitude est synergie ; or le Seigneur cherche des collaborateurs, alors qu’Il est sans besoin, qu’Il peut tout susciter de rien. La joie de la Divinité c’est être ensemble. Dieu – Père, Fils et saint Esprit – est « ensemble » ; et, par le banquet de son amour, par l’appel, le « suis-moi » qu’Il nous adresse, Il veut être ensemble, pas seulement au milieu de nous, mais avec nous. Ainsi, ne jugeons pas « les neuf autres » ; émerveillons-nous de l’unique, et comprenons que là est notre vocation, à chacun, d’être celui que Dieu unique couronne en lui disant : « tu es mon unique !» Amen !

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13
janvier

De la divinité du Christ « utilisée » pour notre égo

chers amis et amies, frères et soeurs en Christ, aujourd’hui l’homme en mal de sa vraie nature restaurée en Christ, s’invente d’autres systèmes copiés à partir de sagesses anciennes, et souvent ces systèmes valorisent l’égo, ce qui est en contradiction avec un des thèmes par excellence dans la Tradition Orthodoxe, le renoncement à la volonté propre.  C’est le péché de vouloir prendre les énergies divines pour servir la gloire de l’homme, ou bien le péché de confondre entre les énergies créées et les énergies incréées.

ici, l’exemple est donné par la possibilité de tirer une « certaine sagesse »  à partir de la tradition hébraïque, la kabbale et l’Arbre des Séphiroths.

ouverture du thème par ce lien: Vous avez intitulé votre livre

mais voici ce que saint Irénée de Lyon face à un tel système:

SAINT IRENEE DE LYON -livre III

SAINT IRENEE DE LYON -livre V

après cela nous comprenons que « notre aide » est dans le Christ vrai Homme et vrai Dieu,et ce, dès notre création, et non dans l’approfondissement et l’accession à mes désirs, sous prétexte que mon « Je » est à l’image et à la ressemblance de Dieu. Le sens de ma vie spirituelle est dans ma « vie cachée en Christ », c’est à dire « l’amitié » du Christ qui m’accompagne et me transforme d’une manière cachée par rapport à l’égo de mon âme, qui elle, dans son ignorance ou ses illusions, se croit abandonnée. Saint Nicolas Cabasilas nous enseigne cette intimité, fondement dans notre création.

de Saint Nicolas Cabasilas (1322-1391):

« Les hommes fervents ordonnent leur vie à Dieu car Il est source de leur bonheur et les secourt dans leur conduite. Ils regardent Dieu comme l’unique objet de leur amour et L’aiment uniquement pour Lui-même.

Nous aimons notre âme parce qu’elle est ce qu’il y a de plus intime en nous. Souvenons-nous que notre âme appartient au Sauveur. Il nous est plus intime encore à nous-mêmes que ce qui nous est le plus intime. Ceux qui méditent ceci tout au long de leur vie le savent. À cause de Lui, notre âme et notre vie nous sont chères et précieuses. Qui n’est soucieux que de lui-même souffre toutes sortes de conflits, car en dehors de Dieu, il ne peut pas trouver de sérénité.

Notre amour serait imparfait si nous aimions quoi que ce soit en dehors de Lui. Partageant ainsi notre amour, nous irions à l’encontre de Sa loi, où il est dit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir (Dt 6, 5 ; Mc 12, 30). Oui, ceux qui vivent en Christ reportent tout leur amour sur Lui. Ils n’en gardent aucune part ni pour les autres ni pour eux-mêmes. Dans ce dessein, ils fuient loin d’eux-mêmes et de tous car partout, ce qui unit, c’est l’amour. Ainsi s’étant transportés d’eux-mêmes vers Dieu, ils vivent pour Dieu seul. C’est Lui qu’ils aiment. En Lui seul ils trouvent la joie véritable…

Ceux qui vivent pour eux-mêmes, tout en recevant quelque joie de vrais biens, se rendent incapables de récolter une joie sans mélange. Pendant qu’ils se réjouissent de ces biens, certains maux, visibles ou non, leur causent des ennuis. En revanche, ceux qui remettent à Dieu leur existence jouissent d’un plaisir absolu et fuient toute tristesse. Ils ont bien des sujets de se réjouir et rien ne les afflige, car rien n’est déplaisant auprès de Dieu, en qui ils vivent. Ils ne pensent même pas que, parmi les événements présents, certains pourraient leur causer de la douleur. L’amour parfait ne leur permet pas de rechercher leur propre intérêt (1 Co 13, 5). Au contraire, ils aiment, parce que Celui qu’ils chérissent est bienheureux et ils sont enflammés de cette passion qui surpasse la raison et la nature.

Ceux qui ne trouvent qu’en eux-mêmes leur joie, savent raisonnablement qu’elle les plonge dans l’arrogance. Ils se préoccupent tellement de leur propre personne, qu’une grande part de leur plaisir est détruite. Les saints, eux, ne sont pas inquiets, car ils ne concentrent pas leurs pensées sur eux. Ils placent leur puissance en Dieu. Leur gloire et leur joie sont en Lui ! Leur plaisir ne reste pas seulement humain, comme c’est le cas de la plupart des hommes : il est surnaturel et divin ! C’est un peu comme un homme qui échangerait une mauvaise maison contre une autre en bon état. D’avance, il éprouverait plus de plaisir pour la seconde que pour la première. Il en est de même quand on se défait pour gagner Dieu, non seulement de son corps et de sa maison, mais encore de soi-même, Dieu prend la place du corps, de l’âme, de la famille, des amis, de tout ce que l’on possède. De la sorte, la joie surpasse tout plaisir humain et nous recevons la joie propre à la béatitude divine et qui convient à une telle transformation.

C’est pour l’Homme Nouveau que la nature de l’homme a été constituée, par ce qui a été aux origines; et l’esprit et le désir ont été construits pour lui. Et nous avons reçu la pensée pour connaître le Christ, le désir pour courir vers Lui, et nous avons la mémoire pour le porter, puisque c’est LUI qui était l’Archétype pour ceux qu’il a créés. La création dès les origines de l’homme modelé pour LUI (le Christ) à l’image de Dieu, (a eu lieu) pour qu’il fut un jour capable de  contenir l’archétype (LE CHRIST); et la loi que Dieu lui a donné au paradis (est) pour LUI (le christ).   » saint Nicolas Cabasilas

que Dieu si patient nous vienne en aide. amen.

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24
décembre

LETTRE PASTORALE DE LA NATIVITE 2016 – METROPOLITE JOSEPH

Ci-joint en lien, la lettre pastorale de notre Métropolite Joseph pour la fête de la Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ.

en Français et en Roumain.

pour le texte en PDF cliquez sur les liens:

9 002 2016 PASTORALE POUR LA NATIVITE DU SEIGNEUR FR 2016

9 002 2016 PASTORALA NASTEREA DOMNULUI RO 2016

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7
février

Pour une application de : Génèse 4 / 6-7 ( l’épreuve de Caïn )

4 causes dans la lutte que nous font les pensées

Aie pitié de moi, ô Dieu, selon Ta grande
miséricorde, et dans Ton immense compassion,
efface mon péché.
Lave-moi de plus en plus de mon iniquité, et de
mon péché purifie-moi.
Car je connais mon iniquité, et mon péché est
constamment devant moi.
Contre Toi seul, j’ai péché, et j’ai fait le mal sous
Tes yeux.
Ainsi, tu seras trouvé juste en tes paroles, et tu
seras sans reproche dans ton jugement.

Avant toutes choses, nous devons être clairs sur le fait que tout ce qui suit ce vit devant Dieu et que nous sommes pécheurs et pas seulement une étude de nous-mêmes comme si nous voulions acquérir de la sagesse pour résoudre nos problèmes.

4 causes engendrent dans l’Homme le mouvement des pensées :
La première est la volonté naturelle de « la chair », c’est-à-dire la vie naturelle prévue par Dieu pour l’âme et le noûs, qui est une « intelligence-intuition » différente de la capacité de raisonnement.
La seconde est l’imagination et l’impact des images et des pensées du monde en nous.
La troisième est la présomption ou illusion de croire que nous pouvons gérer les pensées, c’est-à-dire la rumination sur ce que le monde à impacté en notre âme et notre noûs.
La quatrième est l’attaque des démons qui nous suggèrent des pensées mauvaises et perverses.

Or, quand l’âme se met à vivre de la vie des 3 dernières causes, ce n’est plus là son état naturel.
Son état est de vivre de la communion à Dieu, de le louer, lui rendre grâce et d’offrir tout ce que nous pouvons créer de beau, de vraie et juste.
Si le cœur ( et nous comprendrons à la fin que ce n’est pas l’organe émotionnel) ne s’est pas appliqué à la connaissance de Dieu et de sa Révélation, il ne peut tenir face à l’impact de la seconde, troisième et quatrième causes.
Bombardé par les 3 causes, le cœur (lieu de la tension intérieure dans la souvenir de Dieu) ne médite plus les Mystères de Dieu, mais se retrouve envahit par une intelligence sans Dieu et une âme boulimique.
Une intelligence-noûs qui s’est transformée en imagination, rumination et asservissement impur.
L’intelligence peut devenir cela parce qu’elle a perdu la crainte de Dieu et parce que l’âme a perdu « l’ivresse » de la foi.

Alors le noûs et l’âme sont prisonniers de la maladie de la sensation.
La sensation d’autonomie au niveau du noûs, manifesté par la contradiction et la désobéissance.
La sensation de l’âme par l’imagination, l’exaltation.

Dans cet état d’existence il y a trois strates en nous :
« Je », ce que je suis réellement dans la vision de Dieu, qui je suis.
« Nous », ce que la culture, la famille, les études ont fait de moi.
« Légion », autant d’âme qu’il y a en moi de pensées, de sensations, de perceptions.
Alors, la question est : qui vit, qui prie, qui dit avoir la foi ? Qu’elle maladie de l’âme est le moteur de ma vie ? Mais poser cette question, cela ne doit pas être pour résoudre la maladie, car le malin va exalter notre raisonnement pour que nous travaillions seul et que nous n’invoquions pas l’aide du Seigneur, mais poser ces genres de questions est pour travailler à la distinction entre « je », « nous » et « légion », et c’est à cause ou grâce à cette distinction que nous ne nous retrouverons plus à dire lors de la confession : je ne sais pas quoi dire.

Saint Isaac le syrien, dans ses écrits « œuvres spirituelles », nous prévient concernant la sagesse du monde : « l’enseignement de la sagesse du monde, lequel dit mais ne fait pas, est comme un peintre qui dessine de l’eau sur les murs mais ne peut y étancher sa soif ».
Saint Jean Climaque dans « l’échelle sainte » nous dit :
« Celui qui souffre d’une maladie de l’âme et veut embrasser l’hésychia ressemble à un homme qui saute d’un bateau en pleine mer et s’imagine pouvoir revenir au rivage »
« Celui qui ne connaît pas encore Dieu n’est pas qualifié pour l’hésychia et s’expose à de nombreux dangers et perdent leur temps dans de multiples captivités et divagations. »

Nous commençons à parler un peu de l’intelligence-noûs déchue et comment elle affecte le cœur. Le cœur pollué désoriente et intensifie les passions de l’âme et les passions de l’âme pervertissent le noûs…la boucle est bouclée !
Par exemple un danger de l’intelligence-noûs déchue qui affecte notre relation à nous-même et envers les autres : nous croyons que nous acquérons la connaissance de notre monde intérieur avec notre raisonnement ou des méthodes analytiques, (alors que la vraie connaissance commence par la vigilance sur les pensées et la sobriété dans les sensations, par la confession et le repentir) or souvent, cherchant dans les méandres de l’âme par le raisonnement et la lutte, là où il n’y a ni compassion, ni amour, ni offrande de nous-mêmes, le regard « séparateur » que nous voulons appliquer sur toutes choses en nous, se transforme immanquablement en regard de jugement sur le frère, vu que nous voulons décrypter ses manquements quelconques.
Autre danger, ici à cause de la désunion entre l’intelligence-noûs et l’âme :
Pour les chrétiens encore dans toutes sortes d’illusions, de perceptions, qui semblent autant véridiques que l’Homme est amalgamé à tout cela : la religion devient un domaine exclusivement personnel au même titre que tout le reste, ainsi on arrive à une multiplicité de consciences : conscience religieuse, mystique, familiale, civique, etc…, ou bien : l’homme naturel est sans Grâce, et la Grâce est surnaturelle, alors si il n’y a pas de sensations, il n’y a pas de Grâce Divine, ni de présence Divine.
Monseigneur Jean de saint-Denis de bienheureuse mémoire disait : « on sent Dieu quand on ne sent rien ; toute sensation est relative à quelque chose d’inférieur. »

Nous nous rendons compte qu’avec les 3 causes des pensées et les 3 strates en nous, l’Homme vit en général à la périphérie de ce qu’il est vraiment, de qui il est vraiment. Il passe son temps à donner l’absolu à des strates qui sont réelles mais non essentielles et ni vitales pour la vraie vie de l’âme, du noûs, et du cœur.
Or, avec quoi pouvons nous nous surveiller nous-mêmes, si ce n’est avec ce qui est prévu pour, c’est-à-dire le noûs ?!, pour cela il ne doit pas être éparpillé, ni illusionné, ni perverti.
C’est justement le noûs que le malin va attaquer le premier, parce qu’il sait que sa chute va entrainer tout le reste de l’Homme.
Aussi, si il y a au moins une perception à avoir en nous, c’est celle de notre noûs et de ces instruments : stabilité (contrairement à l’âme), bon sens, vivacité.
Nous voyons qu’il y a deux lieux de combat : en l’âme et pour le noûs.
Si nous disons « avoir » la foi, c’est un sentiment religieux de l’âme, au lieu de dire d’ »être » dans le Mystère de la foi. La foi qui est vie dynamique dans et par les Mystères Divins.
Saint Isaac le syrien : « Tant que l’âme n’a pas découvert l’ivresse de la foi, tant qu’elle n’en a pas perçu la puissance, elle ne peut ni guérir la maladie des sensations, ni dominer la matière visible qui lui bouche les choses du dedans. Elle ne sent pas ce qui en esprit (ici le noûs) naît de la liberté.(le travail de distinction pour la confession) »

L’âme par l’obéissance, l’ascèse, la sobriété, permet que la foi puisse éclore devant le noûs, c’est ainsi un don de l’Esprit-Saint, comme le buisson ardent devant Moïse.
1) l’âme se retire et fait de la place, 2) la foi en tant que don de vie en communion se révèle, 3) le noûs se l’approprie en tant que nouvelle nourriture et nouveau monde d’existence.

La purification du noûs consiste en une illumination dans les réalités divines et leurs méditations, mais après l’exercice des vertus : ascèse, vigilance, charité.
Ainsi sans dépouillement, l’âme ne peut pas être délivrée du trouble des pensées que sont les ressentis, les réactions, les passions ; et sans passer par un dessert des perceptions elle ne peut ressentir la paix qui est dans le noûs (par la présence de l’Esprit-Saint qui y est caché) et le noûs ne peut être délivré et vivre l’expérience du buisson ardent.
Le noûs s’éveille au labeur par la foi, et il peut s’épanouir dans son vrai rôle que lorsque l’âme s’est enfin limitée, puis le noûs est fortifié en recevant plus encore la nouvelle nourriture que sont les Mystères Divins.

Par exemple un type de changement lorsque le noûs prend son rôle de « gouvernail » de l’âme : il y a une différence entre le « goût » de Dieu et chercher « une aide » pour son quotidien.
Avant cela, dans nos illusions, nous sommes incohérents : par exemple, vouloir pratiquer la prière de Jésus et être incapable d’obéir aux préceptes de l’Eglise, de l’évêque ou du prêtre, alors que le Christ n’a été que dans l’obéissance, depuis l’incarnation jusqu’à sa mort sur la croix.
Ou bien, dire « notre » Père et avoir un intérêt que pour sa vie spirituelle, « avoir » la paix et acquérir quelques dons ou charismes. Ou bien encore, vénérer la très Sainte Mère de Dieu qui méditait et gardait ces choses (les Mystères Divins) dans son cœur, et n’en faire qu’a sa tête concernant ce que l’Eglise nous donne à croire au sujet des dogmes.

Le moteur profond de ces incohérences, n’est pas l’âme, la blessure est plus profonde encore, mais c’est la « malice » du noûs perverti par le trompeur.
Si la foi, même au début du chemin lorsque c’est une foi d’enfant, est le moteur de l’éveil du noûs, la concentration va être le signe de l’éclosion des premiers fruits de l’Esprit-Saint dans le noûs, car la réflexion et la contemplation des Mystères Divins attire l’Esprit-Saint.
De plus en plus libéré du joug des passions, autant les siennes que celles de l’âme, le noûs pourra enfin jouer son rôle d’œil de l’âme, celui qui sait et peut lorsqu’il a retrouvé sa force, stopper toute tentations, car c’est vraiment sa force : vérifier ou stopper tout ce qui se présente à l’âme.

Habituellement le cœur est le coffre où se trouvent cachées toutes sortes de choses, le cœur devenu « boite de pandore » qu’il ne faut surtout pas toucher et encore moins ouvrir sans précautions. Après tout ce travail que nous venons de décrire, le cœur qui a fait le vide et de la place par la confession, peut être rempli de trésors magnifiques, qui sont, et les efforts efficaces utilisés vers l’amour de Dieu, et les expériences ineffables qui sont les réponses de Dieu.
C’est cela l’expression de dire : maintenir le noûs dans le cœur.

Le cœur n’est pas le lieu de nos sentiments, cela c’est l’âme. Le cœur est le lieu de nos trésors ; avant il était le lieu où pouvaient se trouver des choses inavouables et laides, et cela « vrille » notre cœur.
Mais le cœur peut et doit être le tabernacle où demeure Dieu et son souvenir et sa joie.
Pour le purifier !:… revenir au début de l’exposé !…

Père Joël

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6
juin

Approcher l’Esprit-Saint comme si il était un enfant

approcher l’Esprit-Saint comme si il était un enfant

L’ESPRIT SAINT DANS LE QUOTIDIEN

L’Esprit Saint n’a pas toujours la liberté de travailler en nous. A la maison, la veilleuse de la chaudière est toujours allumée, même si la chaudière n’est pas en route. Dans la vie de beaucoup, seule la veilleuse est allumée.

Qu’est-ce qui fait un chrétien ? l’intérieur ou l’extérieur ? Et que se passe-t-il si l’extérieur est en désaccord avec l’intérieur ? Des tas de gens se disent : « J’essaye de parler comme un chrétien, d’agir comme un chrétien, de ressembler à un chrétien, mais au fond je ne me sens pas chrétien. » Que se passe-t-il quand l’extérieur essaye de se comporter comme si de rien n’était, alors que tout l’intérieur crie « à l’aide ! » ?

La manière de venir au Christ est de recevoir l’Esprit Saint. Sans l’Esprit Jésus reste loin de nous, comme une sorte de matériel d’archive enfoui dans un passé très lointain. Seul l’Esprit peut rapprocher le Christ de nous, il nous le rend présent. Paul dit « Le Christ est mort pour nous, mais il vit en nous. » C’est pour cela que nous avons besoin de l’Esprit Saint dans notre vie. Paul exhorte : « Soyez continuellement remplis du Saint-Esprit ! » (Ephésiens 5, 18). Comment faire ?

QU’ARRIVE-T-IL QUAND ON EST REMPLI DE L’ESPRIT SAINT?

Les Actes des apôtres sont le tome I de l’histoire de l’Eglise. A plusieurs occasions, différents groupes y font l’expérience de l’Esprit Saint. Peut-être vous reconnaîtrez-vous dans l’une des cinq catégories qui sont présentées.

La Pentecôte (Actes 2, 2-4) – La première catégorie sont ceux qui ont un désir profond d’être emplis de l’Esprit Saint. La première onction de l’Esprit Saint survient à la Pentecôte. Nous l’avons évoquée précédemment. 3000 conversions après un discours de Pierre ce jour là. [Un prêtre me confiait « J’ai fait  3000 sermons et je n’ai pas vu une seule conversion ! »]

En Samarie (Actes 8, 14-18) – Pierre et Jean prient pour que l’Esprit Saint vienne sur les Samaritains. Les Samaritains, pour les Juifs de l’époque, c’était des hérétiques. Ce qui se passe n’est pas décrit, mais c’est si spectaculaire qu’un magicien local, Simon, en est tellement impressionné qu’il offre de l’argent pour pouvoir faire la même chose. Pierre le rabroue vertement, car il est impossible d’acquérir par de l’argent le don de Dieu.

Conversion de Paul (Actes 9)L’une des conversions les plus remarquables de tous les temps. Au moment où Etienne, le premier martyr chrétien, est lapidé, Saül approuve sa mort. Puis « respirant la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur », il s’acharne à détruire l’Eglise naissante. En l’espace de quelques jours, à la surprise générale, le voilà qui prêche dans les synagogues que « Jésus est le Fils de Dieu ». Qu’est ce qui l’a métamorphosé ? Il a rencontré Jésus sur la route de Damas, et quelques jours plus tard a été rempli de l’Esprit Saint. A ce moment, « il tomba de ses yeux comme des écailles et il recouvra la vue ». Il arrive de la même manière que des non-chrétiens ou des gens franchement anti-chrétiens expérimentent un revirement en rencontrant le Christ et soient remplis de l’Esprit Saint. Ils deviennent de puissants défenseurs de la foi.

A Ephèse (Actes19, 1-7) – Paul rencontre un groupe de « croyants » qui n’avaient pas entendu parler de l’Esprit Saint. Il leur imposa les mains et l’Esprit Saint vint sur eux (Actes 19, 1-7). Beaucoup de gens aujourd’hui se trouvent dans la même situation. Ils sont peut-être « croyants » depuis un certain temps voire depuis toujours. Ils sont baptisés, confirmés, pratiquants occasionnels ou même réguliers. Pourtant, ils ne savent rien ou presque sur l’Esprit Saint.

FAIRE L’EXPERIENCE DE L’ESPRIT SAINT

Actes 10 rapporte la première occasion où des païens sont remplis de l’Esprit Saint. Dieu agit à partir d’une vision donnée à un centurion romain, Corneille. Pierre parle : “Pierre était encore à son discours quand l’Esprit Saint tomba sur tous ceux qui écoutaient la parole. Quelle surprise pour les croyants d’origine juive qui étaient venus avec Pierre : ‘Quoi, les dons de l’Esprit Saint sont déversés sur des non juifs !’ Car ils les entendaient parler en langues et chanter les merveilles de Dieu (Actes 10, 44-46). Examinons trois aspects de cet événement.

Ils ont expérimenté la puissance de l’Esprit Saint

L’Esprit Saint ne nous remplit jamais de manière imperceptible. L’expérience est différente pour chacun. A la Pentecôte, ils entendirent comme un vent violent, la puissance invisible du souffle de Dieu. L’Ancien Testament utilise le même mot pour le vent et l’Esprit. Quand l’Esprit remplit les gens, il arrive que ceux-ci tremblent comme une feuille agitée par le vent. D’autres respirent profondément comme s’ils inspiraient physiquement l’Esprit.

Les disciples ont également vu quelque chose qui ressemblait à du feu. Des gens ressentent dans les mains ou le reste du corps une impression de chaleur physique. Peut-être ce feu symbolise-t-il la passion, la pureté, la puissance que l’Esprit Saint met en nous. Certains pleurent, d’autres rient.

Pour beaucoup surtout, l’Esprit Saint fait vivre une expérience bouleversante de l’amour de Dieu. Paul prie pour les chrétiens d’Ephèse. Cette prière de Paul s’applique aussi à nous aujourd’hui : “Que vous receviez de lui la force à la mesure de sa Gloire inépuisable et soyez affermis intérieurement par son Esprit. Que le Christ habite en vos cœurs par la foi, que vous preniez racine dans l’amour pour vous construire sur lui. Que vous deveniez capables (…) de comprendre combien cet amour est étendu, large, haut et profond. Que vous puissiez connaître, en un mot, l’amour du Christ qui dépasse toute connaissance, afin que vous soyez comblés et puissiez atteindre la plénitude de Dieu”(Ephésiens 3, 17b-20, Bible des peuples). L’amour du Christ est assez large pour atteindre chaque personne dans le monde ; assez long pour accompagner l’homme toute sa vie jusqu’à l’éternité ; assez profond pour nous atteindre là où nous sommes tombés, aussi bas que ce soit ; assez haut pour nous élever jusqu’au ciel.

Paul prie pour que non seulement nous “comprenions” l’étendue de cet amour, mais surtout que nous “connaissions cet amour qui surpasse toute connaissance” de sorte que nous soyons “remplis de toute la plénitude de Dieu” . Comprendre cet amour c’est l’expérimenter.

Comment ?: approcher l’Esprit-Saint « comme si Il était un enfant ». Matta El-Maskine

Dans la réponse vers l’Homme, saint Grégoire de Nysse explique: « Toute activité jaillit du Père, progresse dans le Fils et s’achève dans l’Esprit saint ».

Le dynamisme de l’Esprit, souverainement libre, se concentre dans le mouvement privilégié qu’est l’épiclèse. L’exemple le plus remarquable est celle de l’anaphore de saint Marc qui « théologise» parfaitement, et la Personne de l’Esprit, et son action:

« Envoie d’en haut, de ta demeure sainte et sublime, et de l’habitation que tu t’es préparée, et de ton sein que nul ne peut circonscrire, et du trône glorieux de ton règne, envoie ton Esprit Saint.  Il subsiste en toi; il est immuable et n’est accessible à aucune altération; il est Seigneur, Vivificateur, il a parlé dans la Loi, les Prophètes et les Apôtres; il est partout, remplit tout lieu et n’est contenu par aucun lieu; il opère librement, par sa propre puissance et selon ta volonté, la purification de ceux qu’il aime, et cela non pas comme un serviteur; il est simple en sa nature, multiple en son opération, source des dons divins, consubstantiel à toi, procédant de toi et partageant le trône glorieux de ton règne avec ton Fils unique notre Seigneur, Dieu et sauveur Jésus Christ ».

Devenir ce que nous sommes en Dieu qui s’est retiré pour que nous puissions être, par le Christ qui s’est retiré pour nous faire advenir dans la liberté de l’Esprit saint, suppose que nous nous retirions à notre tour de tout ce que nous avons pris l’habitude de croire de nous-mêmes, suppose que nous nous retirions de l’image qu’ont forgée de nous nos parents, nos maîtres, nos amis ou ennemis ; que nous nous retirions de toute notre volonté propre, et ainsi conduits par L’Esprit de Vérité dans toute La Vérité.

Cela vaut aussi pour notre projet d’Église, pour les raisons de notre désir d’annoncer à tous l’Évangile. Précisément il s’agit là aussi de dépossession. Qu’il n’y ait en nos projets aucune raison autre que la gratuité de l’envoi de l’Esprit saint.

Le Christ lui-même s’est retiré pour nous laisser notre place, pour que l’Esprit vienne nous animer, cela à l’image de Dieu se retirant dans son repos pour laisser le monde être. À combien plus forte raison, devons-nous voir se retirer tous nos modèles et nos anti-modèles, tous nos désirs de nous démarquer, ou de perpétuer dans ce que nous prétendons être.

C’est dans ce renoncement seulement que se complète notre création à l’image de Dieu. C’est là seulement qu’est notre entrée avec le Christ dans le Temple éternel qu’est appelé à devenir ce monde. Hors cela il n’est que stérile agitation et poursuite de la vanité.

Rester un jeune prophète

1 Roi 13:9  » car cet ordre m’a été donné, par la parole de l’Éternel, Tu ne mangeras point de pain et tu ne boiras point d’eau, et tu ne prendras pas à ton retour le chemin par lequel tu seras allé. Et il s’en alla par un autre chemin, il ne prit pas à son retour le chemin par lequel il était venu à Béthel. « 

J’aimerais attirer l’attention sur le fait que Dieu avait dit à ce prophète de ne pas reprendre le même chemin au retour. Le parallèle qui me vient à l’esprit c’est que nous devons rester sensibles aux directives de l’Esprit de Dieu même après une grande victoire, même quand sonne l’heure du retour. Mais surtout ce que nous apprend ce texte, c’est qu’avec Dieu, si nous sommes des « hommes de Dieu », nous ne devons pas tomber dans la facilité en faisant et re-faisant ce que l’on a déjà fait et que l’on maîtrise. Et si nous sommes amenés à persévérer dans une action ou dans un service ce doit être avec une vision renouvelée et selon ses ordres. Faire quelque chose pour Dieu par facilité ou uniquement à cause de l’expérience, c’est déjà ne plus être vraiment l’homme que Dieu recherche pour accomplir toute sa volonté. C’est la mauvaise vieillesse.

Rester « un jeune prophète » c’est être complètement au service de Dieu et ne pas laisser faire « l’habitude » ou « le savoir-faire » remplacer la direction du Saint-Esprit et même les commandements de La Parole de Dieu.

Ps 89:20 « Alors tu parlas dans une vision à ton bien-aimé, Et tu dis, J’ai prêté mon secours à un héros, J’ai élevé du milieu du peuple un jeune homme; J’ai trouvé David, mon serviteur, Je l’ai oint de mon huile sainte. » 1 Sa 13:14Ý « et maintenant ton règne ne durera point. L’Éternel s’est choisi un homme selon son coeur, et l’Éternel l’a destiné à être le chef de son peuple, parce que tu n’as pas observé ce que l’Éternel t’avait commandé. »

Ac 13:22  » puis, l’ayant rejeté, il leur suscita pour roi David, auquel il a rendu ce témoignage, J’ai trouvé David, fils d’Isaïe, homme selon mon coeur, qui accomplira toutes mes volontés. »

Une dernière chose très importante : l’Esprit Saint est envoyé et dirigé.

Envoyé par le Père

Dirigé par le Fils

Cela veut dire qu’il n’est pas partout selon ce qu’on voudrait. Il n’est pas un amour entre les deux hypostases du Père et du Fils. Il n’est pas un amour universel non déterminé, comme une banque d’amour  disponible à toute personne.

Premièrement parce qu’il est une Personne divine, « troisième » hypostase de la Sainte Trinité non selon la valeur « troisième » mais selon l’ordre de l’économie envers l’homme.

C’est-à-dire qu’il doit être respecté ; on ne peut le contraindre en quoi que ce soit.

Deuxièmement, il est maître de notre éveil et c’est Lui qui nous pousse où il veut ; toutes les personnes ne sont pas poussées au même endroit, pour un même but ; tout nous est proportionné selon la providence divine.

Même si nous disons que l’amour du Christ est assez large pour atteindre chaque personne dans le monde ; assez long pour accompagner l’homme toute sa vie jusqu’à l’éternité ; assez profond pour nous atteindre là où nous sommes tombés, aussi bas que ce soit ; assez haut pour nous élever jusqu’au ciel, et même si nous disons que l’Esprit Saint est partout le même, pourtant, il ne se donne pas partout de la même manière et il ne donne pas partout la même chose.

D’où l’importance d’une attitude de respect et d’attente patiente et aimante envers Lui. Du silence et de la sobriété en tout pour lui laisser de la place.

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25
avril

L’EUCHARISTIE LE SACREMENT DE L’ASSEMBLEE par père Alexandre Schmemann

Le sacrement de l’assemblée

L’EUCHARISTIE

LE SACREMENT DE L’ASSEMBLEE

par père Alexandre Schmemann

 

L’eucharistie c’est l’Église qui entre dans la joie de son Maître. Entrer dans cette joie comme en être le témoin dans le monde est, en vérité, l’appel même adressé à l’Église, sa leitourgia essentielle, le sacrement par lequel « elle devient ce qu’elle est ».

La meilleure façon de comprendre la liturgie eucharistique est de la regarder comme une route ou une procession. C’est la route par où l’Église entre dans la dimension du Royaume. Nous employons ce mot « dimension » parce qu’il semble le meilleur pour indiquer le comment de notre entrée sacramentelle dans la vie ressuscitée du Christ.

Notre entrée dans la présence du Christ est une entrée dans une quatrième dimension qui nous permet de pressentir l’ultime réalité de la vie. Ce n’est pas une évasion du monde. C’est plutôt l’arrivée à un point privilégié d’où notre vue peut plonger plus profondément dans la réalité du monde.

La mise en route commence quand les chrétiens quittent leurs maisons et leurs lits. En vérité, ils quittent leur vie dans ce monde, dans ce monde présent et concret. Qu’ils aient à faire trente kilomètres en auto ou qu’ils contournent à pied un pâté de maisons, ils commencent déjà à poser un acte sacramentel, un acte qui est la condition première pour tout ce qui va arriver d’autre. Car ils sont alors en route pour constituer l’Église, ou plus exactement, pour être transformés en Église du Christ. Ils étaient des individus, les uns blancs, d’autres noirs, les uns riches, d’autres pauvres, ils étaient le monde « naturel », une communauté naturelle.

Et voilà qu’on les a appelés à « se rassembler en un même lieu », à apporter avec eux leur « monde » même, à être plus qu’ils n’étaient : une communauté nouvelle vivant d’une vie nouvelle. Nous sommes déjà bien au-delà des catégories d’adoration et de prière en commun. Le but de ce « rassemblement » n’est pas simplement d’ajouter une dimension religieuse à la communauté naturelle, de la rendre « meilleure », plus responsable, plus chrétienne. Le but est d’accomplir l’Église, c’est-à-dire de re-présenter, de rendre présent l’Unique, en qui toutes choses sont à leur fin, et toutes choses sont à leur commencement.

La liturgie commence alors comme une réelle séparation du monde. Le Christ dont nous parlons n’est pas de ce monde (cf. Jean 8,23 ; 18,36) ; après sa résurrection, il n’a pas été reconnu, même par ses propres disciples. Marie Madeleine le prit pour un jardinier. Quand deux de ses disciples faisaient route vers Emmaüs jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux « et ils ne le reconnurent pas avant qu’il ait pris du pain, l’ait béni, rompu et le leur ait donné » (Luc 24, 15-16, 30). Il apparut aux Douze « les portes étant fermées ». Il devint évident alors qu’il ne suffisait plus, désormais, de savoir simplement qu’il était le fils de Marie. Il n’y avait matériellement rien qui oblige à le reconnaître. En d’autres termes, il ne « faisait plus partie de ce monde », de sa réalité ; et le reconnaître, entrer dans la joie de sa présence, être avec lui voulait dire se convertir à une autre réalité. La glorification du Seigneur n’a pas l’évidence contraignante et objective de son humiliation et de sa croix. On ne connaît sa glorification que par la mort mystérieuse aux fonts baptismaux, par l’onction de l’Esprit Saint. Elle n’est connue que dans la plénitude de l’Église quand celle-ci se rassemble pour rencontrer le Seigneur et partager sa vie ressuscitée.

Partir, arriver…, c’est le commencement, la ligne de départ du sacrement, la condition nécessaire à sa puissance et à sa réalité transformante. La liturgie orthodoxe commence par la doxologie solennelle : « Béni soit le Royaume du Père, du Fils et de l’Esprit Saint, maintenant et à jamais, dans les siècles des siècles. » Dès le début, on proclame la destination : la route mène au Royaume. C’est là que nous allons, et pas symboliquement, mais réellement. Dans le langage de la Bible qui est le langage de l’Église, bénir le Royaume n’est pas simplement l’acclamer. C’est annoncer clairement qu’il est le but, le terme de tous nos désirs et intérêts, de toute notre vie, la valeur suprême et ultime de tout ce qui existe. Bénir c’est accepter dans l’amour et avancer vers ce qui est aimé et accepté.

Ainsi l’Église est l’assemblée, la réunion de ceux qui ont reçu la révélation du but ultime de toute vie, et qui l’ont acceptée. Cette acceptation s’exprime dans la réponse solennelle à la doxologie : Amen. C’est, en vérité, l’un des mots les plus importants du monde, car il exprime l’assentiment de 1’Église à suivre le Christ dans son ascension vers le Père, à faire de cette ascension la destinée de l’homme. C’est le don que nous a fait le Christ, car c’est seulement en lui que nous pouvons dire Amen à Dieu, ou plutôt c’est lui-même qui est notre Amen à Dieu, et l’Église est un Amen au Christ. C’est sur cet Amen que se joue la destinée de la race humaine. Il révèle que la marche vers Dieu est déjà commencée.

Mais nous n’en sommes encore qu’au début. Nous avons quitté « ce monde-ci ». Nous nous sommes rassemblés. Nous avons entendu la proclamation de notre destination ultime. Nous avons dit Amen à cette proclamation. Nous sommes l’ecclésia, la réponse à cet appel et à cet ordre. Et nous commençons avec des « prières et supplications », avec une louange communautaire et joyeuse.

Une fois de plus, il nous faut souligner le caractère joyeux du rassemblement eucharistique. Car l’insistance médiévale sur la croix, bien qu’elle ne soit pas erronée, ne présente cependant qu’un aspect. La liturgie, avant tout, est le rassemblement joyeux de ceux qui vont rencontrer le Seigneur ressuscité et entrer avec lui dans la chambre nuptiale. Et c’est cette joie de l’attente, et l’attente de cette joie qui s’expriment dans les chants et le rituel, les ornements et l’encensement, dans la « splendeur » de la liturgie qu’on a si souvent dénoncée comme sans nécessité, voire pécheresse.

Sans nécessité, certes, elle l’est, car nous sommes bien au-delà des catégories du « nécessaire ». La beauté n’est jamais « nécessaire », « fonctionnelle » ou « utile ». Et quand, dans l’attente de quelqu’un que nous aimons, nous mettons une très belle nappe sur la table, la décorons de bougies et de fleurs, nous faisons tout cela non point par nécessité mais par amour. Et l’Église est amour, attente et joie. Elle est le ciel sur terre, selon notre tradition orthodoxe. Elle est la joie de l’enfance recouvrée, cette joie libre, inconditionnelle et désintéressée qui est seule capable de transformer le monde. Dans notre piété adulte, sérieuse, nous demandons définitions et justifications et celles-ci sont enracinées dans la crainte. Crainte de la corruption, des déviations, des « influences païennes », etc. Mais « celui qui craint n’est pas consommé en amour » (I Jean 4, 18). Tant que les chrétiens aiment le Royaume de Dieu, et ne se contentent pas d’en discuter, ils le « re-présentent » et le signifient, dans l’art et la beauté. Et le célébrant du sacrement de la joie se présente revêtu d’une chasuble splendide, parce qu’il est nimbé de la gloire du Royaume, parce que, même dans une forme humaine, Dieu apparaît en gloire. Dans l’eucharistie, nous nous tenons debout en présence du Christ et, comme Moïse devant Dieu, nous sommes là pour être couverts par sa gloire. Le Christ lui-même portait une tunique sans couture que les soldats au pied de la croix n’ont pas déchirée. On ne l’avait pas achetée au marché, mais, selon toute vraisemblance, elle avait été tissée par les mains aimantes de quelqu’un.

 

Extrait du livre du père Alexandre Schmemann,
Pour la vie du monde,
Desclée, 1969.

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25
avril

Du lien entre le père spirituel et le fidèle par l’obéissance selon saint Silouane

L’obéissance selon saint Silouane par le père Sophrony

Du lien entre le père spirituel et le fidèle par l’obéissance

Textes tirés des écrits de Saint Silouane

Archimandrite Sophrony : Starets Silouane, moine du Mont-Athos, éditions Présence.

Les prières d’un père spirituel ont une grande force. J’ai beaucoup souffert de la part des démons à cause de mon orgueil, mais le Seigneur m’a rendu humble et a eu pitié de moi grâce aux prières de mon père spirituel ; et, à présent, le Seigneur m’a révélé que le Saint-Esprit repose sur les pères spirituels, et c’est pourquoi j’ai un grand respect pour eux. Par leurs prières, nous recevons la grâce du Saint-Esprit et la joie dans le Seigneur qui nous aime et qui nous a donné tout ce qui est nécessaire pour le salut de nos âmes. (p 368)

Maintenant, je pense que si l’on ne se confesse pas à son père spirituel, il n’est pas possible d’échapper à l’illusion, car le Seigneur a donné aux pères spirituels le pouvoir de lier et de délier. (p 401)

Toute âme troublée par quelque chose doit interroger le Seigneur, et le Seigneur l’éclairera. Cela surtout dans le malheur et dans le trouble ; sinon il faut plutôt interroger son père spirituel, car cela est plus humble. (p 311)

Si le père spirituel n’a pas passé lui-même par l’expérience de la prière, interroge-le tout de même, et pour ton humilité le Seigneur aura pitié de toi et te gardera de toute erreur. (p 368)

L’obéissant s’est abandonné à la volonté divine, et c’est pourquoi lui sont donnés la liberté et le repos en Dieu, et il peut prier avec un esprit pur. (p 380) … Le vrai obéissant hait sa volonté propre et aime son père spirituel ; grâce à cela, il reçoit la possibilité de prier avec un esprit pur ; son âme contemple Dieu librement, sans pensées, et demeure paisible en Lui. Il atteint rapidement l’amour de Dieu grâce à son humilité et aux prières de son père spirituel. (p 381)

Dans l’esprit de l’obéissant, il n’y a que Dieu et la parole de son starets. (p 382)

Peut-être penseras-tu : comment tel évêque, père spirituel ou prêtre peut-il avoir le Saint Esprit, puisqu’il aime manger et a d’autres faiblesses ? Mais je te dirai : c’est possible, à condition qu’il n’accepte pas les mauvaises pensées ; de telle sorte que, bien qu’il ait quelques défauts, cela n’empêche pas la grâce de demeurer dans son âme, tout comme un arbre verdoyant peut avoir quelques branches sèches sans que cela ne lui nuise, et il porte des fruits; ou bien dans un champ où il y a beaucoup de blé, même s’il est mélangé à de l’ivraie, cela ne l’empêche pas de croître. (p 367)

Textes tirés des écrits du Père Sophrony

Dans les conditions de notre époque, l’exercice de la paternité spirituelle est une tâche surhumaine. (La prière, expérience de l’éternité, p 143)

Conformément au principe pastoral des Pères, aucun père spirituel ne doit commander à ses ouailles des actions qu’il n’a pas accomplies lui-même. Je ne pense pas que l’apôtre Paul ait été sous ce rapport moins sévère que les Pères. La réception de personnes qui traversent de pénibles épreuves ne peut être réglementée ou organisée arbitrairement ; on ne peut pas fixer certaines heures pour l’accueil des affligés, et d’autres pour ceux qui sont joyeux. Il s’ensuit que chaque pasteur doit être en tout temps en état de pleurer avec ceux qui pleurent et de se réjouir avec ceux qui sont dans la joie, d’être accablé avec ceux qui sont dans le désespoir et de conforter dans la foi ceux qui sont tentés. Mais ici aussi, comme dans toute notre vie, le Seigneur est notre premier exemple. (La prière, expérience de l’éternité, p 129)

Dans la plupart des cas, la réponse du père spirituel aura un caractère imparfait, voire relatif, non point parce que le confesseur serait privé de la grâce de la connaissance, mais parce que celui qui l’interroge n’a pas les forces d’accomplir un acte spirituel parfait. Dès lors, malgré le caractère relatif des indications données par le confesseur, celles-ci porteront toujours de bons fruits, pourvu qu’elles soient accueillies avec foi et fidèlement suivies. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 77)

Il estimait que l’humble voie de l’obéissance était, en général, la plus sûre de toutes. Il était fermement persuadé que, grâce à la foi de celui qui demande conseil, la réponse du père spirituel serait toujours bonne, profitable et agréable à Dieu. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 77)

Lorsqu’un maître spirituel ne rencontre aucune résistance de la part de son disciple, en réponse à la foi et à l’humilité de celui-ci, son âme s’ouvre facilement et, peut-être même complètement. Mais aussitôt qu’apparaît la moindre résistance au père spirituel, le fil de la pure tradition se rompt et l’âme du maître se referme. (Starets Silouane, moine du MontAthos, p82)

Le starets Silouane se taisait dès qu’il rencontrait la moindre opposition. Pourquoi ? D’une part parce que l’Esprit-Saint ne tolère ni violence ni discussion d’autre part, parce que la volonté de Dieu, c’est chose trop grande. La volonté de Dieu ne peut pas être contenue tout entière dans la parole du père spirituel, – laquelle comporte inévitablement un caractère de relativité, – ni trouver en elle son expression parfaitement adéquate. Seul celui qui accepte la parole de son père spirituel avec foi, croyant qu’elle est agréable à Dieu, sans la soumettre à son propre jugement, « sans raisonner », comme on dit souvent, seul celui-là a trouvé la vraie voie, car il croit réellement qu’ « à Dieu tout est possible » (Mt. 19 :26).
Telle est la voie de la foi, connue et sanctionnée par l’expérience millénaire de l’Église. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 78-79)

L’ascèse de l’obéissance est-elle indispensable non seulement par rapport â Dieu, mais encore par rapport à notre frère quand celui-ci nous demande quelque chose de possible et de non opposé à l’esprit des commandements du Christ. La crucifiante ascèse de l’obéissance au frère affine également en nous la capacité de percevoir plus profondément la volonté de Dieu. Et cela nous rend semblable au Fils Unique du Père ; l’esprit de l’homme devient capable d’assumer toute l’humanité, c’est à dire devient universel à la ressemblance de l’universalité divine du Christ. Sans cette culture de l’obéissance, l’homme restera inévitablement un « cercle clos », toujours misérable devant la face de l’Éternité. Quel que soit le degré d’éducation d’un homme, sans obéissance évangélique l’accès à son monde intérieur est solidement barré, et l’amour du Christ ne peut pas y pénétrer ni l’imprégner de sa présence. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 114)

En dehors de la culture chrétienne de l’obéissance la théologie véritable demeure inaccessible en ses ultimes profondeurs. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 114)

Un débutant a besoin d’un guide spirituel, parce qu’avant la venue de la grâce du Saint-Esprit, l’âme doit soutenir un grand combat avec les ennemis et ne peut pas encore reconnaître quand c’est l’Ennemi qui lui apporte sa douceur. Seul peut le discerner celui qui a personnellement goûté à la grâce du Saint-Esprit. Qui a goûté au Saint-Esprit distingue la grâce à son goût. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 274)

Celui qui veut mener une vie de prière sans avoir de guide et pense, dans son orgueil, qu’il peut s’instruire seul dans les livres sans s’adresser à un starets, a déjà à moitié succombé à l’illusion. Quant à l’homme humble, le Seigneur l’aidera. S’il ne trouve pas de maître expérimenté, il ira chez son père confesseur, quel qu’il soit, et à cause de son humilité le Seigneur le protégera. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 274)

En l’absence de vrais maîtres spirituels, il faut s’abandonner à la volonté de Dieu dans l’humilité ; alors, le Seigneur éclairera par sa grâce. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 267)

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21
avril

HRISTOS A INVIAT

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19
avril

La mulţi ani cu sănătate!

La multi ani cu sanatate

La mulţi ani cu sănătate,
Să vă dea Domnul tot ce doriţi,
Zile senine şi fericire,
La mulţi ani să trăiţi!
Să fie viaţa numai lumină,
Şi din lumină să dăinuiţi
Pentru credinţă şi libertate
La mulţi ani să trăiţi!
La mulţi ani cu sănătate,
Să vă dea Domnul tot ce doriţi,
Zile senine şi fericire,
La mulţi ani,să trăiţi!
La mulţi ani, să trăiţi!

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