1
mai

SAINTE EUCHARISTIE et BAISER DE JUDAS

Eucharistie et baiser de Judas

 

DE LA SAINTE EUCHARISTIE et du baiser de judas

« Le corps céleste du Christ n’appartient plus à ce monde, il n’est pas « partout », car il est hors et au-dessus du temps et de l’espace, mais il peut se trouver là où il veut selon sa volonté ; eucharistie = synergie = rencontre.

Le corps du Christ n’est pas « avec » le pain, ni « dans » le pain, mais il est « Pain de Vie ».

Ce n’est pas un sacrifice indéfiniment répété de l’Agneau, mais c’est le pain qui « ne devient pas » (car cela voudrait dire que le Christ a besoin d’un support), mais « est manifesté Agneau », par la correspondance qu’il y a entre le ciel et la terre lors de l’épiclèse.

L’eucharistie est donnée « en nourriture » pour être « consommée » et non « adorée ». L’adoration des saints sacrements contredit l’Ascension, bloque ici, ce qui, à cause du péché, peut aussi ne pas avoir de correspondance avec ce monde ; d’où que ce Mystère ce manifeste par et lors de l’épiclèse dans « le sacrement de l’Assemblée ».

On ne se prosterne pas devant les dons en tant « qu’objet sanctifié », mais devant le Mystère qui est en train de sa passer.

Une faute de la doctrine serait de s’occuper du pain et non pas de l’homme : il faut plutôt accuser nos sens de ne pas voir le miracle, comme au jour de la Transfiguration de notre Seigneur Jésus-Christ, où ce n’est pas le Christ qui change, mais les yeux des apôtres. »

Paul Evdokimov « L’Orthodoxie »

C’est comme pour le baptême : la foi précède le Mystère et l’action de l’Esprit-Saint. Dans tous les sacrements, l’eau, le vin, l’huile, le pain, ne sont les « agents de l’opération » du Saint-Esprit, mais il y a « union sans confusion » : les réceptacles des sacrements deviennent « charismes du Christ »(Paul Evdokimov), par le Saint-Esprit et grâce à l’achèvement de l’œuvre du Christ, lors de son Ascension à la droite du Père, là où dans le corps du Christ, ce qui est au ciel et ce qui est sur terre, peut être conforme et réceptacle ; mais réceptacle de quoi ?: de l’unité de la Sainte Trinité.

C’est pourquoi, dans sa Sagesse, le Seigneur a institué la sainte cène et la divine liturgie rassemblant le peuple des croyants autour de sa Parole pour reconstruire « l’esprit unanime ». Jean 17,21
« 
afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. ».

Ayant maintenant une pensée unanime dans la Parole du Christ, l’Esprit-Saint peut enfin venir en plénitude et continuer l’œuvre du Christ, ou dit autrement, nous « expliquer » l’œuvre du Christ et de nous donner, toujours plus, l’amour du Christ.

Mais en ce temps où l’apostasie se fait de plus en plus ouvertement en ce monde, il est nécessaire de décrypter certains rouages en nous : tout d’abord, si nous confessons dans la prière à l’Esprit-Saint « Roi du ciel, toi qui est partout présent…/… », nous avons alors tendance, par notre âme « non cadrée », de confesser un Christ partout présent ; hors je l’ai cité au début : « Le corps céleste du Christ n’appartient plus à ce monde, il n’est pas « partout », car il est hors et au-dessus du temps et de l’espace, mais il peut se trouver là où il veut selon sa volonté » ; et même si sa volonté est qu’il ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse, le Christ nomme ce qu’il voit en nous : « Mon ami, fais ta besogne »(Mt26,50), ou encore : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ! » (Lc22,48), le Seigneur lui dit  « ami », mais il lui dit aussi « que fais-tu ?, ravise-toi, repends-toi ! ».

Ainsi, il y a des situations où le Seigneur ne peut pas demeurer avec nous, car nous lui fermons la porte : là où il y a refus de l’autre, « l’autre » car nous ne voulons plus qu’il soit « frère »… !!!; ce sont les péchés de la colère et du meurtre, et le jugement et l’adultère.

L’orgueil, la vanité et l’avarice s’oppose à Dieu, car l’orgueilleux blasphème, le vaniteux se pose lui-même en tant que Dieu, et l’avare derrière les biens terrestres convoite la revendication de sa déification, mais le Seigneur peut s’opposer à cela, s’il le veut, selon sa divine providence ; tandis que les péchés : la colère et le meurtre (ils sont liés), et le jugement et l’adultère (ils sont liés par le principe du mensonge), sont des péchés qui opèrent une rupture de communion avec nos frères, aussi le Christ ne peut pas rester. Le sacrement de la confession, est là, très nécessaire.

Alors comment sortir de telles situations ?, et c’est là que la méditation sur le baiser de Judas nous donne des clés : l’apostasie se démasque de plus en plus ouvertement aujourd’hui, la complexité de la pensée contemporaine est égale à la démultiplication du péché dans des facettes de plus en plus trompeuses, sous prétexte de prise de conscience ; hors, saint Isaac le syrien, dans son 56ème discours « Œuvres spirituelles », nous préviens de « garder son âme de la subtilité du péché. », et saint Justin Popovitch dans « les voies de la connaissance de Dieu », nous enseigne deux lois spirituelles très importantes :  « Le foisonnement spirituel des branches du péché répond au foisonnement de l’âme. », dans « foisonnement de l’âme » il décrit la démultiplication et la complexité des pensées, et ailleurs : « le péché est la puissance qui explique le moi par le moi et non par Dieu. ».

Si nous ne faisons pas attention à ces lois spirituelles, nous nous exposons au « baiser de Juda » : Judas se disait, je vais forcer le Christ à manifester sa divinité pour délivrer le peuple d’Israël du joug des romains et ainsi, hâter la venue du Royaume de Dieu, mais il entendit des paroles du Seigneur qui tuèrent son espoir : « des pauvres, vous en aurez toujours, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. », et c’est là que Satan entra dans son cœur. Première leçon : c’est dans ces circonstances que nous pouvons tomber dans le jugement, lorsque nous attendons quelque chose du frère et qu’il n’est pas à la hauteur de « nos » espérances…mais qu’elles sont les espérances du Seigneur à son sujet ?…

Pour ceux qui savent lire les Ecritures, le Seigneur se nomme « le Fils de l’homme » ; ce nom est celui du Messie, emprunté à la prophétie de Daniel (7,13), ainsi il dit à Judas : « Penses-tu trahir le Messie par un baiser, afin qu’il se manifeste au monde selon ton désir ? » ; Deuxième leçon : humblement nous devons savoir que le Christ nous regarde et qu’il voit tout, sinon, son regard va devenir jugement par le simple fait de notre entêtement.

Pour le salut du peuple d’Israël, Judas avait une pensée élaborée et il était tellement subjugué par cette pensée, dans un amour erroné du Christ, que cette pensée est devenue justification de son acte ; C’est pour cela que saint Isaac le Syrien et saint Justin nous disent de nous méfier des pensées subtiles et élaborées : nous avons facilement des pensées subtiles et élaborées pour trouver une solution à nos péchés et surtout pour les justifier, là est le baiser de Judas. !

Matthieu 18
« 
2Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, 3et dit: Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. », telle est la troisième leçon, amen.

 

 

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6
avril

« Par le Prière et par le Jeûne »

 

Par la prière et par le jeûne… !

Éphésiens 6

11Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. 12Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. 13C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté.14Tenez donc ferme: ayez à vos reins la vérité pour ceinture; revêtez la cuirasse de la justice;15mettez pour chaussure à vos pieds le zèle que donne l’Evangile de paix;16prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin;17prenez aussi le casque du salut, et l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu.

Marc 9

22Et souvent l’esprit l’a jeté dans le feu et dans l’eau pour le faire périr. Mais, si tu as quelques pouvoirs, viens à notre secours, aie compassion de nous. 23Jésus lui dit: Si je peux!… Tout est possible à celui qui a la foi. 24Aussitôt le père de l’enfant s’écria: Je crois! viens au secours de mon incrédulité!…

Chers frères et sœurs en Christ, dans Ephésiens 6 saint Paul nous parle ici de vérité, de justice, de zèle pour l’évangile et surtout de foi. La vérité (ou humilité) et la justice sont liées au renoncement à la volonté propre et à la garde des pensées ; et le Zèle et la foi sont liés au jeûne et à la prière. Ces attitudes qui semblent être pour la pénitence, (et au début l’âme n’y accède pas spontanément), sont d’abord, à un premier niveau de lecture, des attitudes qui nous protègent de nous-mêmes : erreur de jugement, illusion ; car si nous jugeons de toute choses par rapport à nous-mêmes, par rapport à notre sensibilité, à nos réactions, et à nos émotions, nous n’avons pas encore posé la pierre de fondation d’une vie spirituelle sérieuse et solide, nous disent tous nos saints Pères.

C’est en pratiquant ce combat spirituel que nous découvrirons les Grâces qui y sont cachées, car le bon contexte estle Salut par la foi en l’œuvre du Christ. La joie du but promis nous aide à pratiquer (1)le renoncement à la volonté propre et la garde des pensées et (2)le jeûne et la prière. Ce sont des attitudes vers lesquelles nous allons en travaillant sur nous-mêmes, mais les deux premières (le renoncement et la garde des pensées) sont conditionnées au temps qui passe vers notre sure conversion et elles vont s’améliorer petit à petit; tandis que la prière et le jeûne doivent être tendues exclusivement et sans partage vers le Seigneur parce que la base est la foi, car si nous sommes partagés avec une autre sagesse, un autre seigneur, alors Notre Père qui est aux cieux sera aussi « partagé » vers nous, mais Lui, pédagogiquement comme un Père, et non comme nous lorsque nous sommes des « mercenaires ».

Dans l’évangile d’aujourd’hui (Marc 9), lorsque le Christ dit :« Cette engeance ne peut être chassée que par la prière et le jeûne. », il dit que ce combat est avant tout spirituell : là où est la matrice de tous nos péchés, et contre qui nous luttons ( voir Ephésiens 6/12).

et Jean 9/1-5« En passant, Jésus vit un homme aveugle de naissance.

Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? »

Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui.

Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler.

Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. »

Les péchés ne viennent pas d’un contexte social ou culturel, ni un désordre psychique,(le monde à malheureusement ses propre lois de désordres) mais une source spirituelle cachées, profonde, que nous attaquons avec les armes appropriées que sont la prière et le jeûne. Si nous sommes chrétiens, croire que je vais résoudre « mes rouages psychologiques » par ma seule raison, ou croire qu’ils sont « le nœud du problème », est au mieux une illusion, au pire une offense en la divine providence et en la fidélité de Dieu et c’est aussi, soit un affaiblissement de la foi, soit sa perte. ( Je ne parle pas ici des cas réellement psychiatriques).

Qu’elle est le processus de chute en nous : un « esprit de tromperie » ou un « esprit d’aveuglement » ou un « esprit de distraction » ou un « esprit d’adultère » (dans le sens d’aimer autre chose que le Seigneur et après ça descend au niveau de la chair), « un esprit de contradiction », « un esprit d’égarement » s’unit à mon esprit pour le parasiter ; alors le péché demeure en moi comme « une autre âme » dans mon âme. Le foisonnement des pensées engendre un foisonnement de péchés, certes peut-être anodins, mais la somme se transformant en sable mouvant. Pourquoi comprendre que tout ceci est important : c’est pour un jour arrêter de dire : je n’arrive à prier, je suis impatient, je regarde trop la tété, ou facebook, je « zappe » tout, je me met facilement en colère, je ne comprends rien à mes épreuves, pourquoi les souffrances existent dans le monde, etc… ça ne sert à rien de tourner en rond dans ces pensées parce que à réfléchir sur toutes ces choses sans l’éclairage de l’Esprit-Saint c’est comme si on chercher à combler un sable mouvant avec du sable…il nous faut « un autre éclairage », car

souvenons-nous : « 12Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. »  Ephésiens 6/12

Ou : « Cette engeance ne peut être chassée que par la prière et le jeûne. », 

Cet « éclairage divin » se fait par notre vie dans l’Eglise, avec les sacrements et notre pleine conscience en tant que membre de l’Eglise et l’investissement correspondant dans la vie paroissiale, avec une étude des enseignements de nos Pères dans la foi et des saints moines et moniales. L’éclairage de l’Esprit-Saint se fait aussi à notre esprit lorsque par une décision ferme nous disons en quelque sorte à notre âme : tais toi.

Le renoncement à la volonté propre se fait avec la raison (l’importance de l’enseignement dans l’Eglise et de l’obéissance), la garde des pensées se fait avec la protection du cœur (l’importance de la vigilance des yeux et de la parole et de la confession), car toute pensée y laisse une trace ou un impact ; enfin la prière et le jeûne se fait à partir d’une décision liée à l’œuvre en commun (notre investissement dans la vie de l’Eglise est le signe de notre vraie décision intérieure). Encore une foi : pas d’autonomie = pas d’illusion.

Tout ce que je dois faire par vigilance, est pour une meilleure disponibilité envers le Christ, d’où le commandement : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. » ; ce « tout » n’est pas « le plus que tu peux », mais « avec tout ce que tu es », tout ce que tu es dans ton cœur, dans ton âme, et tout ce que tu es dans ton esprit, en bref : dans l’état dans lequel tu te trouves, d’où la confession…

Que Dieu nous garde en sa miséricorde, amen.

 

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6
avril

Attention au jugement, qu’elle mesure je vais utilisée ?

 

Matthieu 7
1Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. 2Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez.…

Matthieu 5

41Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. 

Marc 12

41Jésus, s’étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment la foule y mettait de l’argent. Plusieurs riches mettaient beaucoup. 42Il vint aussi une pauvre veuve, elle y mit deux petites pièces, faisant un quart de sou. 43Alors Jésus, ayant appelé ses disciples, leur dit: Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu’aucun de ceux qui ont mis dans le tronc; 44car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre.

Voici ces extraits de Matthieu et Marc, pour nous éclairer sur la nature de « la mesure » que nous devons avoir dans notre vie de chrétien, de disciple du Christ et de témoin de la mesure de son Salut.

Si nous disons : « Ah, je donne ce que l’Eglise me demande de donner… ! », sachez que je suis celui qui ne fait que « un mille », je reste dans « le superflu » : si je donne 30 euros, 50 euros, 100 ou 300 euros, je peux très bien le faire avec la mentalité « Ah, je donne ce que l’Eglise me demande de donner… ! », je ne bouge pas de ma mesure car tout est une question de mentalité et non de quantité.

Ma conversion et mon Salut est de passer de ma mentalité à celle du Christ : le plus du plus.

Je peux très bien être actif au sein de la paroisse, mais avec la mentalité « je fais ce que l’Eglise me demande de faire », sans avoir la conscience de participer par mon service, à l’édification et la manifestation du corps du Christ.

Ou bien suivant un autre aspect : je communie au corps et au sang du Christ, que pour mon salut, et non pour l’édification et la manifestation du corps du Christ.

Ou bien, je prie pour la paix de mon âme et non pour « ma vraie vie en Christ »,

Ou bien, je me confesse pour être justifié par rapport à ma conscience et non pour retrouver la pleine communion avec mes frères et avec le Christ,

Ou bien, je peux écouter mon frère ou un Père pour trouver un complément à ma recherche spirituelle et non me dire que Dieu va me parler par lui et de ce fait, augmenter en moi une attitude de vraie communion, et de ce fait, participer à l’édification et la manifestation du corps du Christ.

Dans les limites que nous pouvons avoir, je peux communier au corps et au sang du Christ, mais sans en avoir toute la plénitude et les fruits qui devraient en découler, car la grâce divine ne force pas notre liberté, sur la base que notre Salut est divino-humain, et sur la base des deux natures et deux volontés en Christ.

Il n’y a pas d’obligation « sur » la miséricorde divine, ni, « en » la miséricorde divine.

Dire : « Dieu est « forcement » bon » est une persuasion de nos illusions.

 

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6
avril

La CROIX, pour un nouveau regard sur mes épreuves

 

UN NOUVEAU REGARD SUR MES EPREUVES

Aujourd’hui l’Eglise nous invite à nous souvenir de la chute d’Adam, de notre nature pécheresse à tous, car Adam c’est chacun d’entre nous. Nous nous sommes tous détachés de Dieu, nous avons tous suivi nos propres voies. Nous sommes tous tombés dans la désobéissance d’une manière ou d’une autre, dans des errements et des illusions, dont nous payons le prix un jour et maintenant nous voulons invoquer la miséricorde de Dieu.

Aussi pécheur et faible que soit l’être humain, s’il veut changer sa vie, le Seigneur lui enverra sa force pour y parvenir. Cette possibilité de changement est entre nos mains… Pouvons-nous dire : ‘Seigneur, oublie, efface, supprime nos péchés’, si notre cœur est plein de méchanceté, et retient un sentiment de rancune tenace ? Non, bien sûr. Voilà pourquoi aujourd’hui l’Eglise nous invite au pardon.

Nous ne pouvons pas vivre les uns avec les autres si nous ne nous pardonnons pas, car chacun est coupable devant les autres : le mari devant sa femme, les enfants devant leurs parents, les parents devant leurs enfants, les voisins devant leurs voisins. Nous sommes des êtres vivants, et si nous ne pouvions pas nous pardonner les uns aux autres, le monde entier se transformerait en enfer, en chaos plein de méchanceté. Alors, commençons dès aujourd’hui.

Souvenons-nous de tout le mal qu’il y a dans notre vie, déposons-le durant le grand carême. Je n’ignore certes pas que cela est difficile, mais il s’agit de l’œuvre de Dieu ( notre âme est trop souvent assimilée qu’à MA vie, MA souffrance, MON épreuve ), mais nous sommes dans l’appel du Christ pour que ma vie devienne là sienne et réciproquement ; pour cette nouvelle vision de ma vie, l’effort en vaut bien la peine. « Ce temps est favorable » (Ps 32) nous dit l’Eglise, et avec le psalmiste nous nous écrions :  « Ouvre-moi la porte du repentir, Toi qui donnes la vie ! » (Ps 32, 6). Enseigne-moi à me repentir, enseigne-moi à voir mes péchés, et ne m’abandonne pas lorsque, plein de désespoir, je verrai combien ils sont nombreux, combien ils sont forts, combien insurmontable est la puissance du péché.

Qu’au moment où je me dirai en moi-même qu’il n’est point de salut pour moi, point de pardon, point de guérison, je puisse savoir qu’en réalité le Salut existe bel et bien. Pardon et guérison existent et ils nous sont donnés par l’Esprit du Christ, par l’œuvre du Christ sauveur, invisiblement vivant parmi nous, venu dans le monde pour que toute personne, au lieu de périr, ait la vie éternelle (Jn 3, 15).

c’est pour cela qu’en ce milieu de carême nous est présenté le Mystère de la croix ; durant le pré-carême, nous avons été instruit sur l’importance de l’humilité en tant que base fondamentale pour notre renaissance en Christ, puis nous avons été instruit, lors de la fête « du Triomphe de l’Orthodoxie » que la confession de la foi Orthodoxe est la Sagesse qui a fait toutes choses, plus qu’une proclamation culturelle, l’Orthodoxie existe depuis « avant les siècles » et elle est aussi la Sagesse dont l’homme est fait ; mais dans cette Sagesse de Dieu, pour que l’homme ne soit pas écartelé entre deux extrêmes, l’humilité et la Sagesse, le Christ plante le Mystère de la croix au milieu.

Souvent, nous disons « la croix DU Christ », et de ce fait, nous pensons en quelque sorte : « c’est SON histoire », (bien sûr que non) mais notre âme pense cela parce que nous sommes pécheurs et de ce fait, nous comprenons mal l’œuvre de la Sainte Trinité.

Depuis l’incarnation de Dieu, jusqu’à l’Ascension du Christ, ( l’élévation de la nature humaine déifiée du Christ à la droite du Père ), le Christ assume la nature humaine telle qu’elle est, il accepte notre boue, pourvu que nous gardions l’Alliance avec lui et avec lui seul ; alors la croix, n’est plus SA croix, ni MA croix, mais la croix universelle, la Sagesse dans la Sagesse .

La croix devient comme « un lieu de rendez-vous », mon épreuve est aussi l’épreuve du Christ, ma souffrance est aussi la souffrance du Christ et inversement ; par la croix, maintenant, plus rien n’est exclus, tout (épreuve, souffrance, regrets, amertume, etc) peut être propice à un instant de communion avec le Christ, parce que je vais me souvenir que le Christ y est maintenant présent, mais aussi parce que dans la souffrance qui est une œuvre d’humilité ou nous amène à l’humilité, y est planté maintenant la croix, centre de la Sagesse de Dieu, dont l’autre extrême est l’Orthodoxie, dont je dois aussi me nourrir. Nous sommes là dans l’équilibre proposé par Dieu.

Maintenant nous rassemblons la croix et le pardon : ce que nous avons dit de la croix, nous le disons aussi du pardon : c’est plus que SON pardon et bien au delà de MON pardon, c’est la soif de communion dans le « feu de l’Esprit-Saint » :

Luc 12
49Je suis venu jeter un feu sur la terre, et combien il me tarde qu’il soit allumé? 50Il est un baptême dont je dois être baptisé, et combien il me tarde qu’il soit accompli! ( la croix… !!!)

 

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6
avril

Les PSAUMES pour notre quotidien

 

LES PSAUMES : GUIDES POUR LA VIE ET LA PRIERE

voir à la fin : les psaumes classés par thèmes

CATHISME 1

Psaume 1  : sur l’homme avisé ou ceux de mauvais conseils (idem Ps. 15 et 27)

Psaume 2  : contre ceux qui ne savent pas que le Seigneur est Maître

Psaume 3  : sur la confiance en Dieu dans les persécutions

Psaume 4  : passer de la vanité au repentir

Psaume 5  : sur la confiance en la divine providence

Psaume 6  : sur le repentir et la vigilance envers les hommes mauvais

Psaume 7  : sur le jugement de Dieu et les conséquences de notre malice

Psaume 8  : le projet ineffable de Dieu contre l’homme sceptique

 

CATHISME 2

Psaume 9  : le Seigneur est Roi malgré la vanité et le complot des méchants contre les pauvres.

Psaume 10 : le Seigneur aura le dernier mot et il regarde combattre les justes

Psaume 11 : victoire finale de Dieu contre les mensonges de la dernière génération

Psaume 12 : sur le juste qui invoque la justice divine

Psaume 13 : dans la fin des temps Dieu cherche le juste

Psaume 14 : minimum d’une règle de vie ( les 11 règles de Noé )

Psaume 15 : sur le serviteur fidèle

Psaume 16 : le Seigneur met à part son serviteur fidèle

 

CATHISME 3

Psaume 17 : prière du fidèle et réponse de Dieu (idem Ps. 36), le Seigneur « se calque » sur l’homme

Psaume 18 : sur la justesse de Dieu et en Dieu

Psaume 19 : Dieu sauve son serviteur fidèle

Psaume 20 : idem

Psaume 21 : le fidèle a la même croix que le Christ mais le fidèle doit rester dans l’espérance

Psaume 22 : le Seigneur est mon berger

Psaume 23 : au Seigneur la terre et l’univers, c’est Lui le Roi de Gloire

 

CATHISME 4

Psaume 24 : espérance mais responsabilité et Dieu pédagogue selon…

Psaume 25 : prière de préparation en entrant dans une église, le fidèle est co-liturge avec le prêtre

Psaume 26 : sur la patience

Psaume 27 : sur le chrétien vigilant

Psaume 28 : offrande à la puissance du Seigneur

Psaume 29 : action de grâce

Psaume 30 : Dieu venge le juste contre l’idolâtre

Psaume 31 : à dire avant la confession ( et psaumes 29, puis 17 après la confession )

 

CATHISME 5

Psaume 32 : Dieu sauve « selon » notre fidélité envers Lui

Psaume 33 : louange de la fin de la liturgie

Psaume 34 : sur l’homme dans l’épreuve qui demande justice à Dieu

Psaume 35 : David demande à Dieu de séparer les bons des méchants

Psaume 36 : Dieu répond à David et donne la leçon

 

CATHISME 6

Psaume 37 : David, confessant l’héritage du péché sur lui (à dire avant la liturgie)

Psaume 38 : méditation sur Dieu qui accompagne l’homme repentant

Psaume 39 : Dieu sauve et transforme si l’homme est fidèle

Psaume 40 : Dieu s’occupe de nos ennemies selon notre justesse

Psaume 41 : sur l’espérance en Dieu et sur notre croix similaire à celle du Christ

Psaume 42 : sur l’espérance en Dieu

Psaume 43 : Ashem est Dieu d’Israël mais il corrige son peuple

Psaume 44 : David chante l’intimité entre Dieu et son peuple et l’héritage des nations à la fin des temps

Psaume 45 : union en Dieu des nations et d’Israël

 

CATHISME 7

Psaume 46 : les nations doivent se convertir

Psaume 47 : les nations s’inclineront devant le Machiah Ben David à Jérusalem

Psaume 48 : sur la vanité et le manque de discernement des nations

Psaume 49 : Ashem demande à Israël de se remettre en question,

Le culte doit correspondre au désir du cœur,

Ce n’est pas parce que Dieu ne dit rien, qu’il approuve…

Psaume 50 : psaume de pénitence

Psaume 51 : Dieu déteste les méchants

Psaume 52 : sur l’illusion des idolâtres

Psaume 53 : Dieu vient à mon secours

Psaume 54 : Dieu soutien l’homme victime de trahison

 

CATHISME 8

Psaume 55 : sur la persécution des fidèles de Dieu

Psaume 56 : sur l’espérance en Dieu qui demeure fidèle

Psaume 57 : sur la vanité des hommes méchants

Psaume 58 : Dieu se joue des nations orgueilleuses

Psaume 59 : David demande à Dieu de se souvenir de son alliance comme au désert

Psaume 60 : se confier en Dieu

Psaume 61 : Dieu est notre secours

Psaume 62 : à Dieu revient la Gloire et il est la force de mon âme

Psaume 63 : Dieu protège le fidèle de la perfidie des méchants

 

CATHISME 9

Psaume 64 : en Dieu est la justice et la bonté et la stabilité aussi

Psaume 65 : la crainte de Dieu est sagesse

Psaume 66 : Prière et action de grâce

Psaume 67 : Procession des fidèles qui chantent la gloire de Dieu

Psaume 68 : Prière de l’âme dans les ténèbres (le Christ sur la croix)

Psaume 69 : hâte-toi de me secourir

 

CATHISME 10

Psaume 70 : Ôh Dieu, tu m’accompagnes depuis ma jeunesse ( sois-moi un Dieu protecteur…)

Psaume 71 : sur le règne final du Seigneur

Psaume 72 : confiance dans le jugement de Dieu

Psaume 73 : Ôh Dieu souviens-toi de ton Alliance pour vaincre les méchants

Psaume 74 : mise en garde pour les effrontés et les orgueilleux

Psaume 75 : la crainte de Dieu est sagesse

Psaume 76 : comme Moïse et Aaron, faire confiance en la Divine Providence

 

CATHISME 11

Psaume 77 : tirer leçon de l’histoire d’Israël

Psaume 78 : prière et revanche pour tous les morts en exil

Psaume 79 : Ôh Dieu souviens-toi de ton Alliance ( viens, vois, et visite cette vigne…)

Psaume 80 : fête juive « des trompettes » et conséquences lorsqu’on méprise l’Alliance de Dieu

Psaume 81 : mesures pour une bonne justice devant Dieu

Psaume 82 : jugement de Dieu contre les ennemis d’Israël

Psaume 83 : Paix et Salut en Dieu par les mérites des efforts

Psaume 84 : le Salut pour ceux qui reviennent vers Dieu (par l’incarnation jusqu’à l’Ascension)

 

CATHISME 12

 

 

 

LES PSAUMES PAR THEMES :

règle de vie : Ps.14, 22,

demeurer dans le discernement : Ps.1, 4, 6, 15, 21, 25, 38, 39, 75, 81, 84

conscience et responsabilité : Ps. 1, 4, 7, 10, 15, 21, 24, 27, 32, 38, 49, 80, 83, 84

esprit de pénitence : Ps. 4, 6, 24, 31, 37, 38, 50, 65, 68, 74

sur la patience : Ps. 15, 22, 35, 26, 40, 53, 55, 70

sur l’espérance et confiance en Dieu : Ps. 3, 5, 12, 16, 18, 21, 24, 41, 42, 53, 55, 56, 59, 61, 76, 79

réponse et soutien de Dieu envers ceux qui cherchent : Ps. 17, 19, 20, 36, 39, 40, 54, 60, 69, 70

Israël et les nations : Ps. 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 77, 78, 80, 82

complot et persécutions contre les fidèles : Ps. 9, 34, 55,

contre les méchants : Ps. 2, 16, 27, 30, 51, 52, 63, 72, 73

victoire finale de Dieu : Ps. 7, 8, 9, 10, 11, 13,16, 18, 23, 30, 35, 57, 58, 62, 71

action de grâce et louage à Dieu : Ps. 15, 28, 29, 32, 33, 64, 66, 67

 

 

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17
mars

Bien vivre le lien entre la Confession et la Communion

L’étude ici est pour comprendre pourquoi la confession est nécessaire malgré le fait que le prêtre dit avant de communier: un tel…communie pour la rémission des péchés, la guérison de l’âme et du corps et la vie éternelle.

Nous vivons, nous prions et nous « théologisons » dans un monde où notre foi chrétienne vit pourtant un divorce : entre la vie dans le monde et l’Eglise, entre la culture chrétienne et la société. Ceci est accepté comme une idée évidente par elle-même, mais il est important pour nous d’essayer de comprendre cette expérience de « grand écart » qui nous met dans « une situation schizophrénique ».

« Il y a un type de théologie qui cherche un langage commun avec le monde, et elle fait ceci en adoptant un discours qui dit que c’est le monde qui détermine les préoccupations de l’Église. Une théologie à la recherche désespérée d’un langage commun avec le monde, une théologie qui trouve ce langage dans le discours du monde même.

Il y a une autre tendance : le triomphe de la thérapie. Nous développons une théologie thérapeutique, parce que notre monde est thérapeutique. Nous essayons toujours d’aider les gens. Le patient dans un hôpital cosmique, constamment en traitement avec néanmoins une promesse de guérison totale et d’immortalité. Ici le mot « spiritualité » est prononcé plus souvent que le nom de Jésus Christ. » Père Alexandre Schmémann.- Liturgie et Eschatologie.

« Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son fils unique » (Jn 3, 16) telle est la clé pour dépasser la dualité que nous venons de décrire.

Dieu n’a pas donné un « communisme chrétien », ni une thérapie, mais SON FILS, et ceci implique quelle est « la fin » de l’Eglise.

« Pourquoi les deux premières approches se sont elles exclues mutuellement ? Voilà notre problème. Que s’est-il passé dans l’histoire de l’Église, dans l’esprit chrétien, qui nous a conduits aujourd’hui à cette exclusion réciproque, à cette polarisation, non seulement en théologie comme telle mais dans la vision du monde lui-même ? La réponse se trouve dans l’abandon, à un moment très tôt dans l’histoire de la chrétienté, de la dimension et du fondement eschatologiques de la foi chrétienne. » Père Alexandre Schmémann.

L’eschatologie n’est pas seulement la compréhension du monde à venir, mais c’est la dynamique interne de l’Eglise et des sacrements, comme le cœur qui pulse dans le corps de l’homme. Qu’est ce qui fait que le cœur bat : le sang qui passe dedans ou la vie de l’âme qui fait que le muscle se met à battre ? De même, l’eschatologie est cette pulsion mystérieuse dans l’Eglise et ses sacrements.

« Au fur et à mesure de l’histoire, les théologiens ont oublié la fonction absolument unique du culte chrétien qui englobe « toute spéculation théologique », et si cela devient une « spéculation » c’est qu’il y a un début d’erreur. La théologie en est ainsi venu à définir finalement les sacrements comme rien de plus que des « canaux de la grâce », et la théologie sécularisée moderne les a transformés maintenant en des « canaux d’assistance ». Mais dans leur réalité, les sacrements doivent être considérés comme le centre même (la pulsion cachée) de la compréhension et de l’expérience eschatologique de l’Église. Toute la Liturgie doit être considérée comme le sacrement du Royaume de Dieu ; il faut voir l’Église comme la présence et la communication du Royaume à venir. » Père Alexandre Schmémann.

Le Crédo exprime la vie, la manifestation de cette « pulsion » : « Mais lorsque la plénitude des temps fut venue, Tu nous as parlé par ton propre Fils, » canon de saint Basile. Mais en Occident, d’autre part, une fois que la dimension eschatologique des sacrements fut oubliée, il s’y développa un accent permanent sur la notion de Présence réelle. Ceci est très important pour la valeur de notre préparation à la communion, car l’Occident en établissant une différence très nette entre le symbole et la réalité, est devenu obsédé par des questions sur la causalité et le moment précis de la consécration et de ce fait la réalité de la préparation.

La célébration eucharistique n’est pas une chose célébrée par le clergé pour le bien des laïcs qui « assistent ». C’est plutôt l’ascension de l’Église à la place où elle doit être, non pas « au ciel », mais « le ciel sur la terre ». Ainsi c’est son retour dans ce monde : son retour avec puissance pour prêcher le Royaume de Dieu à la façon dont il fut prêché par le Christ lui-même.

« Voici, je fais toutes choses nouvelles » (Ap 21, 5). Notez que le Christ ne dit pas : « Je crée de nouvelles choses », mais « toutes choses nouvelles ». Telle est la vision eschatologique qui devrait marquer notre célébration eucharistique le Jour du Seigneur.

« De nos jours, nous considérons le Jour du Seigneur comme le septième jour, le Sabbat. Pour les Pères, c’était le huitième jour, le premier jour de la création nouvelle, le jour où l’Église ne se souvient pas seulement du passé, mais elle se souvient du futur, elle entre véritablement dans le futur, le dernier et grand jour.

Il ne faut pas davantage de piété liturgique. Au contraire, un des plus grands ennemis de la Liturgie est la piété liturgique. Nous ne pouvons pas considérer la Liturgie comme une expérience esthétique, ni comme un traitement thérapeutique. Sa seule et unique fonction est de nous révéler le Royaume de Dieu. C’est cela que nous commémorons éternellement. » Père Alexandre Schmémann. – Liturgie et Eschatologie.

Encore une fois, tout ceci est très important pour une juste préparation à la Divine Communion.

Luc 14

21 Le serviteur, de retour, rapporta ces choses à son maître. Alors le maître de la maison irrité dit à son serviteur : Va promptement dans les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux.

22 Le serviteur dit : Maître, ce que tu as ordonné a été fait, et il y a encore de la place.

23 Et le maître dit au serviteur: Va dans les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras, contrains–les d’entrer, afin que ma maison soit remplie.

24 Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon souper.

Nous sommes maintenant face à la double exigence d’être invité au banquet et donc de manger ce qui est offert, et de bien se préparer ; les deux attitudes qui feront honneur au maitre de banquet. Tout le premier développement faisait référence au fait d’être invité au banquet et de ce fait de manger aussi.

Voici maintenant concernant le fait de se préparer et nous pensons tout de suite au sacrement de la confession.

Le but de la confession n’est pas de « se mettre en règle » avec l’Eglise, ni envers notre conscience: par exemple, je me suis confessé et j’ai reçu l’absolution donc je suis préparé et pur pour recevoir la communion!!!… non, le but de la confession c’est le repentir et exclusivement le repentir. Une confession avec l’absolution sans le repentir, c’est une confession où il n’y a que la moitié du travail qui a été fait. Le repentir vient avec l’éveil de la conscience, mais pas la conscience de ce que je dois faire dans l’Eglise, (car ici nous risquons les deux schémas d’une morale pour le monde ou d’une thérapie pour le quotidien, dont nous avons parlé au début) mais l’éveil dans la conscience que quelque chose me manque; ce quelque chose qui est la perception de Dieu dans ma vie, c’est à dire qu’il est l’essence de ma vie, le moteur et le but de ma vie, la perception de cette «pulsion », « le fil rouge » de ma vie dans le temps eschatologique dont nous avons aussi parlé au début.  Et c’est cela que j’ai perdu, et le fait de l’avoir perdu me bouleverse; doit me bouleverser et là commence le repentir, alors la confession devient un acte en vérité qui me change parce que tout cela m’a impliqué et me met en mouvement. Mais attention à notre ferveur :

« Toutes nos requêtes sont comprises dans « Seigneur Jésus Christ, aie pitié de moi, pécheur. » nous ne devons pas encombrer notre prière de demandes, car derrière nos paroles et nos mobiles, même s’ils sont spirituels, se cache notre égo. L’égo de l’homme est tellement enfoui dans ses profondeurs, qu’il se tapit aussi derrière les choses les plus sacrées…/… Lorsque nous demandons, nous demandons pour nous-mêmes. Nous ne le comprenons pas, parce que nous cachons notre requête derrière le plan de Dieu, et nous pensons servir Dieu, agir pour lui. En réalité quand l’homme cessera d’attendre quelque de Dieu, même si c’est quelque chose de spirituel, et qu’il s’abandonnera à sa miséricorde, alors la Grâce viendra.» Archimandrite Aimilianos – le culte divin.

« Ainsi l’affliction devant Dieu est un mode de vie. Elle purifie l’intellect, nettoie l’âme –(de ses illusions)- et la rend capable de recevoir les consolations divines. » Métropolite Hiérothéos de Nafpaktos. – Science thérapeutique des Pères de l’Eglise.

Et si nous nous disons « je n’ai rien à dire, je ne vois pas » c’est au moins cette ignorance-anesthésie qu’il faut confesser.

Enfin, ce n’est pas non plus le moment de transformer le sacrement en « décharge émotionnelle », le prêtre n’est pas là pour ça, il est aussi un homme pécheur et il n’est pas là pour être chargé d’émotions, mais il est témoin du repentir de son frère devant Dieu.

Père Joël

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19
janvier

De la Qualité de notre Foi dans le monde d’aujourd’hui…?!

EVANGILE  Les dix lépreux : Luc 17, 12-19 

En ce temps-là, comme Jésus entrait dans un village, dix hommes lépreux vinrent à sa rencontre. Se tenant à distance, ils élevèrent la voix, et dirent : « Jésus, Maître, fais-nous miséricorde! » Jésus les vit et leur dit : « Allez, vous montrer aux prêtres ». Et il advint, pendant qu’ils y allaient, qu’ils furent purifiés. L’un d’entre eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas en glorifiant Dieu à haute voix. Il se jeta aux pieds de Jésus, le visage contre terre, et lui rendit grâce. Cet homme était Samaritain. Répondant, Jésus dit alors : « Les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf, où sont-ils ? Il ne s’est trouvé, pour revenir rendre gloire à Dieu, que cet étranger ? »  Et Jésus lui dit : « Lève-toi ! Va ! Ta foi t’a sauvé ».

HOMELIE  par le père Marc-Antoine Costa de Beauregard – doyen pour la France

Homélie. « Les neuf autres, où sont-ils ? » – c’est avec cette parole que Jésus aujourd’hui nous provoque, peu de temps après avoir fondé parmi les hommes le saint et grand mystère du baptême dans l’Esprit. « Les dix n’ont-ils pas été purifiés ? », n’ont-ils pas été baptisés et lavés par le Christ de l’impureté de leur âme et de leur corps, guéris de la lèpre de l’ignorance de Dieu, rendus à une peau d’enfant par la jouvence de l’Esprit ? Dix pour cent – un dixième – des baptisés, des chrétiens, un fils né de l’Esprit sur dix, revient vers celui qui l’a fait naître de l’eau et de l’Esprit, qui a fait de lui un fils de Dieu, un « engendré de Dieu », selon saint Jean en son prologue : statistique alarmante… Que sont devenus tous ces bébés, ces enfants, ces jeunes, ces adultes qui ont été baptisés dans nos églises paroissiales ? Que font-ils, le dimanche, ou n’importe quel jour de la semaine, alors que le Seigneur Jésus les attend ? Qu’ont-ils trouvé, quelle émission, quel match, quelle réunion sans Dieu, quelle distraction, quel club, quel sport, plus captivants que le Seigneur ? Comment, dans leur coeur purifié par la grâce, l’action de grâce n’a-t-elle pas germé ? Faut-il vraiment dire « dis merci au bon Dieu ! » comme on dit « dis merci à la dame »? Il est beau d’une beauté charismatique, celui-là, le N°10 : il est conscient de l’œuvre de Dieu en lui, il revient sur ses pas, il glorifie Dieu « à haute voix » – que tout le monde le sache ! ; il se jette aux pieds de Jésus, le visage contre terre, et il lui rend grâce. Ce qui est normal est extraordinaire.

La dîme de l’humanité, la dîme de l’Église, fait notre admiration après avoir fait celle du Seigneur. Statistiquement, il paraît que c’est un bon chiffre ! Dix pour cent des chrétiens sont conscients, vont vers le Christ et le remercient ! Un bon chiffre, 10, « par égard pour 10 justes, Je ne détruirai pas la ville », dit Dieu à Abraham (Gen 18, 32). Mais alors, pour un juste ? Pour une brebis sur 100 ? Ainsi en est-il dans l’histoire du monde, comme on le voit par Abraham, par Noé et par tant d’autres. Pour un juste, Dieu fait miséricorde à sa création. Le N°10 est le N°1, il est le chef, le principe du Salut.

Par un homme la souffrance et la mort sont entrées dans le monde ; par un juste, un saint, un enfant qui prie dans le secret de sa chambre, une femme qui dit son chapelet dans le métro, une prière monte vers Dieu comme un encens d’agréable odeur. Le parfum de l’action de grâce s’élève devant le trône céleste. La gratitude de l’homme fait le bonheur de Dieu. Pourquoi ? – Parce que celui qui rend grâce, qui remercie, qui chante la louange, qui célèbre, qui exulte, non seulement s’apparente aux chérubins et aux séraphins, mais il s’apparente à la Mère de Dieu, magnifiée au-dessus de toute hiérarchie humaine et angélique ; il approche de l’autel d’en Haut, et en lui le Père se reconnaît et se complait : Celui-ci est mon fils bien-aimé, mon unique ! Dieu aime ce ou celui, ou celle, qui est unique.

Dieu qui est unique cherche l’homme unique, la personne à son image et à sa ressemblance. Bien souvent dans le saint Évangile, nous voyons le Seigneur tourner son regard vers la personne unique : la Samaritaine, la Cananéenne, Zachée, la veuve de Naïm, la brebis N°1. Le Seigneur chérit l’homme au cœur profond, celui avec lequel Il peut avoir un dialogue, une amitié, une alliance. Celui ou celle qui rend grâce est coopérateur de l’œuvre du Maître ; la gratitude est synergie ; or le Seigneur cherche des collaborateurs, alors qu’Il est sans besoin, qu’Il peut tout susciter de rien. La joie de la Divinité c’est être ensemble. Dieu – Père, Fils et saint Esprit – est « ensemble » ; et, par le banquet de son amour, par l’appel, le « suis-moi » qu’Il nous adresse, Il veut être ensemble, pas seulement au milieu de nous, mais avec nous. Ainsi, ne jugeons pas « les neuf autres » ; émerveillons-nous de l’unique, et comprenons que là est notre vocation, à chacun, d’être celui que Dieu unique couronne en lui disant : « tu es mon unique !» Amen !

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13
janvier

De la divinité du Christ « utilisée » pour notre égo

chers amis et amies, frères et soeurs en Christ, aujourd’hui l’homme en mal de sa vraie nature restaurée en Christ, s’invente d’autres systèmes copiés à partir de sagesses anciennes, et souvent ces systèmes valorisent l’égo, ce qui est en contradiction avec un des thèmes par excellence dans la Tradition Orthodoxe, le renoncement à la volonté propre.  C’est le péché de vouloir prendre les énergies divines pour servir la gloire de l’homme, ou bien le péché de confondre entre les énergies créées et les énergies incréées.

ici, l’exemple est donné par la possibilité de tirer une « certaine sagesse »  à partir de la tradition hébraïque, la kabbale et l’Arbre des Séphiroths.

ouverture du thème par ce lien: Vous avez intitulé votre livre

mais voici ce que saint Irénée de Lyon face à un tel système:

SAINT IRENEE DE LYON -livre III

SAINT IRENEE DE LYON -livre V

après cela nous comprenons que « notre aide » est dans le Christ vrai Homme et vrai Dieu,et ce, dès notre création, et non dans l’approfondissement et l’accession à mes désirs, sous prétexte que mon « Je » est à l’image et à la ressemblance de Dieu. Le sens de ma vie spirituelle est dans ma « vie cachée en Christ », c’est à dire « l’amitié » du Christ qui m’accompagne et me transforme d’une manière cachée par rapport à l’égo de mon âme, qui elle, dans son ignorance ou ses illusions, se croit abandonnée. Saint Nicolas Cabasilas nous enseigne cette intimité, fondement dans notre création.

de Saint Nicolas Cabasilas (1322-1391):

« Les hommes fervents ordonnent leur vie à Dieu car Il est source de leur bonheur et les secourt dans leur conduite. Ils regardent Dieu comme l’unique objet de leur amour et L’aiment uniquement pour Lui-même.

Nous aimons notre âme parce qu’elle est ce qu’il y a de plus intime en nous. Souvenons-nous que notre âme appartient au Sauveur. Il nous est plus intime encore à nous-mêmes que ce qui nous est le plus intime. Ceux qui méditent ceci tout au long de leur vie le savent. À cause de Lui, notre âme et notre vie nous sont chères et précieuses. Qui n’est soucieux que de lui-même souffre toutes sortes de conflits, car en dehors de Dieu, il ne peut pas trouver de sérénité.

Notre amour serait imparfait si nous aimions quoi que ce soit en dehors de Lui. Partageant ainsi notre amour, nous irions à l’encontre de Sa loi, où il est dit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir (Dt 6, 5 ; Mc 12, 30). Oui, ceux qui vivent en Christ reportent tout leur amour sur Lui. Ils n’en gardent aucune part ni pour les autres ni pour eux-mêmes. Dans ce dessein, ils fuient loin d’eux-mêmes et de tous car partout, ce qui unit, c’est l’amour. Ainsi s’étant transportés d’eux-mêmes vers Dieu, ils vivent pour Dieu seul. C’est Lui qu’ils aiment. En Lui seul ils trouvent la joie véritable…

Ceux qui vivent pour eux-mêmes, tout en recevant quelque joie de vrais biens, se rendent incapables de récolter une joie sans mélange. Pendant qu’ils se réjouissent de ces biens, certains maux, visibles ou non, leur causent des ennuis. En revanche, ceux qui remettent à Dieu leur existence jouissent d’un plaisir absolu et fuient toute tristesse. Ils ont bien des sujets de se réjouir et rien ne les afflige, car rien n’est déplaisant auprès de Dieu, en qui ils vivent. Ils ne pensent même pas que, parmi les événements présents, certains pourraient leur causer de la douleur. L’amour parfait ne leur permet pas de rechercher leur propre intérêt (1 Co 13, 5). Au contraire, ils aiment, parce que Celui qu’ils chérissent est bienheureux et ils sont enflammés de cette passion qui surpasse la raison et la nature.

Ceux qui ne trouvent qu’en eux-mêmes leur joie, savent raisonnablement qu’elle les plonge dans l’arrogance. Ils se préoccupent tellement de leur propre personne, qu’une grande part de leur plaisir est détruite. Les saints, eux, ne sont pas inquiets, car ils ne concentrent pas leurs pensées sur eux. Ils placent leur puissance en Dieu. Leur gloire et leur joie sont en Lui ! Leur plaisir ne reste pas seulement humain, comme c’est le cas de la plupart des hommes : il est surnaturel et divin ! C’est un peu comme un homme qui échangerait une mauvaise maison contre une autre en bon état. D’avance, il éprouverait plus de plaisir pour la seconde que pour la première. Il en est de même quand on se défait pour gagner Dieu, non seulement de son corps et de sa maison, mais encore de soi-même, Dieu prend la place du corps, de l’âme, de la famille, des amis, de tout ce que l’on possède. De la sorte, la joie surpasse tout plaisir humain et nous recevons la joie propre à la béatitude divine et qui convient à une telle transformation.

C’est pour l’Homme Nouveau que la nature de l’homme a été constituée, par ce qui a été aux origines; et l’esprit et le désir ont été construits pour lui. Et nous avons reçu la pensée pour connaître le Christ, le désir pour courir vers Lui, et nous avons la mémoire pour le porter, puisque c’est LUI qui était l’Archétype pour ceux qu’il a créés. La création dès les origines de l’homme modelé pour LUI (le Christ) à l’image de Dieu, (a eu lieu) pour qu’il fut un jour capable de  contenir l’archétype (LE CHRIST); et la loi que Dieu lui a donné au paradis (est) pour LUI (le christ).   » saint Nicolas Cabasilas

que Dieu si patient nous vienne en aide. amen.

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7
février

Pour une application de : Génèse 4 / 6-7 ( l’épreuve de Caïn )

4 causes dans la lutte que nous font les pensées

Aie pitié de moi, ô Dieu, selon Ta grande
miséricorde, et dans Ton immense compassion,
efface mon péché.
Lave-moi de plus en plus de mon iniquité, et de
mon péché purifie-moi.
Car je connais mon iniquité, et mon péché est
constamment devant moi.
Contre Toi seul, j’ai péché, et j’ai fait le mal sous
Tes yeux.
Ainsi, tu seras trouvé juste en tes paroles, et tu
seras sans reproche dans ton jugement.

Avant toutes choses, nous devons être clairs sur le fait que tout ce qui suit ce vit devant Dieu et que nous sommes pécheurs et pas seulement une étude de nous-mêmes comme si nous voulions acquérir de la sagesse pour résoudre nos problèmes.

4 causes engendrent dans l’Homme le mouvement des pensées :
La première est la volonté naturelle de « la chair », c’est-à-dire la vie naturelle prévue par Dieu pour l’âme et le noûs, qui est une « intelligence-intuition » différente de la capacité de raisonnement.
La seconde est l’imagination et l’impact des images et des pensées du monde en nous.
La troisième est la présomption ou illusion de croire que nous pouvons gérer les pensées, c’est-à-dire la rumination sur ce que le monde à impacté en notre âme et notre noûs.
La quatrième est l’attaque des démons qui nous suggèrent des pensées mauvaises et perverses.

Or, quand l’âme se met à vivre de la vie des 3 dernières causes, ce n’est plus là son état naturel.
Son état est de vivre de la communion à Dieu, de le louer, lui rendre grâce et d’offrir tout ce que nous pouvons créer de beau, de vraie et juste.
Si le cœur ( et nous comprendrons à la fin que ce n’est pas l’organe émotionnel) ne s’est pas appliqué à la connaissance de Dieu et de sa Révélation, il ne peut tenir face à l’impact de la seconde, troisième et quatrième causes.
Bombardé par les 3 causes, le cœur (lieu de la tension intérieure dans la souvenir de Dieu) ne médite plus les Mystères de Dieu, mais se retrouve envahit par une intelligence sans Dieu et une âme boulimique.
Une intelligence-noûs qui s’est transformée en imagination, rumination et asservissement impur.
L’intelligence peut devenir cela parce qu’elle a perdu la crainte de Dieu et parce que l’âme a perdu « l’ivresse » de la foi.

Alors le noûs et l’âme sont prisonniers de la maladie de la sensation.
La sensation d’autonomie au niveau du noûs, manifesté par la contradiction et la désobéissance.
La sensation de l’âme par l’imagination, l’exaltation.

Dans cet état d’existence il y a trois strates en nous :
« Je », ce que je suis réellement dans la vision de Dieu, qui je suis.
« Nous », ce que la culture, la famille, les études ont fait de moi.
« Légion », autant d’âme qu’il y a en moi de pensées, de sensations, de perceptions.
Alors, la question est : qui vit, qui prie, qui dit avoir la foi ? Qu’elle maladie de l’âme est le moteur de ma vie ? Mais poser cette question, cela ne doit pas être pour résoudre la maladie, car le malin va exalter notre raisonnement pour que nous travaillions seul et que nous n’invoquions pas l’aide du Seigneur, mais poser ces genres de questions est pour travailler à la distinction entre « je », « nous » et « légion », et c’est à cause ou grâce à cette distinction que nous ne nous retrouverons plus à dire lors de la confession : je ne sais pas quoi dire.

Saint Isaac le syrien, dans ses écrits « œuvres spirituelles », nous prévient concernant la sagesse du monde : « l’enseignement de la sagesse du monde, lequel dit mais ne fait pas, est comme un peintre qui dessine de l’eau sur les murs mais ne peut y étancher sa soif ».
Saint Jean Climaque dans « l’échelle sainte » nous dit :
« Celui qui souffre d’une maladie de l’âme et veut embrasser l’hésychia ressemble à un homme qui saute d’un bateau en pleine mer et s’imagine pouvoir revenir au rivage »
« Celui qui ne connaît pas encore Dieu n’est pas qualifié pour l’hésychia et s’expose à de nombreux dangers et perdent leur temps dans de multiples captivités et divagations. »

Nous commençons à parler un peu de l’intelligence-noûs déchue et comment elle affecte le cœur. Le cœur pollué désoriente et intensifie les passions de l’âme et les passions de l’âme pervertissent le noûs…la boucle est bouclée !
Par exemple un danger de l’intelligence-noûs déchue qui affecte notre relation à nous-même et envers les autres : nous croyons que nous acquérons la connaissance de notre monde intérieur avec notre raisonnement ou des méthodes analytiques, (alors que la vraie connaissance commence par la vigilance sur les pensées et la sobriété dans les sensations, par la confession et le repentir) or souvent, cherchant dans les méandres de l’âme par le raisonnement et la lutte, là où il n’y a ni compassion, ni amour, ni offrande de nous-mêmes, le regard « séparateur » que nous voulons appliquer sur toutes choses en nous, se transforme immanquablement en regard de jugement sur le frère, vu que nous voulons décrypter ses manquements quelconques.
Autre danger, ici à cause de la désunion entre l’intelligence-noûs et l’âme :
Pour les chrétiens encore dans toutes sortes d’illusions, de perceptions, qui semblent autant véridiques que l’Homme est amalgamé à tout cela : la religion devient un domaine exclusivement personnel au même titre que tout le reste, ainsi on arrive à une multiplicité de consciences : conscience religieuse, mystique, familiale, civique, etc…, ou bien : l’homme naturel est sans Grâce, et la Grâce est surnaturelle, alors si il n’y a pas de sensations, il n’y a pas de Grâce Divine, ni de présence Divine.
Monseigneur Jean de saint-Denis de bienheureuse mémoire disait : « on sent Dieu quand on ne sent rien ; toute sensation est relative à quelque chose d’inférieur. »

Nous nous rendons compte qu’avec les 3 causes des pensées et les 3 strates en nous, l’Homme vit en général à la périphérie de ce qu’il est vraiment, de qui il est vraiment. Il passe son temps à donner l’absolu à des strates qui sont réelles mais non essentielles et ni vitales pour la vraie vie de l’âme, du noûs, et du cœur.
Or, avec quoi pouvons nous nous surveiller nous-mêmes, si ce n’est avec ce qui est prévu pour, c’est-à-dire le noûs ?!, pour cela il ne doit pas être éparpillé, ni illusionné, ni perverti.
C’est justement le noûs que le malin va attaquer le premier, parce qu’il sait que sa chute va entrainer tout le reste de l’Homme.
Aussi, si il y a au moins une perception à avoir en nous, c’est celle de notre noûs et de ces instruments : stabilité (contrairement à l’âme), bon sens, vivacité.
Nous voyons qu’il y a deux lieux de combat : en l’âme et pour le noûs.
Si nous disons « avoir » la foi, c’est un sentiment religieux de l’âme, au lieu de dire d’ »être » dans le Mystère de la foi. La foi qui est vie dynamique dans et par les Mystères Divins.
Saint Isaac le syrien : « Tant que l’âme n’a pas découvert l’ivresse de la foi, tant qu’elle n’en a pas perçu la puissance, elle ne peut ni guérir la maladie des sensations, ni dominer la matière visible qui lui bouche les choses du dedans. Elle ne sent pas ce qui en esprit (ici le noûs) naît de la liberté.(le travail de distinction pour la confession) »

L’âme par l’obéissance, l’ascèse, la sobriété, permet que la foi puisse éclore devant le noûs, c’est ainsi un don de l’Esprit-Saint, comme le buisson ardent devant Moïse.
1) l’âme se retire et fait de la place, 2) la foi en tant que don de vie en communion se révèle, 3) le noûs se l’approprie en tant que nouvelle nourriture et nouveau monde d’existence.

La purification du noûs consiste en une illumination dans les réalités divines et leurs méditations, mais après l’exercice des vertus : ascèse, vigilance, charité.
Ainsi sans dépouillement, l’âme ne peut pas être délivrée du trouble des pensées que sont les ressentis, les réactions, les passions ; et sans passer par un dessert des perceptions elle ne peut ressentir la paix qui est dans le noûs (par la présence de l’Esprit-Saint qui y est caché) et le noûs ne peut être délivré et vivre l’expérience du buisson ardent.
Le noûs s’éveille au labeur par la foi, et il peut s’épanouir dans son vrai rôle que lorsque l’âme s’est enfin limitée, puis le noûs est fortifié en recevant plus encore la nouvelle nourriture que sont les Mystères Divins.

Par exemple un type de changement lorsque le noûs prend son rôle de « gouvernail » de l’âme : il y a une différence entre le « goût » de Dieu et chercher « une aide » pour son quotidien.
Avant cela, dans nos illusions, nous sommes incohérents : par exemple, vouloir pratiquer la prière de Jésus et être incapable d’obéir aux préceptes de l’Eglise, de l’évêque ou du prêtre, alors que le Christ n’a été que dans l’obéissance, depuis l’incarnation jusqu’à sa mort sur la croix.
Ou bien, dire « notre » Père et avoir un intérêt que pour sa vie spirituelle, « avoir » la paix et acquérir quelques dons ou charismes. Ou bien encore, vénérer la très Sainte Mère de Dieu qui méditait et gardait ces choses (les Mystères Divins) dans son cœur, et n’en faire qu’a sa tête concernant ce que l’Eglise nous donne à croire au sujet des dogmes.

Le moteur profond de ces incohérences, n’est pas l’âme, la blessure est plus profonde encore, mais c’est la « malice » du noûs perverti par le trompeur.
Si la foi, même au début du chemin lorsque c’est une foi d’enfant, est le moteur de l’éveil du noûs, la concentration va être le signe de l’éclosion des premiers fruits de l’Esprit-Saint dans le noûs, car la réflexion et la contemplation des Mystères Divins attire l’Esprit-Saint.
De plus en plus libéré du joug des passions, autant les siennes que celles de l’âme, le noûs pourra enfin jouer son rôle d’œil de l’âme, celui qui sait et peut lorsqu’il a retrouvé sa force, stopper toute tentations, car c’est vraiment sa force : vérifier ou stopper tout ce qui se présente à l’âme.

Habituellement le cœur est le coffre où se trouvent cachées toutes sortes de choses, le cœur devenu « boite de pandore » qu’il ne faut surtout pas toucher et encore moins ouvrir sans précautions. Après tout ce travail que nous venons de décrire, le cœur qui a fait le vide et de la place par la confession, peut être rempli de trésors magnifiques, qui sont, et les efforts efficaces utilisés vers l’amour de Dieu, et les expériences ineffables qui sont les réponses de Dieu.
C’est cela l’expression de dire : maintenir le noûs dans le cœur.

Le cœur n’est pas le lieu de nos sentiments, cela c’est l’âme. Le cœur est le lieu de nos trésors ; avant il était le lieu où pouvaient se trouver des choses inavouables et laides, et cela « vrille » notre cœur.
Mais le cœur peut et doit être le tabernacle où demeure Dieu et son souvenir et sa joie.
Pour le purifier !:… revenir au début de l’exposé !…

Père Joël

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6
juin

Approcher l’Esprit-Saint comme si il était un enfant

approcher l’Esprit-Saint comme si il était un enfant

L’ESPRIT SAINT DANS LE QUOTIDIEN

L’Esprit Saint n’a pas toujours la liberté de travailler en nous. A la maison, la veilleuse de la chaudière est toujours allumée, même si la chaudière n’est pas en route. Dans la vie de beaucoup, seule la veilleuse est allumée.

Qu’est-ce qui fait un chrétien ? l’intérieur ou l’extérieur ? Et que se passe-t-il si l’extérieur est en désaccord avec l’intérieur ? Des tas de gens se disent : « J’essaye de parler comme un chrétien, d’agir comme un chrétien, de ressembler à un chrétien, mais au fond je ne me sens pas chrétien. » Que se passe-t-il quand l’extérieur essaye de se comporter comme si de rien n’était, alors que tout l’intérieur crie « à l’aide ! » ?

La manière de venir au Christ est de recevoir l’Esprit Saint. Sans l’Esprit Jésus reste loin de nous, comme une sorte de matériel d’archive enfoui dans un passé très lointain. Seul l’Esprit peut rapprocher le Christ de nous, il nous le rend présent. Paul dit « Le Christ est mort pour nous, mais il vit en nous. » C’est pour cela que nous avons besoin de l’Esprit Saint dans notre vie. Paul exhorte : « Soyez continuellement remplis du Saint-Esprit ! » (Ephésiens 5, 18). Comment faire ?

QU’ARRIVE-T-IL QUAND ON EST REMPLI DE L’ESPRIT SAINT?

Les Actes des apôtres sont le tome I de l’histoire de l’Eglise. A plusieurs occasions, différents groupes y font l’expérience de l’Esprit Saint. Peut-être vous reconnaîtrez-vous dans l’une des cinq catégories qui sont présentées.

La Pentecôte (Actes 2, 2-4) – La première catégorie sont ceux qui ont un désir profond d’être emplis de l’Esprit Saint. La première onction de l’Esprit Saint survient à la Pentecôte. Nous l’avons évoquée précédemment. 3000 conversions après un discours de Pierre ce jour là. [Un prêtre me confiait « J’ai fait  3000 sermons et je n’ai pas vu une seule conversion ! »]

En Samarie (Actes 8, 14-18) – Pierre et Jean prient pour que l’Esprit Saint vienne sur les Samaritains. Les Samaritains, pour les Juifs de l’époque, c’était des hérétiques. Ce qui se passe n’est pas décrit, mais c’est si spectaculaire qu’un magicien local, Simon, en est tellement impressionné qu’il offre de l’argent pour pouvoir faire la même chose. Pierre le rabroue vertement, car il est impossible d’acquérir par de l’argent le don de Dieu.

Conversion de Paul (Actes 9)L’une des conversions les plus remarquables de tous les temps. Au moment où Etienne, le premier martyr chrétien, est lapidé, Saül approuve sa mort. Puis « respirant la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur », il s’acharne à détruire l’Eglise naissante. En l’espace de quelques jours, à la surprise générale, le voilà qui prêche dans les synagogues que « Jésus est le Fils de Dieu ». Qu’est ce qui l’a métamorphosé ? Il a rencontré Jésus sur la route de Damas, et quelques jours plus tard a été rempli de l’Esprit Saint. A ce moment, « il tomba de ses yeux comme des écailles et il recouvra la vue ». Il arrive de la même manière que des non-chrétiens ou des gens franchement anti-chrétiens expérimentent un revirement en rencontrant le Christ et soient remplis de l’Esprit Saint. Ils deviennent de puissants défenseurs de la foi.

A Ephèse (Actes19, 1-7) – Paul rencontre un groupe de « croyants » qui n’avaient pas entendu parler de l’Esprit Saint. Il leur imposa les mains et l’Esprit Saint vint sur eux (Actes 19, 1-7). Beaucoup de gens aujourd’hui se trouvent dans la même situation. Ils sont peut-être « croyants » depuis un certain temps voire depuis toujours. Ils sont baptisés, confirmés, pratiquants occasionnels ou même réguliers. Pourtant, ils ne savent rien ou presque sur l’Esprit Saint.

FAIRE L’EXPERIENCE DE L’ESPRIT SAINT

Actes 10 rapporte la première occasion où des païens sont remplis de l’Esprit Saint. Dieu agit à partir d’une vision donnée à un centurion romain, Corneille. Pierre parle : “Pierre était encore à son discours quand l’Esprit Saint tomba sur tous ceux qui écoutaient la parole. Quelle surprise pour les croyants d’origine juive qui étaient venus avec Pierre : ‘Quoi, les dons de l’Esprit Saint sont déversés sur des non juifs !’ Car ils les entendaient parler en langues et chanter les merveilles de Dieu (Actes 10, 44-46). Examinons trois aspects de cet événement.

Ils ont expérimenté la puissance de l’Esprit Saint

L’Esprit Saint ne nous remplit jamais de manière imperceptible. L’expérience est différente pour chacun. A la Pentecôte, ils entendirent comme un vent violent, la puissance invisible du souffle de Dieu. L’Ancien Testament utilise le même mot pour le vent et l’Esprit. Quand l’Esprit remplit les gens, il arrive que ceux-ci tremblent comme une feuille agitée par le vent. D’autres respirent profondément comme s’ils inspiraient physiquement l’Esprit.

Les disciples ont également vu quelque chose qui ressemblait à du feu. Des gens ressentent dans les mains ou le reste du corps une impression de chaleur physique. Peut-être ce feu symbolise-t-il la passion, la pureté, la puissance que l’Esprit Saint met en nous. Certains pleurent, d’autres rient.

Pour beaucoup surtout, l’Esprit Saint fait vivre une expérience bouleversante de l’amour de Dieu. Paul prie pour les chrétiens d’Ephèse. Cette prière de Paul s’applique aussi à nous aujourd’hui : “Que vous receviez de lui la force à la mesure de sa Gloire inépuisable et soyez affermis intérieurement par son Esprit. Que le Christ habite en vos cœurs par la foi, que vous preniez racine dans l’amour pour vous construire sur lui. Que vous deveniez capables (…) de comprendre combien cet amour est étendu, large, haut et profond. Que vous puissiez connaître, en un mot, l’amour du Christ qui dépasse toute connaissance, afin que vous soyez comblés et puissiez atteindre la plénitude de Dieu”(Ephésiens 3, 17b-20, Bible des peuples). L’amour du Christ est assez large pour atteindre chaque personne dans le monde ; assez long pour accompagner l’homme toute sa vie jusqu’à l’éternité ; assez profond pour nous atteindre là où nous sommes tombés, aussi bas que ce soit ; assez haut pour nous élever jusqu’au ciel.

Paul prie pour que non seulement nous “comprenions” l’étendue de cet amour, mais surtout que nous “connaissions cet amour qui surpasse toute connaissance” de sorte que nous soyons “remplis de toute la plénitude de Dieu” . Comprendre cet amour c’est l’expérimenter.

Comment ?: approcher l’Esprit-Saint « comme si Il était un enfant ». Matta El-Maskine

Dans la réponse vers l’Homme, saint Grégoire de Nysse explique: « Toute activité jaillit du Père, progresse dans le Fils et s’achève dans l’Esprit saint ».

Le dynamisme de l’Esprit, souverainement libre, se concentre dans le mouvement privilégié qu’est l’épiclèse. L’exemple le plus remarquable est celle de l’anaphore de saint Marc qui « théologise» parfaitement, et la Personne de l’Esprit, et son action:

« Envoie d’en haut, de ta demeure sainte et sublime, et de l’habitation que tu t’es préparée, et de ton sein que nul ne peut circonscrire, et du trône glorieux de ton règne, envoie ton Esprit Saint.  Il subsiste en toi; il est immuable et n’est accessible à aucune altération; il est Seigneur, Vivificateur, il a parlé dans la Loi, les Prophètes et les Apôtres; il est partout, remplit tout lieu et n’est contenu par aucun lieu; il opère librement, par sa propre puissance et selon ta volonté, la purification de ceux qu’il aime, et cela non pas comme un serviteur; il est simple en sa nature, multiple en son opération, source des dons divins, consubstantiel à toi, procédant de toi et partageant le trône glorieux de ton règne avec ton Fils unique notre Seigneur, Dieu et sauveur Jésus Christ ».

Devenir ce que nous sommes en Dieu qui s’est retiré pour que nous puissions être, par le Christ qui s’est retiré pour nous faire advenir dans la liberté de l’Esprit saint, suppose que nous nous retirions à notre tour de tout ce que nous avons pris l’habitude de croire de nous-mêmes, suppose que nous nous retirions de l’image qu’ont forgée de nous nos parents, nos maîtres, nos amis ou ennemis ; que nous nous retirions de toute notre volonté propre, et ainsi conduits par L’Esprit de Vérité dans toute La Vérité.

Cela vaut aussi pour notre projet d’Église, pour les raisons de notre désir d’annoncer à tous l’Évangile. Précisément il s’agit là aussi de dépossession. Qu’il n’y ait en nos projets aucune raison autre que la gratuité de l’envoi de l’Esprit saint.

Le Christ lui-même s’est retiré pour nous laisser notre place, pour que l’Esprit vienne nous animer, cela à l’image de Dieu se retirant dans son repos pour laisser le monde être. À combien plus forte raison, devons-nous voir se retirer tous nos modèles et nos anti-modèles, tous nos désirs de nous démarquer, ou de perpétuer dans ce que nous prétendons être.

C’est dans ce renoncement seulement que se complète notre création à l’image de Dieu. C’est là seulement qu’est notre entrée avec le Christ dans le Temple éternel qu’est appelé à devenir ce monde. Hors cela il n’est que stérile agitation et poursuite de la vanité.

Rester un jeune prophète

1 Roi 13:9  » car cet ordre m’a été donné, par la parole de l’Éternel, Tu ne mangeras point de pain et tu ne boiras point d’eau, et tu ne prendras pas à ton retour le chemin par lequel tu seras allé. Et il s’en alla par un autre chemin, il ne prit pas à son retour le chemin par lequel il était venu à Béthel. « 

J’aimerais attirer l’attention sur le fait que Dieu avait dit à ce prophète de ne pas reprendre le même chemin au retour. Le parallèle qui me vient à l’esprit c’est que nous devons rester sensibles aux directives de l’Esprit de Dieu même après une grande victoire, même quand sonne l’heure du retour. Mais surtout ce que nous apprend ce texte, c’est qu’avec Dieu, si nous sommes des « hommes de Dieu », nous ne devons pas tomber dans la facilité en faisant et re-faisant ce que l’on a déjà fait et que l’on maîtrise. Et si nous sommes amenés à persévérer dans une action ou dans un service ce doit être avec une vision renouvelée et selon ses ordres. Faire quelque chose pour Dieu par facilité ou uniquement à cause de l’expérience, c’est déjà ne plus être vraiment l’homme que Dieu recherche pour accomplir toute sa volonté. C’est la mauvaise vieillesse.

Rester « un jeune prophète » c’est être complètement au service de Dieu et ne pas laisser faire « l’habitude » ou « le savoir-faire » remplacer la direction du Saint-Esprit et même les commandements de La Parole de Dieu.

Ps 89:20 « Alors tu parlas dans une vision à ton bien-aimé, Et tu dis, J’ai prêté mon secours à un héros, J’ai élevé du milieu du peuple un jeune homme; J’ai trouvé David, mon serviteur, Je l’ai oint de mon huile sainte. » 1 Sa 13:14Ý « et maintenant ton règne ne durera point. L’Éternel s’est choisi un homme selon son coeur, et l’Éternel l’a destiné à être le chef de son peuple, parce que tu n’as pas observé ce que l’Éternel t’avait commandé. »

Ac 13:22  » puis, l’ayant rejeté, il leur suscita pour roi David, auquel il a rendu ce témoignage, J’ai trouvé David, fils d’Isaïe, homme selon mon coeur, qui accomplira toutes mes volontés. »

Une dernière chose très importante : l’Esprit Saint est envoyé et dirigé.

Envoyé par le Père

Dirigé par le Fils

Cela veut dire qu’il n’est pas partout selon ce qu’on voudrait. Il n’est pas un amour entre les deux hypostases du Père et du Fils. Il n’est pas un amour universel non déterminé, comme une banque d’amour  disponible à toute personne.

Premièrement parce qu’il est une Personne divine, « troisième » hypostase de la Sainte Trinité non selon la valeur « troisième » mais selon l’ordre de l’économie envers l’homme.

C’est-à-dire qu’il doit être respecté ; on ne peut le contraindre en quoi que ce soit.

Deuxièmement, il est maître de notre éveil et c’est Lui qui nous pousse où il veut ; toutes les personnes ne sont pas poussées au même endroit, pour un même but ; tout nous est proportionné selon la providence divine.

Même si nous disons que l’amour du Christ est assez large pour atteindre chaque personne dans le monde ; assez long pour accompagner l’homme toute sa vie jusqu’à l’éternité ; assez profond pour nous atteindre là où nous sommes tombés, aussi bas que ce soit ; assez haut pour nous élever jusqu’au ciel, et même si nous disons que l’Esprit Saint est partout le même, pourtant, il ne se donne pas partout de la même manière et il ne donne pas partout la même chose.

D’où l’importance d’une attitude de respect et d’attente patiente et aimante envers Lui. Du silence et de la sobriété en tout pour lui laisser de la place.

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