25
avril

L’EUCHARISTIE LE SACREMENT DE L’ASSEMBLEE par père Alexandre Schmemann

Le sacrement de l’assemblée

L’EUCHARISTIE

LE SACREMENT DE L’ASSEMBLEE

par père Alexandre Schmemann

 

L’eucharistie c’est l’Église qui entre dans la joie de son Maître. Entrer dans cette joie comme en être le témoin dans le monde est, en vérité, l’appel même adressé à l’Église, sa leitourgia essentielle, le sacrement par lequel « elle devient ce qu’elle est ».

La meilleure façon de comprendre la liturgie eucharistique est de la regarder comme une route ou une procession. C’est la route par où l’Église entre dans la dimension du Royaume. Nous employons ce mot « dimension » parce qu’il semble le meilleur pour indiquer le comment de notre entrée sacramentelle dans la vie ressuscitée du Christ.

Notre entrée dans la présence du Christ est une entrée dans une quatrième dimension qui nous permet de pressentir l’ultime réalité de la vie. Ce n’est pas une évasion du monde. C’est plutôt l’arrivée à un point privilégié d’où notre vue peut plonger plus profondément dans la réalité du monde.

La mise en route commence quand les chrétiens quittent leurs maisons et leurs lits. En vérité, ils quittent leur vie dans ce monde, dans ce monde présent et concret. Qu’ils aient à faire trente kilomètres en auto ou qu’ils contournent à pied un pâté de maisons, ils commencent déjà à poser un acte sacramentel, un acte qui est la condition première pour tout ce qui va arriver d’autre. Car ils sont alors en route pour constituer l’Église, ou plus exactement, pour être transformés en Église du Christ. Ils étaient des individus, les uns blancs, d’autres noirs, les uns riches, d’autres pauvres, ils étaient le monde « naturel », une communauté naturelle.

Et voilà qu’on les a appelés à « se rassembler en un même lieu », à apporter avec eux leur « monde » même, à être plus qu’ils n’étaient : une communauté nouvelle vivant d’une vie nouvelle. Nous sommes déjà bien au-delà des catégories d’adoration et de prière en commun. Le but de ce « rassemblement » n’est pas simplement d’ajouter une dimension religieuse à la communauté naturelle, de la rendre « meilleure », plus responsable, plus chrétienne. Le but est d’accomplir l’Église, c’est-à-dire de re-présenter, de rendre présent l’Unique, en qui toutes choses sont à leur fin, et toutes choses sont à leur commencement.

La liturgie commence alors comme une réelle séparation du monde. Le Christ dont nous parlons n’est pas de ce monde (cf. Jean 8,23 ; 18,36) ; après sa résurrection, il n’a pas été reconnu, même par ses propres disciples. Marie Madeleine le prit pour un jardinier. Quand deux de ses disciples faisaient route vers Emmaüs jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux « et ils ne le reconnurent pas avant qu’il ait pris du pain, l’ait béni, rompu et le leur ait donné » (Luc 24, 15-16, 30). Il apparut aux Douze « les portes étant fermées ». Il devint évident alors qu’il ne suffisait plus, désormais, de savoir simplement qu’il était le fils de Marie. Il n’y avait matériellement rien qui oblige à le reconnaître. En d’autres termes, il ne « faisait plus partie de ce monde », de sa réalité ; et le reconnaître, entrer dans la joie de sa présence, être avec lui voulait dire se convertir à une autre réalité. La glorification du Seigneur n’a pas l’évidence contraignante et objective de son humiliation et de sa croix. On ne connaît sa glorification que par la mort mystérieuse aux fonts baptismaux, par l’onction de l’Esprit Saint. Elle n’est connue que dans la plénitude de l’Église quand celle-ci se rassemble pour rencontrer le Seigneur et partager sa vie ressuscitée.

Partir, arriver…, c’est le commencement, la ligne de départ du sacrement, la condition nécessaire à sa puissance et à sa réalité transformante. La liturgie orthodoxe commence par la doxologie solennelle : « Béni soit le Royaume du Père, du Fils et de l’Esprit Saint, maintenant et à jamais, dans les siècles des siècles. » Dès le début, on proclame la destination : la route mène au Royaume. C’est là que nous allons, et pas symboliquement, mais réellement. Dans le langage de la Bible qui est le langage de l’Église, bénir le Royaume n’est pas simplement l’acclamer. C’est annoncer clairement qu’il est le but, le terme de tous nos désirs et intérêts, de toute notre vie, la valeur suprême et ultime de tout ce qui existe. Bénir c’est accepter dans l’amour et avancer vers ce qui est aimé et accepté.

Ainsi l’Église est l’assemblée, la réunion de ceux qui ont reçu la révélation du but ultime de toute vie, et qui l’ont acceptée. Cette acceptation s’exprime dans la réponse solennelle à la doxologie : Amen. C’est, en vérité, l’un des mots les plus importants du monde, car il exprime l’assentiment de 1’Église à suivre le Christ dans son ascension vers le Père, à faire de cette ascension la destinée de l’homme. C’est le don que nous a fait le Christ, car c’est seulement en lui que nous pouvons dire Amen à Dieu, ou plutôt c’est lui-même qui est notre Amen à Dieu, et l’Église est un Amen au Christ. C’est sur cet Amen que se joue la destinée de la race humaine. Il révèle que la marche vers Dieu est déjà commencée.

Mais nous n’en sommes encore qu’au début. Nous avons quitté « ce monde-ci ». Nous nous sommes rassemblés. Nous avons entendu la proclamation de notre destination ultime. Nous avons dit Amen à cette proclamation. Nous sommes l’ecclésia, la réponse à cet appel et à cet ordre. Et nous commençons avec des « prières et supplications », avec une louange communautaire et joyeuse.

Une fois de plus, il nous faut souligner le caractère joyeux du rassemblement eucharistique. Car l’insistance médiévale sur la croix, bien qu’elle ne soit pas erronée, ne présente cependant qu’un aspect. La liturgie, avant tout, est le rassemblement joyeux de ceux qui vont rencontrer le Seigneur ressuscité et entrer avec lui dans la chambre nuptiale. Et c’est cette joie de l’attente, et l’attente de cette joie qui s’expriment dans les chants et le rituel, les ornements et l’encensement, dans la « splendeur » de la liturgie qu’on a si souvent dénoncée comme sans nécessité, voire pécheresse.

Sans nécessité, certes, elle l’est, car nous sommes bien au-delà des catégories du « nécessaire ». La beauté n’est jamais « nécessaire », « fonctionnelle » ou « utile ». Et quand, dans l’attente de quelqu’un que nous aimons, nous mettons une très belle nappe sur la table, la décorons de bougies et de fleurs, nous faisons tout cela non point par nécessité mais par amour. Et l’Église est amour, attente et joie. Elle est le ciel sur terre, selon notre tradition orthodoxe. Elle est la joie de l’enfance recouvrée, cette joie libre, inconditionnelle et désintéressée qui est seule capable de transformer le monde. Dans notre piété adulte, sérieuse, nous demandons définitions et justifications et celles-ci sont enracinées dans la crainte. Crainte de la corruption, des déviations, des « influences païennes », etc. Mais « celui qui craint n’est pas consommé en amour » (I Jean 4, 18). Tant que les chrétiens aiment le Royaume de Dieu, et ne se contentent pas d’en discuter, ils le « re-présentent » et le signifient, dans l’art et la beauté. Et le célébrant du sacrement de la joie se présente revêtu d’une chasuble splendide, parce qu’il est nimbé de la gloire du Royaume, parce que, même dans une forme humaine, Dieu apparaît en gloire. Dans l’eucharistie, nous nous tenons debout en présence du Christ et, comme Moïse devant Dieu, nous sommes là pour être couverts par sa gloire. Le Christ lui-même portait une tunique sans couture que les soldats au pied de la croix n’ont pas déchirée. On ne l’avait pas achetée au marché, mais, selon toute vraisemblance, elle avait été tissée par les mains aimantes de quelqu’un.

 

Extrait du livre du père Alexandre Schmemann,
Pour la vie du monde,
Desclée, 1969.

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25
avril

Du lien entre le père spirituel et le fidèle par l’obéissance selon saint Silouane

L’obéissance selon saint Silouane par le père Sophrony

Du lien entre le père spirituel et le fidèle par l’obéissance

Textes tirés des écrits de Saint Silouane

Archimandrite Sophrony : Starets Silouane, moine du Mont-Athos, éditions Présence.

Les prières d’un père spirituel ont une grande force. J’ai beaucoup souffert de la part des démons à cause de mon orgueil, mais le Seigneur m’a rendu humble et a eu pitié de moi grâce aux prières de mon père spirituel ; et, à présent, le Seigneur m’a révélé que le Saint-Esprit repose sur les pères spirituels, et c’est pourquoi j’ai un grand respect pour eux. Par leurs prières, nous recevons la grâce du Saint-Esprit et la joie dans le Seigneur qui nous aime et qui nous a donné tout ce qui est nécessaire pour le salut de nos âmes. (p 368)

Maintenant, je pense que si l’on ne se confesse pas à son père spirituel, il n’est pas possible d’échapper à l’illusion, car le Seigneur a donné aux pères spirituels le pouvoir de lier et de délier. (p 401)

Toute âme troublée par quelque chose doit interroger le Seigneur, et le Seigneur l’éclairera. Cela surtout dans le malheur et dans le trouble ; sinon il faut plutôt interroger son père spirituel, car cela est plus humble. (p 311)

Si le père spirituel n’a pas passé lui-même par l’expérience de la prière, interroge-le tout de même, et pour ton humilité le Seigneur aura pitié de toi et te gardera de toute erreur. (p 368)

L’obéissant s’est abandonné à la volonté divine, et c’est pourquoi lui sont donnés la liberté et le repos en Dieu, et il peut prier avec un esprit pur. (p 380) … Le vrai obéissant hait sa volonté propre et aime son père spirituel ; grâce à cela, il reçoit la possibilité de prier avec un esprit pur ; son âme contemple Dieu librement, sans pensées, et demeure paisible en Lui. Il atteint rapidement l’amour de Dieu grâce à son humilité et aux prières de son père spirituel. (p 381)

Dans l’esprit de l’obéissant, il n’y a que Dieu et la parole de son starets. (p 382)

Peut-être penseras-tu : comment tel évêque, père spirituel ou prêtre peut-il avoir le Saint Esprit, puisqu’il aime manger et a d’autres faiblesses ? Mais je te dirai : c’est possible, à condition qu’il n’accepte pas les mauvaises pensées ; de telle sorte que, bien qu’il ait quelques défauts, cela n’empêche pas la grâce de demeurer dans son âme, tout comme un arbre verdoyant peut avoir quelques branches sèches sans que cela ne lui nuise, et il porte des fruits; ou bien dans un champ où il y a beaucoup de blé, même s’il est mélangé à de l’ivraie, cela ne l’empêche pas de croître. (p 367)

Textes tirés des écrits du Père Sophrony

Dans les conditions de notre époque, l’exercice de la paternité spirituelle est une tâche surhumaine. (La prière, expérience de l’éternité, p 143)

Conformément au principe pastoral des Pères, aucun père spirituel ne doit commander à ses ouailles des actions qu’il n’a pas accomplies lui-même. Je ne pense pas que l’apôtre Paul ait été sous ce rapport moins sévère que les Pères. La réception de personnes qui traversent de pénibles épreuves ne peut être réglementée ou organisée arbitrairement ; on ne peut pas fixer certaines heures pour l’accueil des affligés, et d’autres pour ceux qui sont joyeux. Il s’ensuit que chaque pasteur doit être en tout temps en état de pleurer avec ceux qui pleurent et de se réjouir avec ceux qui sont dans la joie, d’être accablé avec ceux qui sont dans le désespoir et de conforter dans la foi ceux qui sont tentés. Mais ici aussi, comme dans toute notre vie, le Seigneur est notre premier exemple. (La prière, expérience de l’éternité, p 129)

Dans la plupart des cas, la réponse du père spirituel aura un caractère imparfait, voire relatif, non point parce que le confesseur serait privé de la grâce de la connaissance, mais parce que celui qui l’interroge n’a pas les forces d’accomplir un acte spirituel parfait. Dès lors, malgré le caractère relatif des indications données par le confesseur, celles-ci porteront toujours de bons fruits, pourvu qu’elles soient accueillies avec foi et fidèlement suivies. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 77)

Il estimait que l’humble voie de l’obéissance était, en général, la plus sûre de toutes. Il était fermement persuadé que, grâce à la foi de celui qui demande conseil, la réponse du père spirituel serait toujours bonne, profitable et agréable à Dieu. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 77)

Lorsqu’un maître spirituel ne rencontre aucune résistance de la part de son disciple, en réponse à la foi et à l’humilité de celui-ci, son âme s’ouvre facilement et, peut-être même complètement. Mais aussitôt qu’apparaît la moindre résistance au père spirituel, le fil de la pure tradition se rompt et l’âme du maître se referme. (Starets Silouane, moine du MontAthos, p82)

Le starets Silouane se taisait dès qu’il rencontrait la moindre opposition. Pourquoi ? D’une part parce que l’Esprit-Saint ne tolère ni violence ni discussion d’autre part, parce que la volonté de Dieu, c’est chose trop grande. La volonté de Dieu ne peut pas être contenue tout entière dans la parole du père spirituel, – laquelle comporte inévitablement un caractère de relativité, – ni trouver en elle son expression parfaitement adéquate. Seul celui qui accepte la parole de son père spirituel avec foi, croyant qu’elle est agréable à Dieu, sans la soumettre à son propre jugement, « sans raisonner », comme on dit souvent, seul celui-là a trouvé la vraie voie, car il croit réellement qu’ « à Dieu tout est possible » (Mt. 19 :26).
Telle est la voie de la foi, connue et sanctionnée par l’expérience millénaire de l’Église. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 78-79)

L’ascèse de l’obéissance est-elle indispensable non seulement par rapport â Dieu, mais encore par rapport à notre frère quand celui-ci nous demande quelque chose de possible et de non opposé à l’esprit des commandements du Christ. La crucifiante ascèse de l’obéissance au frère affine également en nous la capacité de percevoir plus profondément la volonté de Dieu. Et cela nous rend semblable au Fils Unique du Père ; l’esprit de l’homme devient capable d’assumer toute l’humanité, c’est à dire devient universel à la ressemblance de l’universalité divine du Christ. Sans cette culture de l’obéissance, l’homme restera inévitablement un « cercle clos », toujours misérable devant la face de l’Éternité. Quel que soit le degré d’éducation d’un homme, sans obéissance évangélique l’accès à son monde intérieur est solidement barré, et l’amour du Christ ne peut pas y pénétrer ni l’imprégner de sa présence. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 114)

En dehors de la culture chrétienne de l’obéissance la théologie véritable demeure inaccessible en ses ultimes profondeurs. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 114)

Un débutant a besoin d’un guide spirituel, parce qu’avant la venue de la grâce du Saint-Esprit, l’âme doit soutenir un grand combat avec les ennemis et ne peut pas encore reconnaître quand c’est l’Ennemi qui lui apporte sa douceur. Seul peut le discerner celui qui a personnellement goûté à la grâce du Saint-Esprit. Qui a goûté au Saint-Esprit distingue la grâce à son goût. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 274)

Celui qui veut mener une vie de prière sans avoir de guide et pense, dans son orgueil, qu’il peut s’instruire seul dans les livres sans s’adresser à un starets, a déjà à moitié succombé à l’illusion. Quant à l’homme humble, le Seigneur l’aidera. S’il ne trouve pas de maître expérimenté, il ira chez son père confesseur, quel qu’il soit, et à cause de son humilité le Seigneur le protégera. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 274)

En l’absence de vrais maîtres spirituels, il faut s’abandonner à la volonté de Dieu dans l’humilité ; alors, le Seigneur éclairera par sa grâce. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 267)

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21
avril

HRISTOS A INVIAT

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19
avril

La mulţi ani cu sănătate!

La multi ani cu sanatate

La mulţi ani cu sănătate,
Să vă dea Domnul tot ce doriţi,
Zile senine şi fericire,
La mulţi ani să trăiţi!
Să fie viaţa numai lumină,
Şi din lumină să dăinuiţi
Pentru credinţă şi libertate
La mulţi ani să trăiţi!
La mulţi ani cu sănătate,
Să vă dea Domnul tot ce doriţi,
Zile senine şi fericire,
La mulţi ani,să trăiţi!
La mulţi ani, să trăiţi!

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13
avril

SENS DE LECTURE DES CATECHESES CI-DESSOUS

chers frères et soeurs en Christ,

pour lire ces catéchèses: le jeûne, la confession, le repentir, être « dans son bon sens », comme elles ont un lien entre elles et une progression, il faut commencer par le jeûne (ici il faut lire ensuite l’annexe sur la Consécration), puis la confession, le repentir et la dernière être « dans son bon sens ».

il est évident que tout n’est pas dit, beaucoup de choses ont été évoqués le jour même de la catéchèse,l’Esprit-Saint aidant et si cela vous donne le goût de fouiller un peu plus, j’aurais réussi mon travail.

bonne lecture, que Dieu vous bénisse, père Joël

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13
avril

être « dans son bon sens »

4-Etre dans son bon sens

Etre « dans son bon sens » !

Introduction

C’est par l’Amour de Dieu que la Personne de l’homme peut se délivrer du « quoi » impersonnel, du « pourquoi », du « qu’est ce que », du « quant » et être tourné vers Le « Qui ».

La « puissance amoureuse » de l’âme est la puissance principale pour la connaissance de Dieu.

La connaissance de La Vérité procède immédiatement de la stabilité de l’homme dans l’Amour de Dieu, et c’est la perception de la distance qui semble immense (par l’âme qui se trouve dans l’aveuglement) entre nous et Dieu qui transforme le repentir (en invoquant l’Esprit-saint) en décision de vérité et de désir de Dieu. Tout est dans cette notion de « stabilité », car souvent l’âme nous fait aimer beaucoup d’autres choses que Dieu.

Les étapes de la chute

Dans l’asservissement de l’homme envers toutes choses, il y a trois étapes : l’idée qui vient d’un coup, qui ne semble pas avoir d’origine, mais qui est puissante par son instantanéité ; puis vient le raisonnement par l’âme sur cette idée, soit disant pour « débattre », puis vient la dernière étape avec le piège que l’homme ne sait pas que « débattre » sur cette idée c’est très proche de la faire, alors vient l’acte.

Pourquoi cet engrenage ? Parce que déjà écouter l’idée c’est déjà se situer en dehors de Dieu, parce que se croyant au centre et la source de toutes expériences et c’est oublier aussi l’état de relation avec Dieu qui est due à la communion avec Dieu avec Dieu comme Principe source. Ensuite vient le raisonnement qui à le mauvais fondement que l’homme pense avec sa propre intelligence, il croit avoir du recul et pouvoir débattre avec l’aide de la sagesse de Dieu, mais il n’a pas réalisé que écouter l’idée c’est quitter Dieu, alors ce qui croit être la sagesse de Dieu en lui, n’est que son intelligence piégée par le trompeur, intelligence qui n’a comme principe source que l’indétermination des possibilités et il réfléchit à partir de sa situation de solitude et de vulnérabilité. Vient l’acte parce qu’alors, sans Dieu, il n’y a pas de différence entre l’idée et soi parce que l’âme pense penser à cause de sa liberté ; mais sans Dieu, l’âme s’assimile avec ce qu’elle réfléchie : j’aime penser les choses (à cause d’une liberté auto-détermination), je pense donc je suis, je suis ce que j’aime. Il suffit que le trompeur nous fasse penser sur des choses inutiles…

L’état de l’homme créé à l’image

L’âme possède de nombreux membres, bien qu’elle soit unique. Les membres de l’âme sont la volonté, la liberté, la puissance d’aimer, la faculté de discernement avec les pensées qui accusent et les pensées favorables.

A côté de l’âme, la partie royale de l’homme est le « noûs » avec laquelle il peut contempler la divinité, avec l’Esprit-Saint bien sûr !.

Diadoque de Photicé dit que dans l’évolution spirituelle, le « noûs » peut être déjà préoccupé de Dieu, alors que le cœur est encore attaché au monde. Nous pouvons être converti du point de vue du noûs, mais notre cœur est plus lent, il n’a pas encore fait ses choix, pris ses décisions.

Le noûs fut la cible principale du trompeur satan. Dès lors, l’itinéraire par lequel le péché s’introduit dans les membres de l’âme a son départ dans le noûs.

La chute et le péché sont une pollution spirituelle.

La contradiction est le signe de l’empoisonnement du noûs, alors que sa vie devrait être conscience et communion.

L’aveuglement est le signe de l’esclavage de l’âme, alors que sa vie devrait être décision, action, donation.

La sanctification de la libre volonté

Le Salut est une œuvre divino-humaine :

-         c’est par le désir, la décision et la pratique des commandements que s’opère le chemin du retour, que l’on redevient co-corporel avec le Christ, ou du moins être au plus proche de là où peut être l’Esprit-Saint.

-         l’Esprit-Saint est l’Esprit de Vérité. C’est lui qui, par notre invocation, réintroduit le noûs dans toute La Vérité. Au jour de la Pentecôte, l’Esprit-Saint à d’abord retiré de l’âme des apôtres « le voile de la malice », supprimé leurs passions et ouvert les yeux de leur cœur ; mais faut-il aussi prier pour cela !.

La « Praktiké », ou exercice pour la conversion,la « métanoia ».

Le travail principal de l’homme doit être par conséquent de s’exercer à la pureté de son noûs, ou intellect, parce que dans un premier temps, avant que l’âme ne soit fidèle à Dieu ou puisse rester dans la tempérance et la sobriété, l’intellect doit prendre sur lui la gestion de l’agitation de l’âme, de la même manière que l’on assume ou supporte une personne instable et ingérable.

L’intellect retrouve sa pureté, et fait ce travail de gestion de l’âme, par la confession, la prise de conscience dans le repentir et par la confession de la foi ou (concentration des pensées en Dieu).

Le premier fruit de la pratique de ces trois exercices est la conscience de la fidélité de Dieu.

C’est de la conscience de la fidélité de Dieu que rejaillit l’Amour Divin et donne motivation à l’âme d’accomplir les commandements.

La pratique des commandements nous tiens là où peut demeurer le Christ, et là où est le Christ là est l’Esprit-Saint.

L’Esprit-Saint nous fait comprendre l’Amour du Christ et la conscience de l’Amour du Christ fait passer l’intellect du repentir à l’esprit filial puis à la communion.

Et c’est ce passage du repentir à l’esprit filial qui, au niveau de notre âme, nous aide à transformer le désir en communion, le plaisir en béatitude, la crainte en humilité, la colère en prise de décision, la tristesse en compassion.

Ephésiens 4/18-24.

« Ils ont l`intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l`ignorance qui est en eux, à cause de l`endurcissement de leur coeur.
Ayant perdu tout sentiment, ils se sont livrés à la dissolution, pour commettre toute espèce d`impureté jointe à la cupidité.
Mais vous, ce n`est pas ainsi que vous avez appris Christ,
si du moins vous l`avez entendu, et si, conformément à la vérité qui est en Jésus, c`est en lui que vous avez été instruits à vous dépouiller,
eu égard à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses,
à être renouvelés dans l`esprit de votre intelligence,
et à revêtir l`homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité. »

Tout cela se situe dans un contexte bien précis : dans sa part de travail ou praktiké, l’âme va progresser malgré « la nuit de l’absence de résultats ». Durant ce temps là, son repaire et gouvernail sera la foi, parce que l’homme est sous le joug d’une sentence exprimée par saint Paul :

 Roms7/14-23. en synthèse : je fais ce que je ne veux pas et je ne fais pas ce que je veux.

Alors comment sortir de cette dualité schizophrénique qui semble saboter tout le « plan de bataille » décrit précédemment ? : « Grâces soient à Dieu par Jésus-Christ Notre Seigneur ! » Roms7/24.

Par l’action de grâce, l’homme entier sort de lui-même, de la tendance égocentrique ; la pensée retrouve sa vraie nature qui est d’exprimer la communion avec Dieu, état de communion qui est la nature même de toute chose créée par Dieu.

Durant ce travail de purification et de louange pédagogique, l’âme et le noûs sont comme deux frères, chacun entrainant l’autre et vise versa ; chacun son tour, montant un barreau de l’échelle sainte puis tirant l’autre à son niveau. Ainsi petit à petit, le noûs prendra l’ascendant sur l’âme de plus en plus facilement, pour pouvoir exercer son rôle d’œil de l’âme.

1 Corinthiens 2/15-16

« …L’homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne. »

 Si au début de l’exposé il était question d’une idée qui naissait dans l’âme, maintenant le noûs est un peu plus dégagé de tous parasitages psychiques et ténébreux et il peut « capter » les « idées divines » et les donner comme nouvelle nourriture à l’âme.

Le noûs est parfaitement apte à contempler Dieu dans la création, à percevoir les grandes raisons de la création. Il peut discerner les raisons divines dans les évènements et les manifestations pneumatiques par les énergies incréées.

 Romains 2/12

« Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l`intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. »

 Mais il est aussi en commun.

1 Corinthiens 1/10

« Or je vous conjure, mes frères, par le nom de Jésus-Christ notre Seigneur, d’avoir tous un même langage, et de ne point souffrir parmi vous de divisions ni de schismes, mais d’être tous unis ensemble dans un même esprit et dans un même sentiment. »

1 Corinthiens 2/15-16

« …L’homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne. Car Qui a connu la pensée du Seigneur, Pour l’instruire? Or nous, nous avons la pensée de Christ. »

Rassemblés en Christ, nous avons le même noûs, sans confusion ni séparation, en commun mais incarné dans le Verbe fait chair et communicable.

Qu’on se rappelle saint Jean : faire la volonté de Dieu, c’est le « connaître-naître avec », par la puissance des énergies de Dieu. La seule façon de naître d’en haut , c’est de laisser son noûs devenir pneuma.

Mais comme disent les saints Pères, j’arrête là, de peur d’être indiscret, dans ma situation d’homme pécheur face à l’incompréhensibilité de Dieu.

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13
avril

du Repentir

3-DU REPENTIR

« DU REPENTIR » SAINT IGNACE BRIANTCHANINOV

« L’âme qui se sait obligée de confesser ses péchés, dit le même saint Père, est retenue, comme par un frein, de commettre à nouveau les mêmes péchés ; au contraire, nous commettons sans crainte les péchés que nous n’avons pas confessés, car nous demeurons dans les ténèbres.
La confession des péchés détruit l’intimité que nous avions avec eux. La haine que nous leur témoignons est l’indice du véritable repentir, de la décision de mener une vie vertueuse.
Si tu t’es accoutumé aux péchés, confesse-les plus souvent, et tu seras bientôt délivré de leur domination, tu suivras avec facilité et allégresse le Seigneur Jésus-Christ.

Le sacrement de la confession absout résolument tous les péchés commis en parole, en acte ou en pensée. Pour effacer du cœur la propension au péché qui y est enracinée, il faut du temps, il faut demeurer continuellement dans le repentir. Un repentir constant réside dans un esprit contrit en permanence, dans la lutte contre ses pensées (logismoi) et ses sentiments, par lesquels se manifestent les passions tapies dans le cœur. »

 « Repentez-vous ! » Qu’est-ce que se repentir ? Cela veut dire reconnaître, regretter ses péchés, les abandonner et n’y point revenir, selon la réponse donnée par un grand et saint Père de l’Église. De nombreux pécheurs devinrent ainsi des saints, de nombreux hors-la-loi des hommes justes.

Pécheurs, reprenons courage ! C’est justement pour nous que Le Seigneur s’est fait homme. Il s’est chargé de nos maux avec une incroyable miséricorde. Cessons donc de tergiverser. Cessons de perdre courage et de douter. Emplis de foi, de zèle et de gratitude, abordons le repentir afin de nous réconcilier avec Dieu. « Quant au méchant, s’il renonce à tous les péchés qu’il a commis, observe toutes mes lois et pratique le droit et la justice, il vivra, il ne mourra pas. On ne se souviendra plus de tous les crimes qu’il a commis, il vivra à cause de la justice qu’il a pratiquée » (Ez 18, 21-22). Telle est la promesse que Dieu fait au pécheur, par la bouche de Son grand prophète. »

Mgr Kallistos Ware

« Mais qu’entend-on, en fait, par repentir? Ce mot évoque généralement le regret d’avoir péché, le sentiment de culpabilité, la sensation de peine et d’horreur face aux blessures que nous avons infligées à notre prochain et à nous-même. Une telle vision est cependant incomplète. Si la peine et l’horreur sont effectivement un élément essentiel du repentir, ils n’en sont pas pour autant la totalité, ni même la dimension la plus importante. Pour approcher le sens profond du repentir, un détour par le terme grec est nécessaire : métanoïa. Littéralement « changement de l’esprit » : non pas seulement regret du passé, mais transformation fondamentale de notre perspective, nouvelle manière de voir Dieu, autrui et nous-même. « Un acte de grande intelligence »7, comme le dit le Pasteur d’Hermas.

« Esprit nouveau », conversion, recentrage, le repentir est quelque chose de positif et non de négatif. Comme l’écrit saint Jean Climaque (+ env. 650) : « La pénitence est la fille de l’espérance, et le renoncement au désespoir. » (Jean Climaque, L’Échelle sainte).  Se repentir, c’est regarder non pas vers le bas, vers ses imperfections, mais vers le haut, vers l’amour de Dieu ; non pas en arrière, avec les reproches qu’on se fait, mais en avant, avec confiance. C’est regarder, non pas ce qu’on n’a pas réussi à être, mais ce qu’on peut encore devenir par la grâce du Christ.

Nombreux sont ceux qui se sentent tristes à cause de leur actes passés, mais qui disent dans leur désespoir : « Je ne peux pas me pardonner pour ce que j’ai fait ». Incapables de se pardonner, ils sont également incapables de croire que Dieu et d’autres hommes leur ont pardonné. Ces personnes, malgré l’intensité de leur angoisse, n’ont pas encore commencé à se repentir. Elles n’ont pas encore atteint la « grande intelligence » par laquelle un homme sait que l’amour est victorieux. Elles n’ont pas encore passé par ce « changement de l’esprit » qui consiste à dire : Je suis accepté par Dieu ; ce qui m’est demandé, c’est d’accepter le fait d’être accepté. Voilà toute l’essence du repentir. »

PSAUME 50
Supplication du roi-prophète David.
2. Quand Nathan le prophète vint le trouver, après qu’il eût
péché avec Bethsabée, la femme d’Urie.


3. Aie pitié de moi, ô Dieu, selon Ta grande
miséricorde
, et dans Ton immense compassion,
efface mon péché.
4. Lave-moi de plus en plus de mon iniquité, et de
mon péché purifie-moi.
5. Car je connais mon iniquité, et mon péché est
constamment devant moi.
6. Contre Toi seul, j’ai péché, et j’ai fait le mal sous
Tes yeux.
Ainsi, tu seras trouvé juste en tes paroles, et tu
seras vainqueur quand on te jugera.
7. Vois : dans l’iniquité j’ai été conçu, et dans les
péchés ma mère m’a enfanté.
8. Mais Tu aimes la vérité : Tu m’as révélé les
mystères et les secrets de Ta sagesse
.
9. Tu m’aspergeras avec l’hysope, et je serai purifié,
Tu me laveras, et je deviendrai plus blanc que la
neige.
10. Tu me feras entendre des paroles de joie et
d’allégresse, et ils exulteront, les os humiliés.
11. Détourne Ta face de mes péchés, efface toutes mes
iniquités.
12. Crée en moi un coeur pur, ô Dieu, et renouvelle en
ma poitrine un esprit droit.
13. Ne me rejette pas loin de Ta face, et ne retire pas
de moi Ton Esprit-Saint.
14. Rends-moi la joie de Ton Salut, et fortifie-moi par
l’Esprit souverain.
15. J’enseignerai Tes voies aux pécheurs, et les impies
reviendront vers Toi
.
16. Délivre-moi du sang, ô Dieu, Dieu de mon Salut,
et ma langue exultera pour Ta justice.
17. Seigneur, ouvre mes lèvres ; et ma bouche
annoncera Ta louange.
18. Si Tu avais voulu un sacrifice, je Te l’aurais offert,
mais Tu ne prends aucun plaisir aux holocaustes.
19. Le sacrifice qui convient à Dieu, c’est un esprit
brisé ; un coeur broyé et humilié, Dieu ne le
méprise point.
20. Accorde tes bienfaits à Sion dans Ta bienveillance,
Seigneur, et que soient relevés les murs de
Jérusalem ;
21. Alors Tu prendras plaisir au sacrifice de justice, à
l’oblation et aux holocaustes, alors on offrira de
jeunes taureaux sur Ton Autel.


Traduction du R.P. Placide (Deseille)

Archimandrite Vassilios Papavassiliou

Vicaire général de l’archidiocèse de Londres, Co-Secrétaire de l’Assemblée épiscopale pan-orthodoxe de Grande-Bretagne et d’Irlande, et le président de son Sous-Comité de l’éducation.

« Ce Psaume50 n’est pas simplement une expression de pénitence et de dégoût de soi. C’est l’immense sainteté de Dieu qui est la source de la profonde repentance, et ceci est en particulier lié à la venue du Saint Esprit. La récitation du Psaume 50 est une préparation pour l’épiclèse, lorsque nous appelons le Saint Esprit afin qu’Il change le pain et le vin en Corps et Sang du Christ. Et ainsi dans le Psaume 50, le prêtre dit : « Crée en moi un coeur pur, ô Dieu, et renouvelle en ma poitrine un esprit droit. Ne me rejette pas loin de Ta face, et ne retire pas de moi Ton Esprit-Saint. »

 

« C’est à cause de cette conscience d’être en présence de la sainteté que le Psaume 50 est loin d’être morbide et morose. Nous y sommes rappelés que la repentance trouve son accomplissement non pas en regardant en arrière vers nos péchés, en désespérant, mais en regardant vers l’avenir avec espérance et foi; non pas en regardant vers les flammes de l’Hadès, mais en regardant vers Dieu au Ciel. Nous sommes appelés à devenir ce que Dieu veut que nous soyons : saints. Dieu dit à Son peuple : « Soyez saints, car Je suis Saint » (Lév. 11,44). Et saint Pierre écrit « de même que Celui Qui vous a appelé est Saint, soyez vous aussi saints en tout ce que vous entreprenez, » et il continue en citant le Lévitique : « car il est écrit ‘Soyez saints, car Je suis Saint » (1 P 15-16). Saint Paul appelle les Chrétiens des « saints » .On nous rappelle cet appel à la sainteté jusque avant la Communion, lorsque le prêtre élève le Corps du Christ et proclame : « les saints Dons aux saints! »

« Le Psaume 50 n’est pas une prière de désespoir mais d’espérance : « Tu m’aspergeras avec l’hysope, et je serai purifié, Tu me laveras, et je deviendrai plus blanc que la neige. Tu me feras entendre des paroles de joie et d’allégresse, et ils exulteront, les os humiliés [..] Rends-moi la joie de Ton Salut, et fortifie-moi par l’Esprit souverain. J’enseignerai Tes voies aux pécheurs, et les impies reviendront vers Toi. » Il nous est aussi rappelé que Dieu écoute la prière du coeur contrit : « Si Tu avais voulu un sacrifice, je Te l’aurais offert, mais Tu ne prends aucun plaisir aux holocaustes. Le sacrifice qui convient à Dieu, c’est un esprit brisé ; un coeur broyé et humilié, Dieu ne le méprise point. »

« Car il n’y a que lorsque nous sommes en paix – avec Dieu, avec notre prochain, et avec nous-mêmes que nous pouvons dignement offrir notre Liturgie à Dieu, et, ce faisant, être dignes de recevoir le Corps et le Sang du Christ pour le pardon des péchés et la vie éternelle. Alors « Tu me feras entendre des paroles de joie et d’allégresse, et ils exulteront, les os humiliés, » et nous pouvons retourner dans le monde pour « raconter les grandes choses que Dieu a faites pour nous » (Lc 8,38). Et ainsi comblé de cette joie et allégresse divines, nous enseignerons « Tes voies aux pécheurs, et les impies reviendront vers Toi. » »

L’humilité  - père André

« Cette humilité n’est pas une vertu qui s’ajoute, c’est l’attitude foncière de l’âme sainte qui se voit dans la présence de Dieu, qui voit sa petitesse et sa faiblesse à elle et sa grandeur à Lui. Cette humilité est constamment inculquée, avec insistance, avec force, par tout l’enseignement moral et spirituel de l’Eglise orthodoxe. C’est elle qui resplendit avec tant de rayonnement, jointe à la douceur, la simplicité, la bienveillance et l’esprit de mesure et d’équilibre spirituel, sur le visage des pères du désert et dans la personnalité des grands saints et justes de l’Eglise russe. (…) L’abbé Dorothée (VI-VIIe siècles) dans ses homélies qui ont été considérées par l’Eglise d’Orient comme une des meilleures introductions à la vie spirituelle, nous donne toute une philosophie de l’humilité. Il compare les âmes à des arbres fruitiers. Quand ces arbres portent beaucoup de fruits, les branches, sous le poids, s’inclinent vers la terre ; par contre, les branches qui n’ont pas de fruits se dressent vers le haut. Il y a même des arbres aux branches desquels on attache des pierres pour les contraindre à s’incliner afin qu’elles portent des fruits. Il en va de même avec les âmes : quand elles s’humilient, elles deviennent riches en fruits, et plus elles le deviennent, plus elles s’humilient. C’est pourquoi plus les saints se rapprochent de Dieu, plus ils se voient pécheurs. Ainsi Abraham, quand il vit Dieu, s’appela terre et poussière (Gen. 18,27) et Isaïe, en voyant Dieu trônant dans sa majesté, s’écria : Je suis un réprouvé, un impur ! (Is. 6,5). »

« Un autre trait important est l’accent mis sur la douceur, la patience, la bienveillance et l’humilité (cf. Gal. 5,22) dans les rapports avec autrui. Supporter en toute humilité les injures et l’injustice et ne pas répondre au mal par le mal, mais tâcher de se concilier les hommes par la douceur et le bien qu’on leur fait. ».

La sobriété spirituelle

« Voici encore un trait qu’il faut relever dans cet enseignement, dans cet idéal et cette expérience de sainteté : c’est la sobriété spirituelle, l’accent d’une virilité modeste, pleine de discernement spirituel, jointe à une simplicité d’enfant, douce et bénigne, mais une simplicité qui appartient déjà aux hauteurs et touche au sublime. Le guerrier de Dieu doit être viril, et cette virilité doit être humble et sobre.

« Cette sobriété spirituelle qui va de pair avec cette vigilance du cœur, cette circonspection douce, humble et virile, nourrie d’une vie de prière incessante et inlassable, se manifeste aussi dans une grande méfiance vis-à-vis de tout émotionalisme religieux. »

La conversion intérieure

« Cet aspect, d’ordre émotionnel, a déjà été évoqué dans le paragraphe précédent. Nous y revenons ici, car nous pensons que la vie chrétienne devient véritablement authentique lorsque le cœur est profondément touché, dans la rencontre avec la grâce. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur (Matth. 6,21).

« On aura déjà compris que l’émotion dont il s’agit (ce terme doit être pris avec précaution) ne signifie pas sentimentalisme ni débordement incontrôlé. Ce n’est pas un sentiment qui vient des choses sensibles, visibles, mais des choses invisibles (cf. II Cor. 4,18), du mystère qui se manifeste et se dévoile. Il s’agit de la crainte de Dieu, du tremblement devant le sacré, des larmes du repentir, de la joie aux pieds du Seigneur miséricordieux, de l’ébranlement intérieur provoqué par la rencontre avec le Dieu vivant, le Dieu d’amour et de compassion… »

Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. (Ez. 36,26)

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13
avril

de la Consécration

annexe 1 – LA BASE DE LA CONSÉCRATION

LA BASE DE LA CONSÉCRATION

Références bibliques : Ex 28.1-2, 40-41 ; Lv 8.14-28 ; Rm 6.13, 16, 19 ; 12.1 ; 1 Co 6.19-20 ; 2 Co 5.14-15

Nous trouvons l’enseignement de la consécration dans l’Ancien Testament et dans le Nouveau. Beaucoup de passages du Nouveau Testament, tels que Romains 6 et 12, nous parlent de consécration. Dans l’Ancien Testament, la consécration est surtout en rapport avec Aaron et sa maison. Exode 28 et 29 et Lévitique 8 nous parlent de la consécration d’Aaron et de sa famille.

La nation d’Israël était une nation choisie par Dieu (Ex 19.5-6), mais elle n’est pas devenue une nation consacrée. Il y avait douze tribus parmi les Israélites, mais toutes les tribus n’ont pas reçu le saint service. La tribu de Lévi était l’une de ces douze tribus. C’était une tribu choisie par Dieu (Nm 3.11-13), mais ce n’était pas une tribu consacrée. Parmi les nombreux Lévites, seule la maison d’Aaron a reçu le saint service. Tous les Israélites n’ont pas reçu le saint service, ni même tous les Lévites. Seule la maison d’Aaron a reçu le saint service. Pour pouvoir être consacré, il fallait appartenir à cette maison. Si quelqu’un ne faisait pas partie de cette maison, il ne pouvait pas se consacrer.

Nous voyons ici que l’homme ne se consacre pas parce qu’il a choisi Dieu. Au contraire, c’est Dieu qui choisit et qui appelle, puis c’est l’homme qui se consacre à Lui. Ceux qui considèrent qu’ils font une faveur à Dieu en renonçant à leur vie, ce sont ceux du dehors ; ils ne sont pas du tout consacrés. Nous devons réaliser que notre service envers Dieu n’est en aucun cas une faveur ou une courtoisie que nous Lui faisons. Il ne s’agit pas de se donner à l’œuvre du Seigneur, mais c’est plutôt le Seigneur qui, dans sa grâce, nous accorde une partie de Son œuvre. C’est Dieu qui nous a donné la gloire et la beauté. La Bible nous dit que les saints vêtements du sacrificateur sont pour la gloire et la beauté (Ex 28.2). La consécration, c’est quand Dieu nous donne la gloire et la beauté ; c’est Dieu qui nous appelle à Son service. Si nous nous glorifions de quoi que ce soit, cela ne doit être de rien d’autre que de notre Seigneur.

Nous voyons clairement dans 2 Corinthiens 5.14-15 que la puissance « contraignante » de l’amour de Dieu est la raison pour laquelle ses enfants vivent pour Celui qui est mort pour eux et qui est ressuscité. Un homme vit pour le Seigneur parce qu’il y est « contraint » par l’amour du Seigneur. Dans la langue originale, le mot contraint peut être traduit par « pressé de tous côtés », c’est-à-dire extrêmement confiné. Cela signifie être fortement lié et enveloppé. L’amour nous a liés, et nous ne pouvons nous échapper. Lorsqu’une personne est amoureuse, elle a un sentiment d’esclavage. Nous sommes liés par Lui ; il n’y a aucune issue. Il est mort pour nous, et nous devrions vivre pour Lui aujourd’hui. Ainsi, l’amour est la base de la consécration. Un homme se consacre au Seigneur à cause de l’amour du Seigneur pour lui. Personne ne peut se consacrer s’il n’a pas au préalable touché l’amour du Seigneur. L’homme doit toucher l’amour du Seigneur pour lui avant qu’il puisse se consacrer au Seigneur. Lorsque nous touchons l’amour du Seigneur, la consécration suit de façon spontanée.

La consécration est basée sur l’amour du Seigneur pour nous. Mais elle est aussi basée sur le droit du Seigneur. Cette vérité nous est révélée dans 1 Corinthiens 6.19-20 : « Vous ne vous appartenez point à vous-mêmes… Car vous avez été rachetés à un prix. » Notre Seigneur a donné Sa propre vie pour nous ; Il est même devenu la rançon pour nous racheter à Lui. Nous sommes ceux qui ont été rachetés par le Seigneur. Puisque le Seigneur nous a rachetés, nous sommes prêts à perdre notre propre liberté pour Lui. Nous ne nous appartenons plus ; nous sommes au Seigneur. Nous devons glorifier Dieu dans nos corps parce que nous ne nous appartenons pas ; nous avons été rachetés par le Seigneur à un prix. Le sang que le Seigneur a versé sur la croix est le prix qu’Il a payé.

Nous sommes consacrés par le baptême, séparés du monde, dans le sens de ce monde tourné vers lui-même, ne vivant que pour lui-même. A notre mesure, l’image en nous du don du Christ pour nous jusqu’à la mort sur le croix, est le refus de l’égoïsme, parce qu’à partir du baptême le nouveau chrétien est agrégé à un corps dont le Christ est la tête. Avoir conscience de cela est important car il ne faut qu’une action individuelle non bénie par l’évêque ou le prêtre, produise une distorsion dans l’unité du corps de l’Eglise via le corps paroissial.

Lorsque nous sommes chrétiens, nous devons servir Dieu toute notre vie. Dès qu’une personne se consacre, elle doit réaliser qu’à partir de ce moment, la volonté du Seigneur passe en premier dans sa vie. Servir Dieu devient la mission de toute sa vie. Que Dieu soit bon envers nous et qu’Il nous montre que notre service quotidien auprès de Lui est notre devoir ! Nous devrions montrer à tous les croyants que nous sommes désormais de ceux qui servent l’Éternel. Nous devons réaliser qu’en tant que chrétiens, nous ne pouvons plus être négligents dans quoi que ce soit.

Ephésiens 5 :25-26 nous dit que la Parole de Dieu nous sanctifie dans notre intelligence. Lorsqu’elle pénètre en nous, elle neutralise nos raisonnements incrédules. C’est en étant instruit selon la Vérité, que la connaissance de la volonté de Dieu et de ce qui lui est agréable nous est révélée.

Colossiens 1 :9 nous apprend que la volonté de Dieu se discerne par « l’intelligence spirituelle ». Le discernement biblique nous éloigne de toutes souillures conscientes et inconscientes. Le péché qu’il soit volontaire ou involontaire, peut être vaincu par nos actions réfléchies.

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13
avril

de la confession

2-de la Confession

Trois périodes dans l’histoire du mystère de la confession

La première période est la période classique étroitement liée aux canons des anciens conciles et des Pères de l’Église. La discipline pénitentielle devait traiter les principaux péchés graves de l’époque: l’apostasie, le meurtre et l’adultère, parce que ces péchés touchaient l’unité de la communauté. Celle-ci était nécessairement suivie de trois étapes: l’exclusion de la communauté ecclésiale (excommunication), une période de pénitence et finalement la réintégration du pénitent dans la communauté ou réconciliation. Le pouvoir reçu du Christ par l’Église de lier et de délier (cf. Mt 16, 19) était précisément interprété comme le pouvoir d’excommunier et de réconcilier. La pénitence (epitimie) n’était pas considérée comme une punition, mais comme le chemin de retour à l’unité.

C’était un moment d’épreuve, durant lequel le chrétien devait montrer sa volonté de réintégrer la communauté. Il était lui-même constitué de quatre étapes progressives de réintégration dans la communauté, chacune avec sa catégorie de pénitents:les pleurs; l’audition; la prosternation Les pénitents, lors de chacune de ces étapes, se tenaient à des endroits différents de l’ église et participaient ou non à certaines parties des offices. Les pleurants se tenaient à l’extérieur de l’ église. Les auditeurs pouvaient entrer dans le narthex. Les prosternés se plaçaient à la porte de la nef, mais ne pouvaient participer qu’à la liturgie de la parole et ne pouvaient pas communier- la confession était publique, puisqu’elle portait sur la relation du pécheur et de la communauté ecclésiale.

La deuxième période commence avec l’apparition du Kanonarion attribué à Jean le Jeûneur, patriarche de Constantinople (582-595). Certains chercheurs estiment que ce document date en fait du VIIIe ou du IXe s. Il s’agit d’un recueil d’instructions pour les confesseurs, voulant les aider dans l’application des pénitences (epitimies) des anciens canons dans de nouvelles situations, dans un nouveau contexte. La durée des excommunications fut ainsi considérablement abrégée et parfois même remplacée par des rites de piété (prosternations, jeûne, etc.). À cette époque, la confession était déjà devenue privée et personnelle, et le secret de confession fut affermi. Ceci résulta dans la création de divers «ordres» ou de «rites» de confession à Byzance. Les plus anciens que nous connaissons datent du Xe siècle. Nous pouvons les regrouper en deux types: le type presbytéral, lorsque la confession est reçue par un ministre ordonné, et le type monastique, quand le pénitent se confesse à un moine non ordonné. Le second type fut davantage influencé par le Kanonarion et la confession s ‘y déroulait en suivant un questionnaire très long et détaillé. Ceci semble indiquer que la confession, dans ce cas, était encore probablement occasionnelle, un événement exceptionnel et rare dans la vie d’une personne, qui avait peut-être lieu avant que celle-ci n’entre au monastère ou avant qu’elle ne reçoive la tonsure monastique. Le postulant devait alors se repentir de tous les péchés qu’il avait commis dans sa vie antérieure et les confesser à son parrain qui n’était pas nécessairement un prêtre. Dans de telles circonstances, le pouvoir reçu du Christ de lier et de délier (cf. Mt 16, 19) était accordé au confesseur. Le premier type ne comprenait aucun examen, mais au contraire, prenait une forme liturgique (avec des lectures de l’Apôtre et de l’Évangile, etc.) ce qui semble indiquer qu’il demeurait partiellement public.

La troisième période de 1′histoire de la pratique de la confession correspond aux temps modernes, à partir du XVIIIe siècle. La caractéristique de cette période, est l’absence quasi-complète d’application des pénitences. La pratique de la confession s’identifia à la direction spirituelle, avec le risque d’oublier de se placer devant Dieu et devint dès lors très fréquente dans la vie du croyant, tout en demeurant entièrement privée.

Archimandrite Job Getcha

« Il semble qu’une confusion existe de nos jours entre la confession sacramentelle et la direction spirituelle (ou manifestation des pensées). En fait, beaucoup ignorent cette distinction. Nous pensons néanmoins que ces deux choses, qui sont intimement liées, doivent être clairement distinguées. La pratique de la direction spirituelle fut largement diffusée dans le contexte monastique de l’Orient chrétien. On attendait du jeune disciple qu’il ouvre son coeur à son geronda (starets, ancien) et qu’il lui fasse part de toutes ses pensées chaque jour, et parfois même plusieurs fois par jour. Cette pratique, héritée de la philosophie antique (principalement du stoïcisme), aide le novice à acquérir l’ expérience nécessaire pour le combat spirituel qu’il entreprend. Le père spirituel, qui était à la fois expérimenté et avait le don du discernement, aidait le novice, par ses conseils, à prendre les bonnes décisions et à adopter la bonne attitude en vue de guérir de sa maladie spirituelle.

Un autre problème qui peut apparaître lors de la direction spirituelle est celui du culte de la personnalité, lorsque le père spirituel devient le centre, le coeur de la confession: ce n’est plus vers Dieu, mais vers la personne du père spirituel que viennent les pénitents. Afin d’éviter ce risque, le père spirituel doit toujours chercher à s’effacer, veiller à être transparent. Dans le mystère de la confession, nous nous confessons, en tant que membres de l’Église, à Dieu et à son Église, rendus présent par le prêtre. Lorsque celui-ci parle en confession, il ne le fait pas en son nom propre, mais s’efforce d’être l’instrument de Dieu. Il doit mettre de côté ses talents personnels et s’efforcer d’être le véhicule du Saint Esprit, un instrument de Dieu.

Au contraire, la confession sacramentelle nécessite un ministre ordonné, un prêtre qui, en tant qu’intercesseur et célébrant du mystère, est le canal de la grâce entre Dieu et l’homme. La confession exige la présence du pénitent et du confesseur, puisqu’un mystère est la manifestation de la grâce divine ici et maintenant. »

Confession et psychanalyse Père Michel Evdokimov


« 
L’aveu de ses péchés ne consiste pas en une exploration systématique du moi psychique, il ne dresse pas un inventaire de tout ce qui est déréglé dans la psyché, il est bien éloigné – avec quelques recoupements possibles – de l’analyse psychanalytique. Celle-ci tente d’apporter un bienfait aux êtres douloureux en proie au mal de vivre ; le sacrement de la pénitence vise le salut. Le déroulement de ce sacrement laisse au pénitent une zone d’intimité, un jardin secret, peut-être connu de Dieu seul, il évite les constants retours en arrière, jusqu’à la première enfance parfois, qui risquent de dévier vers une attitude complaisamment narcissique, contre laquelle l’apôtre Paul s’était prémuni : « oubliant ce qui est en arrière et tendant vers ce qui est en avant » (Phil. 12/13). L’essentiel de la confession réside dans la prise de conscience de son état de sujétion au péché, d’un désir sincère de repentance, d’une volonté ferme de ne pas retomber dans les mêmes égarements et de progresser dans le « renouvellement de l’homme intérieur » (2Cor. 4/16).
La psychanalyse, si elle parvient à démonter le délicat mécanisme des complexes, des transferts ou des pulsions n’est pas toujours en mesure de reconstruire l’être intérieur, de redonner le goût de la vie, de pacifier le moi bondissant, de soulager le remords. La confession, par contre, si elle part d’un élan de foi, d’un abandon total en la miséricorde divine, aboutit au pardon du Père, toujours octroyé, sans limitation aucune. La promesse du salut accueillie avec humilité, la réintégration dans l’amour du Père (ce Père dans lequel l’homme moderne projette tant de fantasmes perturbants), et donc dans la communion des hommes, ouvre la voie vers une guérison à la fois du corps et de l’âme. Le pardon du péché est la pierre de touche de notre foi. »

Ceci est important pour distinguer entre deux questions que nous nous posons : est ce que je veux être guéri ?, ou est ce que je veux être en communion avec Dieu ? Est ce que je veux être libéré de mes problèmes ? Ou est ce que je veux être sauvé par la miséricorde de Dieu ?

Si nous demeurons dans la question d’être guéri, il est impératif de ne pas se tromper sur l’objet et le but de la guérison, sinon nous demeurerons centrés que sur nous-mêmes.

Pour éviter ce risque souvenons-nous de Zachée (Luc19/1-10), le publicain et le pharisien (Lc 18/9-14) et tous ces passages où les hommes sont plus intéressés par l’Homme-Nouveau qu’est le Christ, que par leurs problèmes.

Archimandrite Séraphim Alexiev

« Tout d’abord, quittes le tumulte de la vie quotidienne. Abandonnez tout autre souci, rassembles ton esprits, et dis une courte prière, du fond du cœur. Rappele-toi tes péchés et retranscris-les éventuellement sur une feuille de papier de telle façon que tu ne les oublies pas dans ton embarras. Gardes conscience de l’impureté de ta vie avant la Confession. Rappele-toi les dix commandements, considères ceux que tu as transgressés, poses-toi la question de la gravité de tes péchés, examines ta conscience, juges par toi-même, pleures sur ta chute, et, dans cet état, rends-toi chez le prêtre. Alors tu pourras avoir conscience de recevoir un véritable pardon. « Un cœur brisé et humilié, Dieu ne le méprisera pas. ». (Ps. 50 :17)

Parler avec grande vérité va garantir la ferme intention de ne plus pécher à l’avenir. Il y a des gens qui se confessent dans l’unique but de pouvoir communier, comme c’est la tradition dans l’Église orthodoxe. Ils sont guidés par la pensée que communier sans Confession est un péché grave pour l’âme. Hélas, ils ne décident pas dans leur cœur de commencer une nouvelle vie. Ils pensent : « Je vais pécher jusqu’à la prochaine Confession, et je me repentirai à nouveau ; s’il y a confession, le péché n’est pas si terrible. » Et certains se dépêchent souvent malgré eux de commettre les péchés qu’ils désirent mais qu’ils n’ont pas encore commis avant de se confesser, de telle façon qu’ils puissent les rapporter lors de la prochaine Confession. Tout cela est odieux et abject devant Dieu. La Confession n’est pas bénéfique pour ceux qui suivent consciemment les caprices pécheurs de leur volonté pervertie en transgressant sciemment les commandements de Dieu. Un homme qui crée ainsi des habitudes pécheresses en lui-même se demandera en vain, par la suite, pourquoi la Confession ne l’aide pas à se corriger. Il ne parvient pas à se corriger pace qu’il ne le veut pas !

Saint Basile le Grand dit : Ce n’est pas celui qui dit : « J’ai péché » et après cela continue à pécher qui confesse son péché, mais c’est celui qui, selon les paroles du Psaume, a vu son péché et le hait. De quelle utilité est le souci du médecin pour le patient si ce dernier refuse obstinément de s’abstenir de ce qui est dangereux pour sa santé ? De la même manière, il n’y a pas lieu de pardonner les injustices d’un homme qui continue à les commettre.

Qui se permet de pécher arbitrairement, avec l’espoir qu’il se repentira, dit Saint Isaac le Syrien, triche avec Dieu. Pour bénéficier de la Confession, tu dois te résoudre à ne plus pécher dans le futur. Pour que cela se produise, au cours de la Confession, souhaites de tout ton cœur commencer une nouvelle vie. Si tu éprouves ce désir libérateur, aie confiance que Dieu nous aidera par tous les moyens possibles. »

Extrait du livre de l’Archimandrite Séraphim Alexiev

Les 10 Commandements

16 Et voici, un homme s’approcha, et dit à Jésus: Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle?
17 Il lui répondit: Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon? Un seul est le bon. Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. Lesquels? lui dit-il.
18 Et Jésus répondit: Tu ne tueras point; tu ne commettras point d’adultère; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; honore ton père et ta mère;
19 et: honore ton père comme toi-même. (Matthieu 19/16-19)

Les Dix Commandements se trouvent dans la Bible dans Exode 20:1-17 et Deutéronome 5:6-21 et s’articulent ainsi :

(1) « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face. » Ce commandement s’élève contre d’autres dieux que le Seul Vrai Dieu. Tous les autres dieux sont des faux dieux.

(2) « Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent, et qui fais miséricorde jusqu’en mille générations à ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements. » Ce commandement s’élève contre les idoles, les représentations visibles de Dieu. Aucune image que nous ne puissions produire ne pourrait faire un portrait exact de Dieu. Faire une idole qui représente Dieu revient à adorer un faux dieu.

(3) « Tu ne prendras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain ; car l’Éternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain. » Ce commandement s’élève contre le blasphème. Nous ne devons pas prendre le nom de Dieu à la légère. Nous devons montrer de la révérence à Dieu en mentionnant son Nom avec respect et honneur.

(4) « Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes. Car en six jours l’Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour : c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié. » Ce commandement met à part le four du Sabbat (samedi, le dernier jour de la semaine) comme un jour de repos dédié au Seigneur.

(5) « Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne. » Ce commandement exige que nous traitions toujours nos parents avec honneur et respect.

(6) « Tu ne tueras point. » Ce commandement s’élève contre le meurtre prémédité d’un autre être humain.

(7) « Tu ne commettras point d’adultère. » Ce commandement s’élève contre tous rapports sexuels autres qu’avec son conjoint.

(8) « Tu ne déroberas point. » Ce commandement s’élève contre le fait de prendre quoique se soit qui ne nous appartient pas sans permission de son propriétaire.

(9) « Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain. » Ce commandement s’élève contre tout faux témoignage porté contre qui que ce soit. Ce commandement condamne tout simplement le mensonge.

(10) « Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain. » Ce commandement s’élève contre le désir de posséder ce qui ne nous appartient pas. La convoitise mène aux autres commandements listés plus hauts : meurtre, adultère et vol. Si c’est mal de faire quelque chose, c’est également mal que de désirer faire la même chose.

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13
avril

sur le jeûne

1-sur le jeûne

A. LES RAISONS DU JEÛNE…

1. Certain jeûne était une réaction naturelle du chagrin sur la perte d’un bien-aimé (comme les hommes de Jabès et David)
2. Mais le plus souvent, jeûner a été fait pour un but:
a.  » affligez l’âme  » – Lev 23:26-32
b.  » châtiez l’âme  » – Ps 69:10
3. Le but d’une telle affliction ou de châtiment était « d’humilier  » l’âme (Ps 35:13) (Lev 16 :29 23 :27), et pas pour en affecter le corps.
4. Évidemment, ils ont senti qu’en s’humiliant ainsi qu’ils obtiendraient vraisemblablement plus la faveur de Dieu – cf. Esdra 8:21-23; Ésaïe 57:15; 66:1-2
5. Donc ils jeûnaient quand ils avaient besoin de :
a. Pardon pour le péché (Moïse, Achab, Daniel)
b. Leurs biens-aimés ont retrouvé la santé (David)
c. Protection contre le danger (Esdra)
d. Délivrance de leurs ennemis (les Israélites)

B. LA NATURE DU JEÛNE…

1. La traduction NORMAL du jeûne impliquait de S’ABSTENIR DE TOUTE NOURRITURE MAIS PAS DE L’EAU
2. Quelquefois le jeûne était PARTIEL – une restriction d’alimentation mais pas D’abstention totale – cf. Da 10:2-3
3. Sur Des occasions rares il y avait le jeûne ABSOLU
a. Comme dans le cas des gens de Ninive qui a aussi inclus les animaux dans leur jeûne – cf. Jonas 3:5-10
b. Comme dans le cas de la reine Esther – Esth 4:16 (cf. Paul, Ac 9:9)
c. Les jeûnes absolus de Moïse et Élie ont dû avoir l’assistance divine – Deu 9:9; 1 Rois 19:8

C. LA LONGUEUR DU JEÛNE…

1. Un jeûne était souvent pour UN JOUR, du lever du soleil au coucher du soleil, et après que la nourriture du coucher du soleil fût prise – Jug 20:26; 1 Sam 14:24; 2 Sam 1:12; 3:35
2. Un jeûne peut être pour UNE NUIT – Dan 6:18
3. Le jeûne de Esther à continuer pour TROIS JOURS, jour et nuit ce qui paraît avoir été un cas spécial – Esth 4:16
4. À l’enterrement de Saül, le jeûne à Jabès était de SEPT JOURS – 1 Sam 31:13; 1 Chron 10:12
5. David a jeûné SEPT JOURS quand son enfant était malade – 2 Sam 12: 16-18
6. Les plus longs jeûnes enregistrés dans Bible étaient QUARANTE JOURS par Moïse, Élie, et Jésus – Exod 34:28; Deut 9:9; 1 Rois 19:8; Mt 4:2; Lc 4:2

Le Nouveau Testament ne parle que peu du jeûne. Voici les règles de base:
Matthieu 6:16-18

« Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense. Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. »

Ce qu’il faut éviter c’est:
1. De faire savoir que l’on jeûne – c’est entre Dieu et nous et ne concerne personne d’autre.
2. Selon Colossiens 2:20-23 « Si vous êtes morts avec Christ aux principes élémentaires du monde, pourquoi, comme si vous viviez dans le monde, vous impose–t–on ces préceptes: Ne prends pas! Ne goûte pas! Ne touche pas! Préceptes qui tous deviennent pernicieux par l’abus, et qui ne sont fondés que sur les ordonnances et les doctrines des hommes? Ils ont, en vérité, une apparence de sagesse, en ce qu’ils indiquent un culte volontaire, de l’humilité, et le mépris du corps, mais cela est sans valeur réelle et ne sert qu’à satisfaire la chair. »

Donc « jeûner pour jeûner » non seulement ne sert à rien, mais celui qui se vante de ses jeûnes est en dehors du bon chemin! Il ne faut donc pas jeûner sans une raison impérieuse et précise, comme expression du repentir, par exemple, mais le jeûne n’efface par pour autant la faute.

Le jeûne est lié à la prière, mais aussi à des situations de crise. Le jeûne est lié à l’humiliation devant Dieu, à la recherche de la volonté et de la gloire de Dieu. Le jeûne ne doit pas être lié à un besoin, mais être mis en relation avec l’action de grâces.

Certaines personnes jeûnent parce qu’elles pensent que le jeûne augmentera les chances d’avoir la réponse à leur prière. Jésus dit cependant que ce qui fait que nos prières soient répondues favorablement c’est la foi, et non pas le jeûne (voir Mt. 21 :22).

L’Ancien Testament enseigne aussi que l’observation du jeûne au détriment de l’obéissance aux commandements les plus importants comme l’assistance aux pauvres, est très mauvaise (voir Es. 58 :1-12 ; Zac. 7 :1-14).

Mt 6,1-6  et Mt 6,16-18) L’aumône, la prière et le jeûne sont les rudiments de base de la Loi. L’aumône est l’expression de la libéralité, de la charité, de l’amour. La prière est au chrétien ce que l’oxygène est aux poumons. Elle doit être constante et permanente. La prière est nécessaire pour mener une vie chrétienne saine et normale. Dieu nous donne cet ordre pour notre bénédiction (« Ton Père qui est dans le secret te le rendra »).

Nous devons veiller à cette intimité avec lui, humblement et loin des regards. Jésus ne dit pas que la charité, la piété, l’aumône, la prière et le jeûne sont abolis, mais il faut les pratiquer dans la consécration.
(Mt 17,14-21) Les disciples étaient tombés dans la routine à force de voir tous les miracles qu’ils faisaient eux-mêmes. Ils ont cru que la force était en eux et ne pensaient plus que c’était Dieu qui agissait à travers eux. Ils sont tombés dans l’incrédulité, ils ont commencé à se confier en eux-mêmes, en leurs propres forces, ils ont pris l’habitude de faire eux-mêmes les miracles. Le remède unique recommandé par Jésus : la prière et le jeûne.

Ainsi, nous jeûnons pour nous accorder suffisamment de temps pour prier et chercher Dieu. Il est difficile de trouver un passage qui fait mention du jeûne sans la prière, ce qui nous conduit à croire que jeûner sans prier, n’est qu’une peine perdue. Les deux mentions du jeûne dans le livre des Actes, ajoutent la prière au jeûne. Dans le premier cas (voir Act.13 :1-3), les prophètes et les enseignants à Antioche servaient simplement le Seigneur « dans le jeûne et prière ». Et alors qu’ils priaient, ils eurent une révélation prophétique leur ordonnant de consacrer Paul et Barnabas dans l’oeuvre de leur appel. Dans le deuxième cas, Paul et Barnabas firent désigner des anciens dans les nouvelles églises de Galatie. Nous lisons :

Ils firent nommer des anciens dans chaque église, et, après avoir prié et jeûné, ils les recommandèrent au Seigneur, en qui ils avaient cru (Act.14 :23).

Ainsi, lorsque nous cherchons la direction de Dieu pour les décisions spirituelles les plus importantes, le jeûne nous permet d’y arriver. La prière pour les autres requêtes peut se faire en un temps relativement court (nous ne devons pas jeûner pour prier le notre Père). Les prières qui consistent a chercher la direction de Dieu nécessitent beaucoup de temps parce qu’il nous est souvent difficile de « discerner la voix de Dieu ». Savoir avec certitude que telle ou telle autre direction vient de Dieu, peut nécessiter une période assez longue dans la prière, et c’est à ce moment que le jeûne devient nécessaire.

Rappelez-vous que le jeûne ne change pas Dieu. Notre Dieu reste Le même avant, pendant et après notre jeûne. Le jeûne n’est pas un moyen de « forcer de Dieu a agir », ni une manière de Lui dire : « Tu ferais mieux de répondre à ma prière, sinon, je vais mourir de faim ». Ce n’est pas un jeûne biblique ça – c’est juste une grève de faim ! Rappelez-vous que David avait jeûné et prié pendant plusieurs jours pour la guérison de son bébé malade, née de Bathsheba, mais l’enfant mourut parce que Dieu était en train de punir le roi David. Le jeûne n’a pas changé sa situation. David n’a pas prié dans la foi, dans cette circonstance, parce qu’il n’avait aucune promesse à laquelle il pouvait s’accrocher. En d’autres mots, le jeûne et la prière de David furent contraires à la volonté de Dieu.

Le jeûne ne garantit pas le réveil, comme certains le pensent. On ne trouve aucun exemple dans le Nouveau Testament d’une personne qui aurait jeûné pour le réveil. Au contraire, les apôtres obéirent simplement à l’ordre de Christ en prêchant l’évangile. Si une ville répondait négativement à leur prédication, ils obéissaient à l’autre commandement de Christ, et secouaient la poussière de leurs pieds pour aller dans la ville suivante (voir Luc 9 :5 ; Actes 13 :49-51). Ils ne restaient pas sur place pour prier et jeûner, attendant le réveil.

Le but du jeûne doit être la consécration.(voir annexe sur la consécration). Un jeûne bien mené dans la prière doit avoir pour résultante la consécration, la disponibilité à la volonté de Dieu, la soumission à Sa souveraineté. La consécration c’est une unité entre le fait de se préparer et de s’offrir.

« Quand le Grand Carême commence, préparons-nous et apprêtons nos armes spirituelles. Comme le font les cultivateurs, affûtons nos faux. Comme les marins, mettons de l’ordre dans nos pensées contre les vagues des désirs extravagants. Comme les voyageurs, préparons-nous à notre voyage vers le Ciel, et comme des lutteurs, dépouillons-nous pour le combat. 

Car le chrétien est en même temps un soldat, un marin, un cultivateur et un lutteur. Saint Paul le dit:  » Nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, [...] mais contre les esprits malins dans les lieux célestes. C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu afin de pouvoir résister… »

Mettez l’armure spirituelle et devenez soldat. Dépouillez-vous des soucis du monde, car le temps du Grand Carême est un temps de lutte. Cultivez votre âme. Coupez les épines du mal. Semez la parole de piété. soumettez le corps et mettez-le en sujétion à l’âme. Maîtrisez les vagues des désirs mauvais et empêchez la tempête des pensées malsaines. »

Saint Jean Chrysostome

Le Christ sauve le monde non pas en répandant l’idée de salut, mais en descendant Lui-même sur terre, en prenant corps de la Vierge Marie et en devenant physiquement l’un de nous, pas un fantôme, pas un esprit, mais de la chair et des os. Sa mort sur la Croix n’était pas un symbole, mais une réalité douloureuse. Sa résurrection n’était pas une simple histoire, pleine de moralité, mais le fait marquant d’une nouvelle étape de l’existence humaine.

De même, lorsque nous jeûnons, nous marquons aussi une nouvelle étape dans notre vie.

 

Le contrôle du corps par le jeûne dirige l’être humain tout entier vers Dieu, parce qu’un corps soumis par le jeûne apporte la liberté de l’esprit humain, la force, la sobriété, la pureté, et le discernement aigu. (Saint Ignace Briantchaninov).

« Bienheureuse est l’âme qui sait discerner le péché qui se trouve en elle! Bienheureuse est l’âme qui sait voir en elle-même les fruits de la chute des premiers parents, la corruption du vieil Adam. La vision de son propre péché est une vision spirituelle, une vision de l’esprit guéri de la cécité par la grâce divine. La Sainte Église orientale nous enseigne à demander à Dieu la vision de notre péché, et ce à genoux et par le jeûne.

Bienheureuse est l’âme qui complaît dans l’apprentissage de la loi de Dieu. C’est en elle qu’elle verra l’image et la beauté de l’homme nouveau. C’est elle qui lui permettra de déceler ses propres défauts et de les corriger.

Bienheureuse est l’âme qui se considère comme complètement indigne de Dieu, qui se juge comme perverse et mauvaise. C’est le signe qu’elle est sur la bonne voie du salut, parce qu’elle échappe à l’autosatisfaction. » (Saint Ignace Briantchaninov).

« Longtemps tourmenté à droite et à gauche, souvent éprouvé sur ces deux voies, couvert de plaies innombrables par l’adversaire, mais secrètement comblé de grands secours, j’ai recueilli en moi l’expérience de tant d’années, et dans l’épreuve et par la grâce de Dieu j’ai appris ceci : deux modes constituent le fondement de tous les biens, le rappel de l’âme hors de la captivité que lui impose l’ennemi, et la voie qui mène vers la lumière et la vie : se recueillir en un seul lieu et toujours jeûner. C’est-à-dire : se plier soi-même avec sagesse et prudence à la règle de la tempérance et de l’immobilité, dans la recherche et la méditation continuelles de Dieu. C’est par là qu’on atteint la soumission des sens. Par là qu’on acquiert la vigilante sobriété de l’intelligence. Par là que s’apaisent les passions sauvages qui se lèvent dans le corps. Par là que nous viennent la douceur des pensées. Par là que la réflexion se fait lumineuse. Par là qu’on s’applique aux œuvres de la vertu. Par là qu’en tout temps coulent les larmes sans mesure, et que nous est donnée la mémoire de la mort. Par là qu’on porte la pure chasteté, parfaitement dégagée de toute imagination qui tourmente l’intelligence. Par là qu’on voit avec acuité et pénétration les choses qui sont au loin. Par là qu’on découvre la profondeur des significations secrètes que l’intelligence comprend au cœur des paroles divines ; qu’on découvre également les mouvements intérieurs à l’âme, et le discernement de ce qui distingue les esprits du mal et les saintes puissances, les vraies visions et les imaginations vaines. Par là qu’on acquiert la crainte que donnent les voies et les chemins de Dieu, cette crainte en pleine mer des pensées, qui rompt avec la négligence et la nonchalance ; qu’on acquiert aussi la flamme de la ferveur qui passe sur tout péril et qui surmonte toute peur ; enfin qu’on porte en soi la chaleur dégagée de tout désir, cette chaleur qui efface de la réflexion la convoitise et plonge dans l’oubli tout souvenir des choses passées. Pour tout dire d’un mot, c’est par là qu’on parvient à la liberté de l’homme vrai, à la joie de l’âme et à la résurrection avec le Christ dans le Royaume. »

Saint Isaac le Syrien

 

« Je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur qu’après avoir proclamé le message aux autres je ne sois moi-même éliminé. » (1 Co 9,27)

Cette dernière parole de saint Paul ouvre sur le discernement. Nous verrons cela à travers le sacrement de la confession.

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