; charset=UTF-8" /> 2014 avril — Paroisse orthodoxe du Saint-Archange-Michel-et-de-Saint-Georges-du-Puy-en-Velay
25
avril

L’EUCHARISTIE LE SACREMENT DE L’ASSEMBLEE par père Alexandre Schmemann

Le sacrement de l’assemblée

L’EUCHARISTIE

LE SACREMENT DE L’ASSEMBLEE

par père Alexandre Schmemann

 

L’eucharistie c’est l’Église qui entre dans la joie de son Maître. Entrer dans cette joie comme en être le témoin dans le monde est, en vérité, l’appel même adressé à l’Église, sa leitourgia essentielle, le sacrement par lequel « elle devient ce qu’elle est ».

La meilleure façon de comprendre la liturgie eucharistique est de la regarder comme une route ou une procession. C’est la route par où l’Église entre dans la dimension du Royaume. Nous employons ce mot « dimension » parce qu’il semble le meilleur pour indiquer le comment de notre entrée sacramentelle dans la vie ressuscitée du Christ.

Notre entrée dans la présence du Christ est une entrée dans une quatrième dimension qui nous permet de pressentir l’ultime réalité de la vie. Ce n’est pas une évasion du monde. C’est plutôt l’arrivée à un point privilégié d’où notre vue peut plonger plus profondément dans la réalité du monde.

La mise en route commence quand les chrétiens quittent leurs maisons et leurs lits. En vérité, ils quittent leur vie dans ce monde, dans ce monde présent et concret. Qu’ils aient à faire trente kilomètres en auto ou qu’ils contournent à pied un pâté de maisons, ils commencent déjà à poser un acte sacramentel, un acte qui est la condition première pour tout ce qui va arriver d’autre. Car ils sont alors en route pour constituer l’Église, ou plus exactement, pour être transformés en Église du Christ. Ils étaient des individus, les uns blancs, d’autres noirs, les uns riches, d’autres pauvres, ils étaient le monde « naturel », une communauté naturelle.

Et voilà qu’on les a appelés à « se rassembler en un même lieu », à apporter avec eux leur « monde » même, à être plus qu’ils n’étaient : une communauté nouvelle vivant d’une vie nouvelle. Nous sommes déjà bien au-delà des catégories d’adoration et de prière en commun. Le but de ce « rassemblement » n’est pas simplement d’ajouter une dimension religieuse à la communauté naturelle, de la rendre « meilleure », plus responsable, plus chrétienne. Le but est d’accomplir l’Église, c’est-à-dire de re-présenter, de rendre présent l’Unique, en qui toutes choses sont à leur fin, et toutes choses sont à leur commencement.

La liturgie commence alors comme une réelle séparation du monde. Le Christ dont nous parlons n’est pas de ce monde (cf. Jean 8,23 ; 18,36) ; après sa résurrection, il n’a pas été reconnu, même par ses propres disciples. Marie Madeleine le prit pour un jardinier. Quand deux de ses disciples faisaient route vers Emmaüs jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux « et ils ne le reconnurent pas avant qu’il ait pris du pain, l’ait béni, rompu et le leur ait donné » (Luc 24, 15-16, 30). Il apparut aux Douze « les portes étant fermées ». Il devint évident alors qu’il ne suffisait plus, désormais, de savoir simplement qu’il était le fils de Marie. Il n’y avait matériellement rien qui oblige à le reconnaître. En d’autres termes, il ne « faisait plus partie de ce monde », de sa réalité ; et le reconnaître, entrer dans la joie de sa présence, être avec lui voulait dire se convertir à une autre réalité. La glorification du Seigneur n’a pas l’évidence contraignante et objective de son humiliation et de sa croix. On ne connaît sa glorification que par la mort mystérieuse aux fonts baptismaux, par l’onction de l’Esprit Saint. Elle n’est connue que dans la plénitude de l’Église quand celle-ci se rassemble pour rencontrer le Seigneur et partager sa vie ressuscitée.

Partir, arriver…, c’est le commencement, la ligne de départ du sacrement, la condition nécessaire à sa puissance et à sa réalité transformante. La liturgie orthodoxe commence par la doxologie solennelle : « Béni soit le Royaume du Père, du Fils et de l’Esprit Saint, maintenant et à jamais, dans les siècles des siècles. » Dès le début, on proclame la destination : la route mène au Royaume. C’est là que nous allons, et pas symboliquement, mais réellement. Dans le langage de la Bible qui est le langage de l’Église, bénir le Royaume n’est pas simplement l’acclamer. C’est annoncer clairement qu’il est le but, le terme de tous nos désirs et intérêts, de toute notre vie, la valeur suprême et ultime de tout ce qui existe. Bénir c’est accepter dans l’amour et avancer vers ce qui est aimé et accepté.

Ainsi l’Église est l’assemblée, la réunion de ceux qui ont reçu la révélation du but ultime de toute vie, et qui l’ont acceptée. Cette acceptation s’exprime dans la réponse solennelle à la doxologie : Amen. C’est, en vérité, l’un des mots les plus importants du monde, car il exprime l’assentiment de 1’Église à suivre le Christ dans son ascension vers le Père, à faire de cette ascension la destinée de l’homme. C’est le don que nous a fait le Christ, car c’est seulement en lui que nous pouvons dire Amen à Dieu, ou plutôt c’est lui-même qui est notre Amen à Dieu, et l’Église est un Amen au Christ. C’est sur cet Amen que se joue la destinée de la race humaine. Il révèle que la marche vers Dieu est déjà commencée.

Mais nous n’en sommes encore qu’au début. Nous avons quitté « ce monde-ci ». Nous nous sommes rassemblés. Nous avons entendu la proclamation de notre destination ultime. Nous avons dit Amen à cette proclamation. Nous sommes l’ecclésia, la réponse à cet appel et à cet ordre. Et nous commençons avec des « prières et supplications », avec une louange communautaire et joyeuse.

Une fois de plus, il nous faut souligner le caractère joyeux du rassemblement eucharistique. Car l’insistance médiévale sur la croix, bien qu’elle ne soit pas erronée, ne présente cependant qu’un aspect. La liturgie, avant tout, est le rassemblement joyeux de ceux qui vont rencontrer le Seigneur ressuscité et entrer avec lui dans la chambre nuptiale. Et c’est cette joie de l’attente, et l’attente de cette joie qui s’expriment dans les chants et le rituel, les ornements et l’encensement, dans la « splendeur » de la liturgie qu’on a si souvent dénoncée comme sans nécessité, voire pécheresse.

Sans nécessité, certes, elle l’est, car nous sommes bien au-delà des catégories du « nécessaire ». La beauté n’est jamais « nécessaire », « fonctionnelle » ou « utile ». Et quand, dans l’attente de quelqu’un que nous aimons, nous mettons une très belle nappe sur la table, la décorons de bougies et de fleurs, nous faisons tout cela non point par nécessité mais par amour. Et l’Église est amour, attente et joie. Elle est le ciel sur terre, selon notre tradition orthodoxe. Elle est la joie de l’enfance recouvrée, cette joie libre, inconditionnelle et désintéressée qui est seule capable de transformer le monde. Dans notre piété adulte, sérieuse, nous demandons définitions et justifications et celles-ci sont enracinées dans la crainte. Crainte de la corruption, des déviations, des « influences païennes », etc. Mais « celui qui craint n’est pas consommé en amour » (I Jean 4, 18). Tant que les chrétiens aiment le Royaume de Dieu, et ne se contentent pas d’en discuter, ils le « re-présentent » et le signifient, dans l’art et la beauté. Et le célébrant du sacrement de la joie se présente revêtu d’une chasuble splendide, parce qu’il est nimbé de la gloire du Royaume, parce que, même dans une forme humaine, Dieu apparaît en gloire. Dans l’eucharistie, nous nous tenons debout en présence du Christ et, comme Moïse devant Dieu, nous sommes là pour être couverts par sa gloire. Le Christ lui-même portait une tunique sans couture que les soldats au pied de la croix n’ont pas déchirée. On ne l’avait pas achetée au marché, mais, selon toute vraisemblance, elle avait été tissée par les mains aimantes de quelqu’un.

 

Extrait du livre du père Alexandre Schmemann,
Pour la vie du monde,
Desclée, 1969.

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25
avril

Du lien entre le père spirituel et le fidèle par l’obéissance selon saint Silouane

L’obéissance selon saint Silouane par le père Sophrony

Du lien entre le père spirituel et le fidèle par l’obéissance

Textes tirés des écrits de Saint Silouane

Archimandrite Sophrony : Starets Silouane, moine du Mont-Athos, éditions Présence.

Les prières d’un père spirituel ont une grande force. J’ai beaucoup souffert de la part des démons à cause de mon orgueil, mais le Seigneur m’a rendu humble et a eu pitié de moi grâce aux prières de mon père spirituel ; et, à présent, le Seigneur m’a révélé que le Saint-Esprit repose sur les pères spirituels, et c’est pourquoi j’ai un grand respect pour eux. Par leurs prières, nous recevons la grâce du Saint-Esprit et la joie dans le Seigneur qui nous aime et qui nous a donné tout ce qui est nécessaire pour le salut de nos âmes. (p 368)

Maintenant, je pense que si l’on ne se confesse pas à son père spirituel, il n’est pas possible d’échapper à l’illusion, car le Seigneur a donné aux pères spirituels le pouvoir de lier et de délier. (p 401)

Toute âme troublée par quelque chose doit interroger le Seigneur, et le Seigneur l’éclairera. Cela surtout dans le malheur et dans le trouble ; sinon il faut plutôt interroger son père spirituel, car cela est plus humble. (p 311)

Si le père spirituel n’a pas passé lui-même par l’expérience de la prière, interroge-le tout de même, et pour ton humilité le Seigneur aura pitié de toi et te gardera de toute erreur. (p 368)

L’obéissant s’est abandonné à la volonté divine, et c’est pourquoi lui sont donnés la liberté et le repos en Dieu, et il peut prier avec un esprit pur. (p 380) … Le vrai obéissant hait sa volonté propre et aime son père spirituel ; grâce à cela, il reçoit la possibilité de prier avec un esprit pur ; son âme contemple Dieu librement, sans pensées, et demeure paisible en Lui. Il atteint rapidement l’amour de Dieu grâce à son humilité et aux prières de son père spirituel. (p 381)

Dans l’esprit de l’obéissant, il n’y a que Dieu et la parole de son starets. (p 382)

Peut-être penseras-tu : comment tel évêque, père spirituel ou prêtre peut-il avoir le Saint Esprit, puisqu’il aime manger et a d’autres faiblesses ? Mais je te dirai : c’est possible, à condition qu’il n’accepte pas les mauvaises pensées ; de telle sorte que, bien qu’il ait quelques défauts, cela n’empêche pas la grâce de demeurer dans son âme, tout comme un arbre verdoyant peut avoir quelques branches sèches sans que cela ne lui nuise, et il porte des fruits; ou bien dans un champ où il y a beaucoup de blé, même s’il est mélangé à de l’ivraie, cela ne l’empêche pas de croître. (p 367)

Textes tirés des écrits du Père Sophrony

Dans les conditions de notre époque, l’exercice de la paternité spirituelle est une tâche surhumaine. (La prière, expérience de l’éternité, p 143)

Conformément au principe pastoral des Pères, aucun père spirituel ne doit commander à ses ouailles des actions qu’il n’a pas accomplies lui-même. Je ne pense pas que l’apôtre Paul ait été sous ce rapport moins sévère que les Pères. La réception de personnes qui traversent de pénibles épreuves ne peut être réglementée ou organisée arbitrairement ; on ne peut pas fixer certaines heures pour l’accueil des affligés, et d’autres pour ceux qui sont joyeux. Il s’ensuit que chaque pasteur doit être en tout temps en état de pleurer avec ceux qui pleurent et de se réjouir avec ceux qui sont dans la joie, d’être accablé avec ceux qui sont dans le désespoir et de conforter dans la foi ceux qui sont tentés. Mais ici aussi, comme dans toute notre vie, le Seigneur est notre premier exemple. (La prière, expérience de l’éternité, p 129)

Dans la plupart des cas, la réponse du père spirituel aura un caractère imparfait, voire relatif, non point parce que le confesseur serait privé de la grâce de la connaissance, mais parce que celui qui l’interroge n’a pas les forces d’accomplir un acte spirituel parfait. Dès lors, malgré le caractère relatif des indications données par le confesseur, celles-ci porteront toujours de bons fruits, pourvu qu’elles soient accueillies avec foi et fidèlement suivies. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 77)

Il estimait que l’humble voie de l’obéissance était, en général, la plus sûre de toutes. Il était fermement persuadé que, grâce à la foi de celui qui demande conseil, la réponse du père spirituel serait toujours bonne, profitable et agréable à Dieu. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 77)

Lorsqu’un maître spirituel ne rencontre aucune résistance de la part de son disciple, en réponse à la foi et à l’humilité de celui-ci, son âme s’ouvre facilement et, peut-être même complètement. Mais aussitôt qu’apparaît la moindre résistance au père spirituel, le fil de la pure tradition se rompt et l’âme du maître se referme. (Starets Silouane, moine du MontAthos, p82)

Le starets Silouane se taisait dès qu’il rencontrait la moindre opposition. Pourquoi ? D’une part parce que l’Esprit-Saint ne tolère ni violence ni discussion d’autre part, parce que la volonté de Dieu, c’est chose trop grande. La volonté de Dieu ne peut pas être contenue tout entière dans la parole du père spirituel, – laquelle comporte inévitablement un caractère de relativité, – ni trouver en elle son expression parfaitement adéquate. Seul celui qui accepte la parole de son père spirituel avec foi, croyant qu’elle est agréable à Dieu, sans la soumettre à son propre jugement, « sans raisonner », comme on dit souvent, seul celui-là a trouvé la vraie voie, car il croit réellement qu’ « à Dieu tout est possible » (Mt. 19 :26).
Telle est la voie de la foi, connue et sanctionnée par l’expérience millénaire de l’Église. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 78-79)

L’ascèse de l’obéissance est-elle indispensable non seulement par rapport â Dieu, mais encore par rapport à notre frère quand celui-ci nous demande quelque chose de possible et de non opposé à l’esprit des commandements du Christ. La crucifiante ascèse de l’obéissance au frère affine également en nous la capacité de percevoir plus profondément la volonté de Dieu. Et cela nous rend semblable au Fils Unique du Père ; l’esprit de l’homme devient capable d’assumer toute l’humanité, c’est à dire devient universel à la ressemblance de l’universalité divine du Christ. Sans cette culture de l’obéissance, l’homme restera inévitablement un « cercle clos », toujours misérable devant la face de l’Éternité. Quel que soit le degré d’éducation d’un homme, sans obéissance évangélique l’accès à son monde intérieur est solidement barré, et l’amour du Christ ne peut pas y pénétrer ni l’imprégner de sa présence. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 114)

En dehors de la culture chrétienne de l’obéissance la théologie véritable demeure inaccessible en ses ultimes profondeurs. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 114)

Un débutant a besoin d’un guide spirituel, parce qu’avant la venue de la grâce du Saint-Esprit, l’âme doit soutenir un grand combat avec les ennemis et ne peut pas encore reconnaître quand c’est l’Ennemi qui lui apporte sa douceur. Seul peut le discerner celui qui a personnellement goûté à la grâce du Saint-Esprit. Qui a goûté au Saint-Esprit distingue la grâce à son goût. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 274)

Celui qui veut mener une vie de prière sans avoir de guide et pense, dans son orgueil, qu’il peut s’instruire seul dans les livres sans s’adresser à un starets, a déjà à moitié succombé à l’illusion. Quant à l’homme humble, le Seigneur l’aidera. S’il ne trouve pas de maître expérimenté, il ira chez son père confesseur, quel qu’il soit, et à cause de son humilité le Seigneur le protégera. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 274)

En l’absence de vrais maîtres spirituels, il faut s’abandonner à la volonté de Dieu dans l’humilité ; alors, le Seigneur éclairera par sa grâce. (Starets Silouane, moine du Mont-Athos, p 267)

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21
avril

HRISTOS A INVIAT

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19
avril

La mulţi ani cu sănătate!

La multi ani cu sanatate

La mulţi ani cu sănătate,
Să vă dea Domnul tot ce doriţi,
Zile senine şi fericire,
La mulţi ani să trăiţi!
Să fie viaţa numai lumină,
Şi din lumină să dăinuiţi
Pentru credinţă şi libertate
La mulţi ani să trăiţi!
La mulţi ani cu sănătate,
Să vă dea Domnul tot ce doriţi,
Zile senine şi fericire,
La mulţi ani,să trăiţi!
La mulţi ani, să trăiţi!

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